La musique glissait sur sa robe avec légèreté. Elle virevoltait d'un bout à l'autre de la pièce. Main dans la main, elle entraînait son cavalier avec elle. Débordante d'énergie comme elle était, elle aurait pu danser jusqu'à en perdre haleine, jusqu'à ce qu'on vienne les séparer de force car il était l'heure pour les invités de rentrer chez eux.
- Oh ! Capitaine, que vous dansez divinement !
Il lui sourit. Son regard se perdait dans celui de sa bien-aimée. Jamais il n'avait remarqué cette lueur, cette flamme qu'elle dégageait du fond de ses prunelles d'un vert éclatant. « Je ne fais que suivre vos gracieux mouvements pourtant. », lui dit-il en riant.
- Capitaine Roberts ! Cela ne se dit point, s'offusqua-t-elle.
Pour la peine, elle demanda à ce qu'ils ne dansèrent pas lors de la valse qui suivrait. Il en parut déçu, sans pour autant insister. Tout le village connaissait son caractère bien trempé. Alors, quand elle vous annonçait qu'elle ne voulait pas continuer à danser avec vous, il ne servait à rien de s'y opposer. « C'est bien dommage, si je danse si divinement. », ricana-t-il.
La musique disparut dans les méandres du brouhaha que causaient les danseurs. Chacun disait ses bontés à son partenaire avant qu'ils ne s'en trouvassent un nouveau. Le Capitaine laissa partir sa cavalière, sans point lui dire mot. Il alla s'asseoir à l'une des tables vides. Ils étaient tous occupés à danser, bien trop occupés pour lui prêter attention. Tous, sauf une. Madame Bennett s'approcha de lui. Elle attendit qu'il leva les yeux vers elle pour lui dire ce qu'elle pensait de ses manières.
- Un homme tel que vous ne devrait pas rester à observer la jeunesse s'amuser, Capitaine. Il doit bien avoir mille demoiselles qui vous veulent pour une danse, et vous restez là à vous morfondre dans votre solitude. Que vous pouvez être sot ! Ne restez donc pas assis.
Elle le fit se lever contre son gré. Il l'accompagna jusqu'à un groupe d'anciens qui discutaient de potins sur la jeunesse dansante. Quelques poignées de mains et courtoisies furent échangées, mais cela s'arrêta là. Le Capitaine trouva la première excuse qui lui vint et prit congé de ses aînés.
Il s'installa près d'un des grands murs blancs qui encadraient la pièce. De sa position, il pouvait observer Mlle Hamilton qui tournoyait dans les bras d'un autre. Il était décidé à lui demander la prochaine danse. Malgré tout ce qu'elle pourrait inventer pour ne pas accepter, il la ferait céder. On ne résiste pas ainsi au Capitaine Roberts, elle l'apprendrait.
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Le Bal
RomanceAlors que la soirée se déroulait au mieux, que l'atmosphère se remplissait de musiques joyeuses, quelques paroles en l'air vont retomber lourdement sur les acteurs de ce drame amoureux d'un siècle passé.
