" Prologue "

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Le chant des oiseaux et la lumière qui filtre à travers la fenêtre me réveillent doucement

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Le chant des oiseaux et la lumière qui filtre à travers la fenêtre me réveillent doucement. Je suis étonnée de ne pas me réveiller en plein cauchemar. Je souris un peu, mais en remarquant que mon lit est bien plus confortable que d'habitude, je me renfrogne et le stress monte. Je n'ai jamais ouvert ma fenêtre, me sentant plus en sécurité quand elle reste fermée. Je ne comprends pas pourquoi, hier soir, j'ai voulu que ce soit différent. Je ne me rappelle même pas comment j'ai fait pour m'endormir, moi l'insomniaque chronique ; je ne pensais pas en être capable avant un bon bout de temps.

En cherchant mon téléphone que je laisse toujours près de moi, j'ai maintenant la certitude que je ne suis pas chez moi. Je me suis réveillée dans un lit étranger. Mes draps, d'habitude en coton avec cette odeur de lavande bon marché, sont ici de soie, et le matelas est si moelleux qu'on a l'impression de dormir sur un petit bout de nuage. Malgré la douceur du tissu et l'odeur de miel qui s'en dégage, je réalise que j'ai une migraine foudroyante. Quand j'essaie de me tenir debout et d'ouvrir les yeux, mon corps me lâche et je vois noir. Oh mon Dieu ! Qu'est-ce que j'ai foutu cette nuit ?

La chambre n'est pas totalement éclairée par le soleil, je ne peux donc pas tout distinguer. Où suis-je ? En prêtant attention à ce qui m'entoure, je sens une odeur d'homme viril flotter dans l'air. Ça m'émoustille presque. Pour la toute première fois, je me sens différente : mon bas-ventre est en feu. Des brides de la soirée me reviennent en tête, même si je ne me rappelle presque de rien, ni de la manière dont j'ai atterri ici.

Je tique sur un mot. Une odeur d'homme ? Comment est-ce possible ? Mes narines s'imprègnent encore de cette effluve et cela fait chavirer mon cœur. J'ai tout d'un coup très chaud... non, j'ai froid. Putain de merde, qu'est-ce qui m'arrive ? Pause. Minutes. Un homme ? Je me relève précipitamment et manque de tomber en glissant sur un boxer. Un quoi ? Putain, dans quel pétrin je me suis encore fichue ? Ça m'apprendra à boire comme un templier.

Je m'accroche difficilement à la tête de lit, mais je ne comprends plus rien. Je tourne la tête pour mieux voir et je suffoque. L'air manque, je sens la crise d'angoisse monter. Là, où je dormais, un homme est allongé de dos. La couverture est au sol et je vois qu'il est totalement nu.

Les palpitations s'emballent. Ma respiration se bloque dans une sensation d'étouffement insupportable.
J'ai des douleurs dans la poitrine, une envie de m'évanouir. Ma vision se trouble, mes oreilles bourdonnent et des bouffées de chaleur m'envahissent. Une nausée subite me prend ; je ferme immédiatement les yeux en essayant de respirer par la bouche pour faire le vide dans ma tête.

Quand je sens que ça va un peu mieux, j'ouvre les yeux. Je pensais que c'était le fruit de mon imagination, mais non. L'homme est toujours là, allongé sur le lit comme un ange déchu, son corps parfait semblant me narguer. Il a un ange tatoué sur la quasi-totalité du dos. Cela pourrait m'aider à l'identifier, mais rien ne vient. En descendant le regard, je remarque ses fesses fermes et je perds pied. Je deviens rouge comme une tomate, mon bas-ventre se contracte et des idées perverses m'assaillent malgré moi.

Je prends ma tête entre mes mains, tentant de comprendre pourquoi cet homme dormait nu près de moi. La panique revient, ma migraine me donne le tournis. Je ramasse ma robe et l'enfile en quatrième vitesse. Je cherche mes sous-vêtements. Je trouve mon soutien-gorge, puis, un peu plus loin, ma culotte... elle est en lambeaux. Les larmes se mettent à couler sans que je puisse les arrêter. Putain, non, j'ai pas fait ça ? Je prends mes jambes à mon cou et m'enfuis, le cœur en miettes, sans demander mon reste.

Un taxi passait par là. J'arrive rapidement à la maison et monte dans ma chambre comme une automate. Je m'écroule sur mon lit, les pensées en vrac.
C'est comme si quelqu'un s'amusait avec mes souvenirs. Je ne me souviens de rien, et il ne me reste que cette odeur d'homme, imprégnée partout sur moi, qui me nargue et me rappelle ma faute.

Vingt ans que je me préservais. Vingt ans que j'attendais le bon. Tout ça pour finir par donner ma première fois à un inconnu croisé je ne sais où, et pour couronner le tout, sans en avoir le moindre souvenir.

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@ZS

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ZeroStress

SamaëlWhere stories live. Discover now