Il était à peine six heures du matin quand l'odeur nauséabonde de son parfum embauma les pièces. Ses bottines à talons résonnaient sur le vieux parquet chêne du couloir. Bien que la porte fut fermée, j'arrivais à entendre sa somptueuse voix prononcer ces paroles :
- Oui allô ?! Comment ? Tout à l'heure ? Non aucun soucis ! Hahaha, merci...bonne journée.
À l'intonation de sa voix et à ses mots, je me doutais qu'une nouvelle allait s'abattre sur notre foyer. Quand ? Pourquoi ? Comment ? Je ne savais absolument pas et ces questions rongeaient ma curiosité.
Maman (comme j'aimais l'appeler étant enfant) semblait prête à débuter cette journée avec enthousiasme et dynamisme tandis que moi... j'étais toujours allongée sur mon matelas, à regarder le plafond et ses alentours. Cela faisait 10 minutes que j'étais perdue dans mes pensées. J'adorais perdre mon temps à imaginer des histoires à l'eau de rose tel que les scénarios trépidants du roman Roméo et Juliette de William Shakespeare. Roméo et Juliette, deux jeunes amants dont la mort réunira leurs familles ennemies. Un incontournable !
Je retirais le drap de mon corps tel un voile en soie, frottais mes yeux une ou deux fois et bondissais hors du lit. Je me vêtis d'un t-shirt oversize rose, d'un de mes multiples mom noir et me chaussais d'une paire de Converse montantes d'une couleur jaune canari. Je m'approchais du miroir, me vis. J'avais la peau beige-clair, de grosses cernes multicolores qui plongeait sous mes fines billes bleues. Un sourire se dessinait sur mes lèvres. Je m'attachais les cheveux en chignon pour dégager mon visage. Puis, je mis quelques coups de mascara sur mes cils pour leur donner du volume. Pour finir je descendis les escaliers deux par deux. La tapisserie blanchâtre des murs refléta les rayons indésirables du soleil et me brula la rétine. Les paupières à moitié fermées, j'arrivais quand même à voir le petit déjeuner posé sur la table. Pains au chocolat, croissants, fruits, gâteaux secs et toute sorte de jus de fruit. Il y en avait pour tous les goûts !
Je pris place sur une chaise en bois et j'entendais les talons de ma mère rebondir sur les marches en rythme saccadé. Elle était une femme raffinée, née au sein d'une famille aristocrate. Elle avait hérité d'un des plus anciens châteaux d'Italie et touchait plus de 56% du terrain de la citadelle.
-Tu as bien dormi ?
-Oui très bien, répliquai je, dis, tu devrais changer de parfum l'odeur est pestilentielle !
-Sale jeune.
Elle m'embrassa sur la tempe et me mit une légère claque derrière le crâne. Elle avait à peine le temps de prendre une pomme qu'on se mit à éclater de rire. Après quelques secondes, elle reprit son sérieux.
-D'ailleurs tu pourrais appeler ton père tout à l'heure, je crois que ça lui...
-Que ça lui ferait plaisir ? Interrompai je.
Je soupirais. Ma mère savait à quel point je ne supportais pas mon père. Je lui en voulais de nous avoir laissé, maman et moi. Il était parti avec une femme d'une vingtaine d'années. Je détestais voir qu'il était heureux avec une autre femme et avec une nouvelle famille.
Je fis un signe de la main à ma mère, je me dépêchais d'enfiler mon manteau et mon sac à dos et je rejoignais le bus à quelques rues plus loin. J'aurai voulu avoir une amie, avec qui partager des secrets et discuter mais malheureusement quand on faisait ni partie des « populaires » ni des fréquentables, on se retrouvait vite seul avec son chagrin.
Je m'installais à une place, seule contre la vitre à écouter de vieilles musiques des années 80. Mes fesses confortablement installées sur le siège rembourré de l'autocar. Je posais mon visage contre la vitre et regardais le paysage défiler jusqu'à ce que mes yeux se ferment.
Je me souviens qu'il ne m'avait pas fallu beaucoup de minutes pour arriver à m'endormir. Je me souviens aussi que le bus s'était mis à freiner d'un coup sec....
Et puis plus rien...
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Procidat Deceptionem
Roman pour AdolescentsUne jeune fille est plongée dans la solitude. Son père est parti quand elle était enfant, sa mère travaille à pleins temps et sa vie sociale est un calvaire. C'est lors d'une visite à l'hôpital que sa vie va changer.
