Perdue dans mes pensées comme à mon habitude, je redresse soudain la tête. C'est la quatrième fois que mon professeur m'appelle pour me faire revenir parmi eux mais ce n'est pas ça qui m'a fait réagir ni même le coup de coude que mon voisin de table vient de me coller dans les côtes. Non, ce n'est rien de tout ça qui m'a si soudainement fait revenir dans cette réalité, mais le flash qui vient de se produire dans mon imagination. Une idée m'a traversée l'esprit. Une idée aussi fugace que la vie d'un éphémère et que je me dois donc de noter au plus vite avant de l'oublier. Je note cette pensée sur le coin de mon cahier le plus rapidement possible et je relève enfin la tête vers le tableau. C'est alors que je remarque le regard sévère du professeur me fixant. Je tourne la tête et aperçoit d'un coup d'oeil que l'entièreté de la classe me fixe d'un regard interrogateur. On dirait que toutes ces paires d'yeux ne forment plus qu'une seule et même entité me jugeant. Je sais que je suis spéciale et j'ai toujours dû vivre avec le poids du regard des autres à longueur de temps. Mais je n'ai jamais compris la raison de ce regard. Les autres ont-ils peur ? Peur de l'étranger ? Peur de ce qui ne leur ressemble pas ? Peur de ce qu'ils ne comprennent pas ? Peur de ce qu'ils ne peuvent pas comprendre ? Peur de ce qu'ils ne veulent pas comprendre ?
Je peux comprendre qu'ils aient peur mais je ne suis qu'une pauvre biche égarée, aveuglée par les phares de la société qui nous montre la voie à suivre alors que je suis à contresens. Mais je n'essaie pas de fuir. Au contraire, je cherche à créer ma propre lumière pour, à mon tour, aveugler la société et montrer que je n'ai pas besoin d'elle pour briller. Nous pouvons tous être nos propres phares et non être les bateaux perdus dans la tempête cherchant une lueur à laquelle se raccrocher avec espoir. Et briller est beaucoup plus simple que vous pouvez le penser. Il ne s'agit pas de réussir sa vie en gagnant beaucoup d'argent mais plutôt de se sentir épanoui, en accord avec son coeur, son âme et son être. D'ailleurs, on parle d'âme soeur pour parler de notre grand amour mais pour moi le concept d'âme soeur est tellement plus grand que ça. Non, pour moi mon âme soeur n'est pas la personne dont je suis amoureuse. C'est beaucoup plus compliqué que ça. Mon âme soeur est pour moi la personne avec qui j'ai une relation plus que fusionnelle. Un regard, un mot suffisent à nous comprendre. Nos deux cerveaux fonctionnent à l'unisson, comme les battements de nos coeurs lorsque nous sommes ensemble. Elle. Juste Elle. C'est Elle que je considère comme mon âme soeur. Alors que Lui, c'est autre chose. Lui, la personne que j'aime profondément et avec laquelle je veux faire ma vie. Lui n'est pas mon âme soeur. Il me ressemble certes mais ce n'est pas la même chose. Lui, c'est mon âme complémentaire. Celui qui me fera me sentir belle, forte, me fera oublier mes insécurités, mes peurs et mes doutes et installera l'amour dans chaque partie, chaque cellule, chaque molécule, chaque atome de mon corps. Je l'aime Elle. De toute mon âme. Je l'aime Lui de tout mon coeur et de tout mon être. Je ne pourrais pas vivre sans l'un des deux. Il y a beaucoup de personnes sans lesquelles je ne pourrais vivre. Ou du moins, cette version de moi ne pourrait vivre. Cette version de moi qui existe grâce à eux. Eux grâce à qui je suis heureuse et épanouie rien qu'en les voyant, rien qu'en leur parlant. Il y a Elle, Lui évidemment mais également ma meilleure amie, mon chaton ambrée, ma blonde préférée, mon grand frère et ma grande soeur de coeur, l'ambitieux qui veut changer le monde et que j'aiderais autant que possible. Et tous ceux qui voudront se reconnaître dans ce Eux qui veut tout dire et à la fois qui ne dit rien.
Je laisse mes doigts parcourir mon clavier au rythme de mes pensées, laissant mon coeur se vider sur ces quelques lignes mais c'est réellement la meilleure thérapie que je connaisse. Les mots ne sont pas que des mots, ce sont des outils d'art comme un crayon, un pinceau ou un instrument de musique peuvent l'être. Ils ne faut pas simplement lire les mots, il faut les ressentir. Ressentir ce qu'ils portent, le message qu'ils transmettent en étant mis bout à bout par un coeur et non un cerveau. N'analysez pas ce texte, autrement mieux vaudrait ne pas l'avoir lu. Ne l'analysez pas, ressentez le. Laissez votre coeur écouter ce que le mien avait à dire. Laissez le simplement interpréter ces mots comme il le souhaite, comme il le sent, comme il en a besoin...
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Réflexions
Non-FictionJe ne peux pas décrire un texte comme ça, aux plus curieux de lire et de choisir la description qu'ils souhaitent y associer.
