Mort. Chaos. Destruction. On raconte qu'il y a de cela des décennies, un Mal ancestral s'abattit sur notre contrée, réduisant le pays en un tas de ruines et de cadavres. C'est alors que, selon la légende, ils apparurent. Ils étaient six, grands, vaillants, forts. De courageux guerriers qui auraient libéré notre contrée de l'Envahisseur. Le mythe se propagea rapidement dans la région, celui d'un groupe de combattants qui aurait ramené la paix dans l'Empire. On ne tarda pas à les appeler les « Héros», ou encore les « Six samouraïs légendaires ».
- Ouais bien sur, tu en as d'autres des histoires de ce style, le papi ? marmonna Zanji à l'ancien du village, qui lui contait une énième fois le même récit.
- Ne leur manque pas de respect ! s'énerva le vieux sage. Tu verras qu'ils reviendront et nous sauveront des Shien !
- Oui, oui....
Zanji ne croyait guère à cette histoire. Les Six samouraïs ? Des balivernes, tout juste assez pour aider les enfants à s'endormir. Qu'avaient-ils fait, ces « vaillants » guerriers, quand les Shien avaient pris le pouvoir, il y a 10 ans de cela ?
Son enfance à lui, les Shien la lui avait volée. Il n'avait alors que 8 ans, mais se souvenait très bien. Comment ne pas avoir été traumatisé cette nuit là, cette nuit où les Shien avaient débarqué en ville, tué les soldats, violé les femmes et pillé les maisons ? Le père de Zanji était l'un des ces soldats. L'enfant n'avait pu qu'assister avec horreur au sort réservé à ceux qui se dressaient contre le nouveau Régime.
"Ils ont destitué l'ancien Shogun et exterminé tout ceux qui s'opposaient à eux. Ils ont assassiné mon père, et ne cessent de nous dépouiller de nos richesses depuis, se répétait souvent Zanji. Qu'ont fait ces prétendus Six samouraïs pour les en empêcher ? Rien. Ils sont apparus il y a de cela des décennies, et sont retournés dans l'ombre aussi vite qu'ils sont venus, laissant derrière eux une paix fragile que les Shien n'ont pas hésité à détruire 30 ans plus tard".
Encore aujourd'hui, il restait amer lorsqu'on venait lui parler de la légende des Six . Et dire que c'était encore un symbole d'espoir pour certains naïfs ! La passivité des samouraïs, si tenté qu'ils aient réellement existé, lui prouvait qu'on ne pouvait compter que sur soi même.
C'était maintenant un jeune homme particulièrement grand, vaillant, et fort. La mort de son père avait fait naître chez lui un sens aigu de la justice et de la révolte. Fils unique, il vivait seul dans la ferme qui avait appartenu à ses parents. Il n'avait jamais connu sa mère, qui était décédée à sa naissance suite à l'accouchement. C'étaient ses voisins qui l'avaient élevé à la mort de son paternel : un paysan chargé des ravitaillements au château de brume de Shien ainsi que sa femme.
Le jour Zanji menait une vie paisible, les aidant dans les champs à ramasser les récoltes. Le soir en revanche, il s'entraînait en secret chez lui, dans la grange. Les armes de son père ayant été confisquées, il n'avait pour seul équipement qu'une épée de bambou brisée, qu'il avait rafistolé comme il avait pu. Et ainsi, le jeune Zanji s'entraînait silencieusement depuis des années, avec l'espoir secret de venger son père. A force de nuits d'exercice acharné, il commençait à acquérir les bases du combat. Tout ce qu'il attendait à présent, c'était l'occasion de se révéler au monde et de faire payer aux Shien la terreur qu'ils avaient établi.
Un jour, durant la dix-huitième année de Zanji, une opportunité miraculeuse se présenta. Le village, habituellement calme et docile, était soudain pris d'effervescence. En effet, un homme présenté comme un opposant au Régime avait été capturé dans les environs par les autorités Shien. Il avait été identifié comme étant Mazaki, le spadassin légendaire. Un maître légendaire de l'épée qui avait survécu à plus de 100 batailles.
VOCÊ ESTÁ LENDO
La légende des Six samouraïs
AçãoIl y a de cela bien des années, six guerriers sont entrés dans la légende en sauvant leur contrée d'une terrible menace. Mais aujourd'hui, alors que le pays est ravagé par les terribles Shien, il ne reste plus personne pour se dresser face à ce fléa...
