"C'était lors d'une fête chez des amis, un soir d'été. Deux semaines plus tôt, j'ai vécu une belle histoire, mais il a tout gâché en annonçant notre rupture, j'ignore toujours pourquoi. J'avoue avoir eus du mal à m'en remettre. J'ai passé 7 mois de ma vie à n'aimer que lui, il est donc normal qu'il ait laissé des marques sur mon cœur. Mes amies m'ont ramassé à la petite cuillère, ce que n'ont pas fait mes parents."
- Vos parents n'ont pas eu de réaction ?
"Non."
- Pourquoi cela ? Vous n'étiez pas proche d'eux ?
"Les études étaient plus importantes, pour eux, qu'une "banale relation", voilà leurs termes exacts. Je les ai détesté ; ils ne comprenaient vraiment rien."
- Je vois...
"Bref, revenons à cette soirée. J'ai sympathisé avec une fille, Lisa. C'est comme ça que j'ai connu Michael. Il m'a tout de suite plu, déjà de par son physique. Imaginez un jeune homme d'une vingtaine d'année, étant plutôt brun de peau. Les tatouages celtiques, qu'il avait sur les bras, m'intriguaient fortement. Il devait bien avoir une signification derrière chaque tatouage, non ?"
- Certains sont fait par rapport au passé de la personne, d'autres pour se souvenir de quelqu'un ou de quelque chose...
"Nous sommes d'accord. Je reprends : il portait une chemise pourpre, à manches courtes, ce qui me laissait donc tout le loisir de regarder ses bras tatoués. Son haut déboutonné à moitié, laissait entrevoir le tatouage qu'il avait sur le cœur : un crâne humain et une rose. Je me souviens encore de son regard. Michael avait des cheveux en bataille et noirs. Ce soir-là, ils cachaient légèrement ses yeux noisette qui comportaient une lueur de malice, comme s'il ne prenait rien au sérieux. Vous voulez que je vous dise ? Il vivait sa vie à 200% !"
- Il croquait la vie à pleine dents, donc.
"Exactement ! "J'adore la pimenter de quelques dangers" Qu'il m'avait sorti. J'appris qu'il adorait les courses de voitures, qu'il en faisait pour gagner de l'argent. Il n'était pas étudiant mais il n'en restait pas moins cultivé ! Il voyageait beaucoup, ça me faisait rêver pour tout vous dire ! A la fin de la soirée, on s'est échangés nos numéros et nos adresses. Nous avons finis par nous mettre ensemble au bout de deux semaines à nous côtoyer."
- Vous n'avez pas eu peur ?
"Peur de quoi ?"
- Eh bien... D'aller trop vite ?
"Pas du tout !"
- Qu'en pensaient vos parents ?
"Evidemment, je n'ai pas parlé de ça avec eux. Ils n'auraient pas compris et peut-être même qu'ils auraient tenté de me séparer de lui, par tous les moyens. Pourtant, ils ne disaient rien quand je sortais, rien non plus quand j'ai commencé à découcher et ce, en semaine ! Tout mon temps était consacré à Michael. Je dormais souvent chez lui, prétextant à mes parents que je révisais chez une amie, jusqu'à une heure si tardive que je devais dormir chez elle. Michael est mon coup de foudre. Les 7 mois que j'ai passé avec Mathieu sont partis en poussière. Bien vite, j'ai voulu que Michael m'appartienne, que je devienne sienne comme il devienne mien. Je ne voyais qu'une solution pour cela : le mariage. Je ne vous raconte pas ma réaction quand il a accepté ! J'étais folle de joie même si un problème subsistait : mes parents. Je ne sais toujours pas comment ils ont appris que j'avais un petit ami qui allait devenir prochainement mon mari. Un jour, quand je suis rentrée chez moi après une harassante journée de cours, ils étaient dans une colère noire. Ils m'ont menacé de me désinscrire de la fac et de m'abrutir de cours à la maison, afin de m'empêcher de sortir et de voir Michael. La haine est montée ; je me suis réfugiée dans ma chambre et n'ai pas mangé pendant 5 jours."
- Pourquoi ne pas avoir privilégié le dialogue ?
"Ils ne m'écoutaient jamais ! La communication était définitivement rompue entre nous."
- C'est ce que vous pensez...
"On s'en fiche ! Je continue mon histoire ! Michael a pensé que j'ai eus soudainement très peur de m'engager. Il m'a harcelé de messages et d'appels. Nous nous sommes d'abord disputés avant qu'il ne m'écoute. Il a compris que mes parents ne l'aimaient pas et que j'étais coincée. Il a débarqué à la maison, sans prévenir. Je me suis échappée de ma chambre par la fenêtre."
- Pourquoi n'êtes vous pas partie avant ?
"Mes parents m'auraient vite rattrapé. Je voulais qu'ils n'aient aucun doute. Qu'ils me pensent incapable de m'enfuir. Ç'a marché et ils ont baisser leur garde. J'ai rejoins Michael dans sa voiture puis nous avons vite quitté ma maison, nous dirigeant chez lui. A peine étions nous sur la route que des coups de feu ont retenti. Je crois que c'est la seule fois où j'ai eu autant peur. Michael m'a alors raconté que c'étaient des mauvais perdants, qu'il les avait humilié à une course d'il y'a plus d'une dizaine de minutes. Des phares nous ont alors aveuglé et Michael fut obligé de virer net. On a alors heurté une autre voiture ; ma tête a heurté le tableau de bord et plus rien."
- Vous ne vous souvenez pas du reste ? Je veux dire, avant d'arriver ici...
"Si, bien sûr ! Comment oublier ? Enfin... Je me rappelle de trois jours précis. Le premier a été celui où mes parents ont porté plainte contre mon futur époux. Le fait qu'il ait participé à des courses illégales a alourdi sa peine. Il est en prison pour 15 ans maintenant. Le deuxième jour dont je me souviens, c'est la première fois que je l'ai vu en cellule. Il m'a fait de la peine mais il souriait lorsque je venais le voir. Je lui rendais souvent visite, lui promettant d'engager le meilleur des avocats pour lui. Le troisième jour dont je me souviens, c'est quand j'ai pris la décision d'éliminer ceux qui avaient pourri mon futur. Deux mois sont passés après la condamnation de Michael. J'ai attendu l'heure à laquelle ils quittent leur lieu de travail commun, puis j'ai pris la route avec la seconde voiture. Je voulais leur montrer ce que j'avais ressenti, ce que j'avais vécu. J'ai foncé sur eux, je les ai tué tous les deux. Ma voiture a heurté la leur avec violence. Je roulais très vite... Assez vite pour que mon capot s'enfonce jusqu'au pare-brise de leur véhicule."
Et elle ajouta avec un grand sourire :
"Je ne sais toujours pas comment j'ai survécu ! Sûrement que j'ai eus de la chance !"
L'histoire de cette détenue m'a bouleversée. C'était comme si je regardais un mauvais film en train de se réaliser, sur le plateau de tournage.
- C'est donc ainsi que vous avez été condamnée à 20 ans de prison pour parricide et matricide.
"N'oubliez pas la mention "Avec préméditation" madame."
- Bien sûr... Je me suis entretenue avec votre avocat et il m'a confié qu'il cherchait activement une famille d'accueil pour vos jumeaux nés en cellule.
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Nouvelle - Interview.
Short Story- Bonjour mademoiselle. - "Madame Hope" s'il vous plait ! Je suis mariée. Elle en avait l'air persuadée... Pourtant, son dossier ne stipulait qu'un mariage qui n'avait jamais eu lieu. - Bien sûr... Bonjour Mme.Hope. - Bonjour madame. Elle était vrai...
