- Dans cent cinquante mètres, tournez à droite, annonce la voix stridente de mon téléphone.
Rien que pour la contredire, j'ai envie de tourner à gauche, ça lui apprendra à me donner des ordres... Mais après huit heures de trajet, je n'ai aucune envie de jouer à la plus forte avec Madame je-sais-tout, alors j'obéis comme un bon petit soldat et je tourne à droite.
- Votre destination se trouve sur votre gauche.
Je regarde les maisons et les numéros défiler. 12 ; 14 ; 16 ; 18. Voilà, je suis arrivée. Je fais un splendide créneau, et coupe le moteur. Je prends cinq minutes pour souffler en regardant ce qui va devenir mon nouveau chez moi, mon nouveau « Home Sweet Home » ...
Trois mois plus tôt.
J'arrive tranquillement à l'institut, comme tous les jours, avec quinze minutes d'avance, pour me préparer sans me presser, ranger mes affaires dans mon casier et surtout : ne pas sentir le phoque après avoir couru pour être à l'heure... Je passe la porte et là une tornade me fonce dessus :
- Mèl ! La directrice régionale est là ! me dit-elle d'une voix affolée.
- D'accord... mais pourquoi t'es dans cet état ? Je suis presque sûre qu'elle a mangé avant de venir et qu'elle ne te grignotera pas un orteil au détour d'un couloir, je réplique avec un sourire.
- Parce qu'Estelle a dit qu'elle était là pour toi...
Sa réponse a le mérite de me refroidir sur le champ : fini l'humour, je suis dans la mouise jusqu'au cou ! Bon voyons, qu'est-ce que j'ai bien pu faire dernièrement qui mériterait la visite du Grand Manitou ? Je ne vois qu'une réponse : Mlle Bourgeoise-pet-sec a dû mettre sa menace à exécution, c'est-à-dire se plaindre au service client de mon « travail médiocre » et mon « don pour la douleur »... Bah oui, vous comprenez, il est incompréhensible qu'une esthéticienne digne de ce nom fasse souffrir ses clientes durant une épilation du maillot ! Sale garce-fille-de-riche-trop-gâtée qui estime que « quand on a de l'argent, on peut se payer le luxe de ne pas avoir mal pour être belle », je vais me la faire à son prochain rendez-vous... Enfin, si je suis toujours là à ce moment-là... J'avance avec l'envie d'un condamné vers la salle de repos, j'entre en faisant le moins de bruit possible, j'ouvre mon casier... qui grince... Et je n'y coupe pas :
- Mélissa Matthieu, dès que vous aurez déposé vos affaires, venez me voir s'il vous plaît, m'appelle Hélène, la directrice régionale.
Je pose mon sac à main sur l'étagère du haut, retire mon perfecto, l'accroche à son cintre, vérifie une dernière fois l'écran de mon téléphone et ferme la porte de mon casier. Allez Mèl ! Tu peux le faire, un pied devant l'autre, j'avance avec l'ardeur d'un escargot épuisé. Je frappe deux petits coups sur la porte du bureau adjacent d'où Hélène m'a appelée.
- Vous vouliez me voir ? je tente, pas très sûre de moi.
- Oui, entre Mélissa, prends une chaise, je suis venue pour toi aujourd'hui.
- Oh ! je lance pour paraître étonnée. Pourquoi donc ?
- Eh bien vois-tu, ces derniers temps j'entends beaucoup parler de toi, me répond-t-elle d'une voix horriblement neutre, et toutes ces remontées m'ont fait prendre une décision importante.
- Euh... je tente, vraiment mal à l'aise, et... de quelle décision... s'agit-il ? je bafouille.
- Connais-tu la Côte d'Azur ?
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Temptation 1 : Never Love Again
Romance𝐄́𝐝𝐢𝐭𝐞́ - 𝐃𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐀𝐦𝐚𝐳𝐨𝐧 /!\ 𝐕𝐄𝐑𝐒𝐈𝐎𝐍 𝐍𝐎𝐍 𝐂𝐎𝐑𝐑𝐈𝐆𝐄́𝐄 /!\ Mélissa, jeune femme brisée qui tente d'avancer, se voit offrir une opportunité d'évolution de carrière qu'elle ne peut pas refuser. Pour ce faire...
