XX-XY

82 4 0
                                        



Je suis une fille et je dis putain.

Car il y en a marre d'entendre des « échangeant nos rôles pour voir si tu fais le poids » quand en réalité aucun rôle n'est à jouer, nous ne sommes pas dans un film, où le personnage répète mécaniquement les lignes qu'il a apprises, premièrement la vie n'est pas une fiction, et le plus important c'est que nous promouvons une société libre dans laquelle chacun aurait la possibilité d'occuper la place qu'il voudrait, femme au front ou cheminot c'est pareil qu'un homme infirmier ou cuisto, mais c'est comme essayer d'expliquer à un couple que le bleu et le rose ne sont pas des genres mais des couleurs, car de toute façon c'est inévitable, c'est comme un cercle vicieux : une culture qui se perpétue, on les conditionne comme on l'a été autrefois.

Le premier catalogue de jouet que j'ouvre un soir de noël me plonge dans un univers stéréotypé qui fait de l'un, une presqu' apprenti cuisinière et de l'autre un déjà grand aventurier. Les pages ont été coloriés d'un rose doux et d'un bleu vif.

Tout est calculé pour nous faire croire que c'est une réalité :

Douce elle doit être, c'est plus facile à tenir en laisse.

et Vif, car le garçon, petit mais furtif court dans tous les sens, ils le voient déjà prêt à conquérir le monde.

Cependant, il existe dans cette société des personnes comme Billy Elliot qui fissurent et brisent cette carapace -qu'ils confectionnent et leur oblige à porter- pour laisser échapper leur véritable identité, leur caractère existentiel qui pourait défier n'importe quelles règles etablient. Ils choisissent de vivre en tant qu'être humain, non en tant que sexe.(Billy Elliot (2000) de Stephen Daldry)

A l'école c'est pire, parce que c'est subtile !

C'est fou parce qu'on y voit que du feu.

On nous demande de rétrécir; nous sommes déjà coupables parce qu'on est fille :«croise tes jambes» m'ont-ils appris très jeune. «Tiens-toi droite» quand mon camarade viril été avachi sur sa table. J'avais intériorisé ce qu'ils m'apprenaient et ce qu'elles répétaient. Alors pour la gamine que j'étais; hors de question d'affirmer ce côté rebelle qui aurait fait de moi un garçon manqué.

j'ai dû reproduire ce même schéma...

Le déclic.

C'est ces tenues "descentes" qu'on nous impose, une sorte de pudeur au sein des établissements «pour le bien de tous», qui ne reflète que la profondeur sexiste des choses. On vit dans une société où le petit corps frêle de jeune fille est déjà sexualité, alors comment passer inaperçu après la puberté?... Si tu ne comprends pas, c'est simple, laisse-moi t'expliquer l'histoire dans laquelle ELLE ont été piégé.

You've reached the end of published parts.

⏰ Last updated: Jan 25, 2019 ⏰

Add this story to your Library to get notified about new parts!

Le second sexe.Where stories live. Discover now