À ma mère, qui a été la première à m'amener dans une bibliothèque. Sans elle, le projet des Empires Stellaires n'aurait sans doute jamais vu le jour.
La neige tombait tranquillement, sans bruit, comme elle l'avait fait toute la nuit. Elle se déposait lentement sur le sol où elle disparaissait. Il faisait froid, mais Berold ne le sentait pas. Tout comme ses camarades, il était habillé chaudement, protégé de la température glaciale de l'automne qui venait de s'abattre sur eux. Son peuple avait l'habitude des temps froids, ce qui n'était pas le cas des hommes en face d'eux.
L'armée de Marius était gigantesque, 100 000 hommes au bas mot. La leur était puissante, mais pas autant. Quatre-vingt mille hommes venant de nations diverses pour former une alliance s'étaient rassemblés ici, aujourd'hui, pour tenir tête à l'envahisseur. À la tête des armées du vaste Empire de Cora situé su sud, Marius avait remonté le nord avec ses troupes et asservi la quasi-totalité de l'Ancien Continent. Aujourd'hui, sur les rives du Fleuve Triangulaire, la coalition des peuples menés par les Crisos l'arrêterait.
Comme tous les Crisos, Berold tenait un arc dans sa main gauche et une flèche dans la droite. Son peuple n'avait appris que très récemment à forger le fer. Leur arme de prédilection demeurait l'arc, très pratique pour chasser. Il avait passé les dernières semaines à s'entraîner, se préparant pour ce moment, où tous les efforts déployés pour apprendre comment tuer un ennemi de loin serviraient. Il était bien jeune et c'était beaucoup lui demander que d'apprendre à tirer en si peu de temps, mais il y était arrivé.
Les deux armées ne bougeaient pas. Qu'attendaient-ils pour attaquer, qu'on en finisse? Marius devait bien savoir qu'il lui faudrait attaquer. Il n'y avait que quatre-vingt mille hommes qui se tenaient entre lui et la domination du continent.
Au loin, il le vit, drapé de rouge, monté sur son cheval, haranguant ses troupes. Il attaquerait sûrement bientôt. Berold se prépara, encochant la flèche sur son arc tout en le gardant baissé, visant le sol. Dans l'autre armée, les hommes hurlèrent, frappant leurs boucliers de leurs épées. Il sentit son cœur battre plus fort. La bataille allait commencer.
— Messieurs, peu importe ce qui arrive aujourd'hui, ce fut un privilège de servir à vos côtés, leur déclara leur commandant.
Berold regarda dans sa direction. C'était un homme très grand. Rien ne le distinguait des autres archers, mais tous savaient que c'était lui qui les dirigeait.
— Préparez-vous à tirer.
Berold était déjà prêt, mais les autres archers encochèrent chacun leur flèche à ce moment. Puis un cor résonna. Il venait de l'autre côté du champ de bataille.
L'armée de Marius se mit en mouvement. Contre toute attente, les soldats du sud et leurs alliés ne se précipitèrent pas vers eux. Ils avancèrent lentement.
— En position!
Obéissant à leur commandant, Berold et les autres archers levèrent leurs arcs et tirèrent lentement sur la corde. Ils attendirent, attendirent et attendirent. Berold trouvait le temps long. Il avait attendu ce moment suffisamment longtemps. L'armée de Marius ne pouvait-elle pas se dépêcher? Alors que ses pensées étaient occupées, des hommes sortirent des rangs de l'armée de Marius, se déplaçant beaucoup plus vite que leurs camarades. Berold reconnut aussitôt l'arme entre leurs mains.
— Tirez!
Sa flèche ne partit qu'un instant après celles des autres.
— Rechargez!
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L'Épée des Siracans
Science FictionAn 4979 de l'Ère Universelle. Le monde ne se limite à la maison, au quartier, à la ville, au pays, ni même à la planète où nous avons grandi. L'univers est vaste, en expansion continuelle. Pour Berold Raiken, qui a grandi dans l'opulence et le confo...
