PARTIE 1

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_ Ya bonne té doff deugueu manne gay rouslo manne sa Yaye. Ya seytané loussi sa Yonne thi lou sa dieukeur meune ay mane ma warou. (Tu es bien mauvaise et vraiment folle aliénée c’est à moi que tu fais honte-moi ta mère.   Qu’est-ce que tu as à faire de ce que ton mari peut ou pas)
Penda criait après sa fille, qu’elle aurait frappée si elle était devant elle. Depuis que son mari lui dit que le baptême se fera sobrement Penda en devenu folle de rage pour crier.
_ Pourquoi le baptême de mes petits enfants devraient se fêter sobrement ? Ces ainés en plus…….
_ Penda écoute moi et parle doucement tu sais ce que traverse la famille en ce moment……… Essaya de la calmer son mari
_ Et alors quelqu’un est –il malade ou mort pour ne pas fêter dignement la naissance de mes petits enfants ? Pourtant Fily a fait un grand baptême alors que Talla était couché malade à l’hôpital…
_ Ce n’est pas pareil ne confond pas les choses
_ Qu’est ce qui n’est pas pareil ? Ah ta sœur comme Fily lui en fait voir de toutes les couleurs elle a peur d’elle. Et comme Cathy est silencieuse elle devrait tout accepter venant d’eux……
_ Vas-tu m’écouter à la fin hurla son mari à son tour. Ma sœur et Talla avaient tous préparé pour célébrer en grande pompe le baptême c’est ta fille elle-même qui ne veut pas de fête…….
Son mari avait raison lui qui revenait tout juste de chez sa sœur avait été témoin de la demande de sa fille à son mari. Bien que surpris par les révélations que son ami le cheikh avait faites à son neveu et gendre, il ne voulait rien laisser paraitre.
_ Redouble d’efforts et essaye de te contenir quand tu es au bout de l’énervement. Car même quand tu as raison ça se retourne toujours contre toi… Je vais faire des Dou’ as pour tes enfants puis demander la route…………   Avait conclu le cheikh pour faire appeler Cathy et sa tante à les rejoindre.
Dès que les acceptations de prières se firent entendre par des amen. Cathy prit la parole.
_ Badiène, Talla j’ai une requête à vous faire 
Elle avait parlé si doucement et fermement à la fois que Talla et son père crurent qu’il s’agirait sans doute d’une mauvaise nouvelle.
_ Dit nous ma fille  l’encouragea sa tante
_ Cathy écoute-moi si tu veux on en reparla plus tard tenta de la dissuader son mari qui crut qu’elle allait quitter la maison
Cathy : Non il faut que je le dise sinon ce sera trop tard
Talla : Prend le temps de réfléchir
Cathy : J’y ai bien réfléchi ces derniers jours 
A ce moment Talla sentit son cœur battre à tout rompre comme s’il allait avoir une attaque d’un moment à l’autre. Après les fortes émotions qu’il venait de recevoir du Cheikh il n’en supporterait pas d’avantages.
Badiène : Que veux-tu nous dire Cathy ?
Cathy : Badiène je suis vraiment désolée pour ce que je vais dire. Je sais tout ce que tu as fait pour moi et tu tout ce que tu continus à faire pour moi ainsi que mon mari je sais à quel point il tient à moi et veux mon bonheur. Depuis l’hôpital je voulais vous le dire mais à ma sortie en voyant tous les préparatifs je n’ai pas eu le courage de vous le faire…
Badiène : Cathy yangui may beugeu titeul dé (tu commences à me faire peur)  
Cathy : Badiène je suis vraiment désolée mais je ne veux pas de grande cérémonie pour demain
Choqué Talla resta muet comme une carpe pour ne regarder que son épouse.
_ C’est tout ce tu voulais dire ? demanda son père
Cathy : Badiène je suis désolée si je t’ai blessé ce n’était pas mon intention
Pour toute réponse sa tante sourit d’abord
Badiène : Qui te dit que je suis blessée ? Ce n’est pas le cas par contre j’aurais aimé que tu me le dises dès le début et pour quel raison tu ne veux pas d’une grand fête. 
Cathy : Les fêtes ce n’est pas mon truc
Badiène : Mais là c’est différent. Il s’agit de tes enfants tes ainés. Ça mérite d’être fêter en grande pompe. Tu le mérites sincèrement après tout tu nous as amené deux beaux bébés
Cathy : Je sais Badiène mais s’il te plait comprend moi je ne me sens pas bien du tout. Je t’en supplie
Badiène : D’accord Talla qu’en dis-tu ?
Talla : C’est elle qui voit je la soutien
_  Je ne pense pas qu’il puisse avoir du mal à cela au contraire discutez en calmement. Conclut le Cheikh avant qu’ils ne partent
Penda devenu muette quelques secondes après le récit de son mari pour se ruer vers le téléphone et appeler sa fille.
Talla avait accompagné mon père et son ami. Durant ce temps Badiène était restée avec moi m’aidant à allaiter les enfants. Tout comme je sentais les suçons de mon bébé, je sentais aussi le regard de ma tante sur moi. Elle n’attendait que le bon moment pour me tirer les vers du nez vue que le timing était parfait je saisis l’instant présent. Pourquoi attendre ?
_ Badiène je ne me cache pas de toi pour prendre des décisions comme ça. Tu m’as éduqué alors tu me connais. Badiène avant d’être ma belle-mère tu es ma tante ma mère même. Si je ne veux pas d’un grand baptême ce n’est pas parce que je suis capricieuse ou que  je sois fâchée c’est juste que je n’ai pas le cœur ni la force à le faire. Comment pourrais-je le faire même ? Talla même s’il rit et ne me  dit rien je sais qu’il est affecté par l’attitude de Bouba. Il est stressé, il doit régler les problèmes de ses papiers et pense aussi à son travail. Je me fais du souci pour lui. Même toi ma tante cette histoire t’affecte. En plus il y’a Fily et Bouba. Fily malgré qu’elle soit difficile à vivre elle n’en reste pas moins ma belle-sœur. Depuis les événements elle reste cloitrée dans sa chambre pour éviter le regard des autres. Et Boubacar est mon grand frère, il a toujours été présent pour moi malgré qu’il ait changé de comportement envers moi il n’en reste pas moins mon frère. Comment pourrais-je penser à faire une grande fête si ma famille traverse des problèmes ?  En plus ma tante je me sens si épuisée cette accouchement a été atroce quand j’y repense mes yeux s’embrouillent même de larmes. Alors comprend et accepte ma décision s’il te plait.
_ Dieu merci ! Je remercie Dieu de m’avoir donné une fille telle que toi. Cathy aujourd’hui encore tu gravis un échelon dans mon estime. Tu as si bon cœur tu sais malgré ceux qu’ils ont faits à ton mari et toi tu penses encore à eux. Je comprends ce que tu as dit mais s’il ne s’agissait que de Bouba et sa femme alors  tu feras une grande fête que tu le veuilles ou non. Si j’accepte ta requête et que je comprends tes motifs c’est simplement à cause de ton mari et de ton état.  Ton mari  t’aime beaucoup tu sais malgré ses problèmes et l’attitude puéril qu’il a eu envers toi pour son passeport, il voulait que tu sois la plus heureuse pour ton baptême et pour cela il m’a remis beaucoup d’argent. Mais ce n’est pas important si c’est que tu veux vraiment alors nous respecterons ta décision. Et en y pensant bien j’aurais dû te demander ton avis car après tout il s’agit de ton baptême. Je voulais simplement que tu es la plus grandiose des fêtes. Que tout le monde puisse voir à quel point ta belle famille est contente et fière de toi. 
_ Merci Badiène
_ Tu n’as pas à me remercier ma fille….
Ce discours elle l’avait encore répété à sa mère mais contrairement à sa tante, Penda refusait de la comprendre.
_ Ya bonne té doff deugueu manne gay rouslo manne sa Yaye. Ya seytané loussi sa Yonne thi lou sa dieukeur meune ay mane ma warou. (Tu es bien mauvaise et vraiment folle aliénée c’est à moi que tu fais honte-moi ta mère.   Qu’est-ce que tu as à faire de ce que ton mari peut ou pas)
_ Yaye ne dit pas cela c’est juste que……..
_ Ferme la moi qui avais récupéré toutes mes tontines en avisant  toutes mes amies de ton baptême et à la veille j’apprends que tu ne feras pas grand-chose. Cathy tu es mon ainée c’est sur toi que je compte pour beaucoup de choses mais toi tu me refuses toujours mes droits. Cathy ne peux-tu pas être comme les autres ? 
_ Maman essaye de me comprendre en plus je ne suis pas bien portante pour faire une grande cérémonie
_ Fait comme tu veux Cathy je sais que rien de ce que je dirai ne te fera changer d’avis de toute manière tu ne prends jamais en compte mes décisions, moi ta propre mère.
Ecouter ma mère déversait sa colère n’était pas chose facile de même qu’écouter Mado et Yacine qui me traitèrent de tous les noms d’oiseaux en leurs disant que rien n’allait se faire le lendemain.
Les pauvres je les comprenais aisément ces derniers jours avaient été un véritable marathon pour elles. Entre mes habits, mes chaussures et autres elles n’avaient plus de répit. Le plus dur fut pour Yacine qui devait allier révisions et préparatifs. Et cette nuit elles étaient là pour la passer avec moi croyant à une grande cérémonie qui les attendait le lendemain. 
Mado : Cathy que doit-on te faire ?
Yacine : Comme il n’y a plus de fête alors rentrons pour revenir demain
Moi : Non restez il n’aura pas de grande fête mais il y’aura un baptême
Mado : Et avec tout ce qu’on avait préparé mais n’empêche tu porteras tous les habits
Moi : Mado mais……..
Yacine : Avec tout le mal qu’on s’est donné tu nous dois au moins ça.
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Mon esprit essayait de rejeter la souffrance mais elle résidait toujours dans mon corps. Depuis ma sortie d’hôpital nous allions chaque nuit chez mère Fama pour des massages. Bien que âgée, elle avait encore de la force pour parvenir à m’arracher des cris de douleurs. Le plus dur pour moi étaient de la voir étirer et frotter mes bébés dans tous les sens. Ces derniers se mettaient à pleurer crier en a devenir aphone. D’après elle il fallait que je respecte les massages pour la douleur puisse disparaitre.
J'étais entourée par les gens que j'aimais, par des sourires par ci par là. Tasse à la main je buvais de la bouillie qui faisait désormais partie de mon menu depuis l’hôpital.
J’écoutais d’une oreille distraite mes sœurs s’extasiaient encore devant les bébés. Elles étaient là depuis la veille ne voulant rater aucun détail du baptême ainsi que mes deux amies Yacine et Mado.
Sans elles je serai surement en train de me morfondre encore. Ma présence dans cette maison avait changée sans doute parce que personne ne m’avait jamais montré que je pourrai la quitter. L’histoire du passeport me restait toujours à travers la gorge malgré tout.
A cause de mes copines, Talla partit dormir avec Moctar pour nous laisser la chambre. A vrai dire j’en étais plus que soulagée car je ne supportai plus ses mots d’excuses. Il avait beau paraitre sincère mais me traiter de la sorte au terme de ma grossesse était difficile à oublier.  Tout à coup, mes enfants reprirent la place centrale parmi mes préoccupations, dans mon esprit vagabondant. J’eus un drôle de sensation, les seins lourds. Après le bain j’étais restée en robe de chambre. Je n’avais point dormi de toute la nuit. Les deux chipies ne faisaient que bavarder m’insultant au passage en à réveiller mes bébés. Il a fallu que je fasse la morte un moment donné pour qu’elles se taisent enfin et dorment.
Il était 8h et presque toute la maisonnée était debout. Depuis deux jours les membres de la famille Diop au grand complet ne faisaient que défiler. Tante Bintou comme par enchantement ne se montra plus hostile envers moi. En venant voir les bébés, elle m’avait apporté des savons et autres effets pour la lessive des enfants.
_ Magou, Codou arrêtez de les toucher il ne faut pas les réveiller leur dis-je en les regardant tirer leurs bonnets…
Magou : Oh arrête ce n’est pas la première fois qu’on voit ou touche des bébés
Codou : Vraiment tu abuses avec tes vilains enfants là
Moi : Pouvez-vous me laisser seule au moins ?
Magou : Tu nous renvoie c’est ton affaire.
Elles sortirent en claquant la porte réveillant au passage les enfants. Intérieurement je les insultais. Je déposai ma tasse pour essayer de les bercer mes mains posées sur eux. Mission impossible cela ne les calma pas pour autant. Et pourtant mère Fama m’avait averti de ne pas trop les habituer à être porté. Mais que pouvais-je faire ? J’avais beau insister mais je n’avais pas mon mot à dire concernant mes propres enfants. Moctar, Tapha, Yacine, Mado, mes sœurs, Badiène tous les prenaient à n’importe quel moment pour les porter.  Le plus fou était leur père qui les laissait même dormir dans ses bras. Dès que l’un d’entre eux émettait un petit cri de rien du tout, il se hâtait d’aller le prendre pour le bercer.
Tout à coup la porte s’ouvrit brusquement. Je failli hurler croyant qu’il s’agissait encore de Magou mais c’était mon mari. Il plongeait les yeux dans les miens. Son expression était d'une franche curiosité. Curiosité qui était compréhensif vue ma position et mes bras écartés sur mes bébés. Je me dérobai vivement de son regard mais pas avant d'avoir décelé en lui une sorte d'espérance : que je lui parle sans doute.
Je guettais avec anxiété ce genre de moment où je me retrouvais seule en sa compagnie.  Je m'évertuais à ne pas penser à lui, même si je n'arrivais pas totalement à me chasser du crâne qu’il voulait me renvoyer chez mes parents. Sans un seul mot il venu déposer un bisou sur ma joue. Quel toupet !
_ Bonjour Paradise. Me souffla-t-il tout souriant.
_ Bonjour répondis-je sans aucune expression
_ Oh Paradise houlo bo guiss nak day diekh  surtout tay beussou mbegté la (chaque dispute que tu vois a un terme surtout aujourd’hui qui est un jour heureux)
_ En tout cas je me suis disputée avec personne.
_ Bébé balma boulma méré yow tamit (pardonne moi ne fais pas la tête)
_ Talla si tu ne peux pas m’aider à calmer tes enfants alors laisse-moi le faire tranquillement
_ Mes bébés pourquoi pleurent-ils ?
_ Ils viennent de se réveiller
Je le vu tendre les bras pour prendre notre fils et le bercer.
_ Euh  je n’ai pas eu l’occasion de discuter avec toi à propos des prénoms …….Débutait-il avant que des coups à la porte ne le fasse taire. C’était Badiène déjà apprêtait dans un boubou bleu ciel et pourtant elle savait qu’il n’y aurait pas de grande cérémonie.
Badiène : Cathy tu as fini la bouillie j’espère ? Ils sont réveillés tu devrais te préparer à présent
Moi : Mais Badiène l’Imam n’est pas encore là
Badiène : Holal boulma fonto (Regarde je ne suis pas ton égale) que tu décides de ne pas faire de fête est une chose mais baptiser tes enfants en est une autre alors tu vas me faire le plaisir de te préparer
Moi : Je n’attends que Mado et Yacine elles sont parties à la pharmacie
Talla : A la pharmacie ?
Je fis semblant de ne pas l’entendre. Mes saignements étaient toujours abondants et pour le baptême mes acolytes partirent m’acheter des serviettes hygiéniques qu’elles disaient plus absorbantes à la pharmacie.
_ Tu as mal quelques parts ? S’enquit mon mari
_Non c’est pour mes saignements fus je obliger de répondre
_ Talla lakalé gua (Tu es pénible) sourit sa mère
_ Yaye je ne fais que m’inquiéter pour ma femme éclata-t-il de rire pour passer à sa mère notre garçon et me serrer contre lui, par la taille.
Sa mère qui berçait son petit-fils nous jetait de temps en temps des regards furtifs. Si ce n’était-elle je ne pense pas qu’il aurait eu le cran de se rapprocher  si près de moi.  Je lui en voulais toujours et il le savait bien. Depuis ma sortie d’hôpital je maintenais de la distance entre nous.
_ Maman à quel point tes petits-enfants nous ressemblent-ils ?
Sa question parvenue à m’arracher un sourire néanmoins. Il le demandait à tout le monde. Ah les hommes et leur égo à vouloir que leurs enfants leurs ressemble coute que coute !
— C'est à peu près moitié-moitié trancha Badiène.
Elle avait raison. Peut-être que c’est une phrase répétait forcément par les parents des millions de fois mais mes bébés étaient très beaux de parfaits petits anges. A l’unanimité, ils avaient mon teint ils n’étaient pas aussi clairs que leur père mais cependant il y avait vraiment du Talla dans leurs traits. Ils avaient hérité de mes gros yeux surtout notre fille dont Moctar trouvait la forme de ses yeux bizarre. On aurait dit que ses yeux n’étaient pas ronds mais plutôt carrés aussi incroyable que cela puisse sembler. Même les fameuses fossettes de leur grand-mère étaient présentes  chez eux.
Badiène : Talla ton oncle sera là d’une minute à l’autre alors fait un effort si….
Talla : Si Bouba vient qu’il reste loin de moi et surtout qu’il ne mette pas les pieds dans ma chambre ce voleur…
Badiène se tut. Elle se sentit impuissante. Aussi poignant puisse etre les paroles de son fils, il avait raison Bouba est un voleur.
_ Tu les as allaités ? Se tourna-t-elle vers moi
_ Non je ne pense pas qu’ils aient  faim
Elle sourit. Une chose que je détestais c’était allaiter ça faisait un mal de chien pire qu’une dent pourrie. Mes bébés ne tétaient qu’en sa présence.
_ Hey pousse toi laisse au moins ta femme se reposait.
Tel un petit chiot abattu, je lançais à ma tante un regard triste.
_ Tu ne vas pas les laisser mourir de faim alors c’est obligé ! Essaya-t-elle de me réconforter.
Je déboutais le haut de ma robe pour laisser apparaitre mes seins gonflés à bloc qui menacèrent d’exploser. Je positionnais ma fille qui eut du mal avec le téton. A chaque manipulation du sein par ma tante pour stimuler la sortie du lait, je me crispais de douleur.
_ Tu comptes rester là toute la journée. Lança Badiène à son fils qui regardait de manière perverse les seins de sa femme.
_ Euh non je veux juste profiter de mes enfants avant que les gens ne remplissent la maison.
_ Ay Talla !  S’exclama Badiène  Cathy Habille-toi après les invités seront là d’une minute à l’autre. 
Fily était réveillée depuis un bout de temps. Assise par terre sur un tapis, elle regardait son fils Maodo d’un an jouait avec un  de ces bracelets qui trainait. Depuis la frasque de son mari, elle ne sortait que la nuit. Avec le baptême elle se demandait comment elle allait faire face aux curieux. Si elle en avait les moyens jamais il n’y aurait eu de fête. En vain elle avait appelé son mari. Elle voulut aller le voir à Rufisque mais la honte et surtout la peur l’en dissuadèrent. Elle était loin d’etre folle. Si Cathy était pacifique sa mère et ses sœurs étaient le contraire. Depuis qu’elle est mariée à Bouba elle n’y avait jamais posé les pieds. Malgré les demandes de son mari et de sa belle-mère d’y aller pour saluer ses beaux-parents elle refusa sous prétexte que Rufisque était loin officiellement. Officieusement chez ses parents ou chez Bintou elle  déclarait qu’elle n’y mettrait pas les pieds car il n’y avait pas ses beaux-parents là-bas. A la manière froide que Penda répondait à ses salutations à chaque fois, elle sut que cette dernière était au courant et l’attendait au tournent. En plus il y’avait Maguette à qui elle s’était frottée.
Tout comme elle son mari aussi n’avait pas la tête à la fête. En quelques jours il avait dépéri. A son arrivée ses cousines furent obligées de sortir de leur chambre pour la lui laisser. Elles dormaient désormais dans le salon. Bouba passait tout le temps cloitré dans la maison. Sans tenir compte de ce qui lui valait son séjour forcé chez eux, ils discutaient comme auparavant avec lui le faisant oublier son problème. A chaque fois qu’ils étaient seuls, son oncle ne manquait jamais de mettre à table ses mauvaises actions. Le même jour ou Cathy sortit d’hôpital, son avion foula le sol de Yoff. C’est dans un piteux état qu’il vu son oncle Talla et son frère l’attendre. Sans un mot il les suivit jusqu’au parking. Talla qui avait amené sa voiture se posta devant sans ouvrir le coffre pour qu’il puisse y ranger sa valise. 
O. Talla : Tu n’as pas honte !
Bouba garda la tête baissée sans répondre.
O. Talla : De toute façon on réglera ton cas, allons maintenant
Talla déverrouilla ses portières. Au moment où Bouba s’apprêtait à monter à l’arrière il le stoppait :
_ Tu n’as pas intérêt à mettre les pieds dans ma bagnole.
Tel un automate son frère resta inerte.
O. Talla : Que se passe-t-il encore ?
Talla : Il se passe que j’en ai marre de lui ! Ma réaction même me surprend. Je voulais lui casser la figure mais là je me rends compte qu’il ne mérite pas que je me salisse les mains pour sa gueule…..
O. Talla : Mon fils ce n’est pas le moment ni l’endroit……
Talla : Il ne mérite pas cette considération mon oncle. Tu me détestes à ce point Bouba ? Qu’est-ce que je t’ai fait dis-moi pour mériter toutes tes crasses ? Qu’est-ce que tu me reproches ?  Tu ne partages pas le même sens de la famille ou ma vision des choses  soit mais je n’ai jamais prétendu que j’étais exemplaire. Tu es tout le temps là à crier qu’on ne te considère pas  mais arrête de penser que tu es mis sur la touche et priver de toute chose. Tu es un Diop on est du même sang Bouba mais cela tu l’as oublié. Père avait raison à ton sujet. S’il était toujours en vie, tu serais une véritable déception. C’est ça la vie que tu veux mener ? Embrouilles, disputes, mensonges, trahisons, vols et maintenant usurpation d’identité dans ta famille ça ne m’étonnes plus de toi. Tu me détestes c’est ça ? Quel que soit ton opinion de moi mon frère sache que moi je ne vis que pour ma famille. Et si tu en doutes rappelle-toi de tout ce que tu m’as faits et tout ce que je t’ai pardonné. Rappelles toi que je me suis toujours battu pour toi que je t’ai toujours défendu malgré tes erreurs mais pour le bienêtre de tous il est hors de question que je te laisse continuer ses atrocités. J’essaye encore de te trouver des excuses mais rien n’excuse ce que tu as faits. Jamais je ne t’aurais abandonné à ton propre sort malgré tout. Oui malgré tous les mensonges sur ma femme, la voiture et j’en passe qu’est-ce que tu crois tu as beau te comporter comme une vermine tu restes mon frère. Mais il fallait que tu me fasses ça ! As-tu pensé aux conséquences moi je ne sais que tu ne penses jamais à moi mais as-tu pensé à maman au moins à nos petits frères à tes enfants ? Tu aurais mis toutes ces personnes dans le besoin. Maintenant les choses vont changer. Quel que soit ta position sache que je ne serai plus en mesure de t’aider dorénavant. Maintenant tu peux penser ce que tu voudras car tu es le cadet de mes soucis.
Tel un muet, Bouba ne put répondre. Ce même jour il prit un taxi pour rejoindre Rufisque. 
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COUP DU SORT TOME 2Où les histoires vivent. Découvrez maintenant