1914

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Le soleil se lève. Une lumière dorée éclaire nos regards accablés. La brise marinière imprègne notre cage thoracique et une douce caresse calme nos cœurs affolés. C'est noël.

Je me prépare au spectacle et ouvre les yeux. Les rideaux sont dégagés. La pièce a commencé.

Le sang gicle. Une pluie de débris griffe nos visage. L'odeur répugnante de la mort emplit nos narines. Une pression suffocante s'agrippe à nos cous. C'est la guerre.

Les bombes volent au dessus de nos têtes tel les indiens le ferait autour d'un feu.

Comment se rendre compte, même dans les films les plus réaliste, de la terreur qu'elle nous implante ? Nous. Pauvres civils. Dévastés. Perdus dans nos propres corps, qui courent sans aucun but précis mis à part, peut être, la seule choses humaine qui nous reste à faire : survivre.

La survie est la nouvelle définition de l'espoir. Le nouveau diamant. Une rareté sublime et enchantée, qui nargue les plus démunis de son prix coûteux. Elle fait de nous, des animaux déchainés aux regards fou, des bêtes enragés tuant aveuglément ! Mais tous pêchés ont une fin. Un coup de tonnerre éclate: La sentence a sonné. La danse frénétique du squelette est en marche. Elle est là, tout près.

Ses os grincent ? Les tiens se plient.

Elle marche ? Tu t'écroules.

Une étoile brille dans le ciel ? C'est le reflet de sa fauche qui s'abat sur toi.

Tes larmes s'infiltrent dans la terre ? Ton dernier fragment d'âme est englouti.

Comment je le sais ? Je l'ai vue.

Pourquoi suis-je toujours en vie ? Car mon cœur est toujours là, quelque part sur la terre, entrain de se paresser dans  les mains d'une jeune femme.

Et je part la retrouver.


TenebrisWhere stories live. Discover now