— Nous sommes en direct sur Télé 15h, merci d'accueillir très chaleureusement Isabella Drima.
Un flux d'applaudissements envahit le plateau. La jeune femme s'installa sur un fauteuil bordeaux, déposant ses bras sur les accoudoirs. Elle était vêtue très simplement, avec un jean retroussé aux chevilles et un sous-pull noir rentré dans celui-ci. Ses cheveux blond cendré étaient remontés en un chignon légèrement décoiffé. Un joli sourire décorait ses lèvres.
— Bonjour Isabella ! C'est un plaisir pour nous de vous avoir ici.
— Bonjour Sébastien, c'est un plaisir pour moi aussi bien sûr.
Le présentateur jeta un coup d'œil à une carte, afin de se rappeler par quoi il devait commencer.
— Isabella Drima, vous avez 23 ans et vous venez du Sud de la France du côté de la frontière espagnole. Vous êtes danseuse étoile à l'Opéra de Paris.. alors c'est fascinant parce que je suis allée à une représentation il n'y a pas si longtemps, pour me faire une petite idée de vous. On remarque quand même une certaine rigueur dans ce travail, un sourire toujours présent. Et je me questionne beaucoup sur la vie d'une danseuse, quel est le chemin à parcourir pour en arriver là. Justement, vous allez nous parler un peu de vous, en tant que danseuse évidemment, mais aussi en tant qu'Isabelle Drima et je pense que ça peut être très intéressant. Il acheva sur un petit hochement de tête accompagné d'un sourire.
Le jingle passa, laissant le temps à la demoiselle de s'habituer un peu à cette atmosphère qu'elle ne connaissait pas, sur un plateau télé.
— Dites-moi, avez-vous toujours voulu être danseuse ?
— Pour moi, la danse c'est le rêve d'une vie en effet. Et je pense que quand on se retrouve ici à l'Opéra, on a déjà pas mal d'années de pratique derrière nous. Elle joua avec ses doigts. Je danse depuis mes trois ans et je n'ai jamais abandonné ce sport. J'ai passé un bac S et en parallèle j'allais au conservatoire de ma ville à peu près trois fois par semaine pendant deux heures.
— C'était compliqué, de concilier les deux ?
— Parfois oui, vraiment. Une journée de cours, suivie des devoirs puis de la danse, ça pouvait être difficile. Mais je me suis toujours énormément accroché à ce sport, je savais que je voulais faire ça de ma vie. Dans ma tête, le bac S c'était comme.. une roue de secours pour plus tard, si la danse ça ne fonctionnait pas.
— D'ailleurs.. comment ça se passait, à l'école ?
— Les quatre années de collège ont été merveilleuses pour moi, je me suis réellement épanouie, j'étais en compagnie de personnes formidables. J'étais comme dans une bulle de confort. Puis je suis entrée au lycée, je ne connaissais personne parce que tous mes amis étaient dans le lycée de secteur de mon collège. Au début, je parlais avec des personnes et je me disais que finalement ce n'était pas si terrible. Et puis.. plus les jours avançaient, plus je me retrouvais seule, que ce soit pour discuter entre les cours ou pour manger le midi. Je me suis construite une carapace qui m'a réellement fait croître ma timidité et l'estime que j'avais de moi.
— La danse a-t-elle été un moyen de tenir, pour vous ?
— Réellement oui. Je rentrais chez moi, je dansais et je m'échappais du monde extérieur. J'ai réussi à tenir donc toute une année, mais quand la rentrée de première est arrivée.. je ne vous cache pas que j'ai eu peur. Je ne voulais pas revivre mon année de seconde. Heureusement pour moi, ça s'est vraiment amélioré, même si la carapace était toujours présente et que j'avais du mal à la faire partir. Je me suis stabilisée on va dire, jusqu'au passage de mon bac. Une fois en poche, je suis allée voir ma coach et je lui ai demandé de m'obtenir une audition pour l'Opéra de Paris.
— Ah oui, directement ? Vous n'êtes pas passé par d'autres organisations avant ou..?
— Non, pas du tout. J'avais envie d'avoir une revanche, de faire de ma vie ce dont j'avais toujours rêvé et je voulais effacer tous les obstacles qu'on pouvait m'obliger à franchir. En étant adolescente, j'ai fait beaucoup d'erreurs. Mon but premier était de donner un autre tournant à mon existence. Je n'avais plus envie de rester là, à regarder les autres réussir et moi à continuer de me poser des questions, de révéler le négatif à chaque fois, ce n'était plus possible. On fait tous des conneries, mais on finit toujours par grandir, par avancer. La vie se montre toujours sur un plus bel angle à un moment donné et la tristesse n'est pas faite pour rester.
— C'est très joli dites-moi.. et donc, que s'est-il passé après cette révélation ?
— Eh bien, j'ai obtenu mon audition pour l'Opéra de Paris. J'ai mis de côté toute ma peur d'échouer et j'ai dansé, comme si c'était un spectacle. En fait, je ne me suis pas mise dans la tête que je jouais ma place dans une institution aussi grande que l'Opéra de Paris. Je pense que c'est ce qui m'a fait gagné mon droit d'y être.
— Est-ce compliqué de suivre le niveau ?
— Effectivement, mais toute l'équipe est géniale, bien que la rigueur domine principalement. On est toujours là pour prendre soin de vous, et même si on vous fait danser à en perdre les pieds, on vous apporte le goût de l'acharnement et un mental d'acier.
— Comme dans tous les sports, en fin de compte ?
— Clairement, mais la danse n'est pas seulement un sport, c'est aussi un art.
Le public applaudit de nouveau.
— Isabella Drima, c'est tout pour vous, merci encore.
Le présentateur et la jeune femme se levèrent, afin de se donner une accolade amicale.
— Merci à vous de m'avoir accueilli.
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Un regard sur la vie☆
Cerita PendekDes petits écrits qui laissent l'inspiration prendre le dessus..
