Chapitre 1 _Le départ_

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Le mois de septembre touchait à sa fin. Il faisait encore chaud, comme il avait fait chaud pendant tout l'été d'ailleurs. Je n'étais pas encore habitué à ces températures d'Amérique, moi qui avait vécu mes quinze dernières années en France, en Bretagne. La Bretagne... la région des crêpes, des niniches, et des fruits de mer. Il ne neigeait jamais là bas, mais il était rare d'avoir une température au dessus des trente degrés...
Ce mois d'août avait été assez épuisant, avec les allés-retours France-Amérique pour transporter nos bagages, emballer, déballer, tout ranger... d'habitude, ma mère me répétait de ne pas emmener «toute la maison» avec moi lors de nos voyages. Mais cette fois si, tout devait disparaître. Ça m'a fait bizarre, lorsque j'ai rempli le dernier carton avant de le charger dans le camion qui allait partir à l'aéroport. Toute la maison était vide. Tous nos souvenirs avaient quitté leur places, toutes les photos avaient été décrochées des murs. Le grand moment était arrivé. On allait partir. Tout quitter. Nos amis, la famille... notre piscine aussi allait me manquer d'ailleurs. Ainsi que la cabane de notre grand jardin où mes amies et moi avions passé notre temps à nous raconter nos petits secrets... mais ce qu'y allait me manquer par dessus tout, c'est mon grand-frère, qui lui, ne partait pas avec nous. Il avait enfin obtenu le métier de ses rêves, avocat. Je l'admirais beaucoup, comme toutes petites sœurs admiraient leur grand frère. Il était la personne toujours prête à t'écouter, à t'aider même pour tes petits problèmes inutiles. Tu pouvais avoir confiance en lui comme en personne, et il était toujours là pour moi, pour me défendre, me faire rire comme me faire pleurer. C'est mon grand frère et je l'aime de tout mon cœur.
«-Chelsea? »
Je me retourna et aperçut ma mère.
«Ça va? Pourquoi pleures-tu ma chérie?»
J'essuyais discrètement une des mes larmes, en regardant par-terre pour que ma mère ne remarque pas mes yeux rouges. Ce n'était pas le moment de fondre en larmes. J'étais consciente  des inconvénients qu'il y avait quand on déménage loin de chez soi. Mais je n'avais quand même pas renoncé à encourager mes parents à poursuivre leur rêves, aller au Canada. J'étais tellement contente pour eux. Et pour moi aussi. C'était une expérience inoubliable. Un type de vie complètement différent. Toute ma vie allait belle et bien changer. J'allais rencontrer de nouvelles personnes, au lycée. Le lycée... je n'étais jamais allé à l'école de ma vie. Ou peut être une journée, quand j'avais été en maternelle. Ma mère, ancienne professeur, me faisait cours à la maison, et enchaînait les petits boulots à droite et à gauche. Ça allait aussi être un grand changement pour elle, d'avoir un vrai métier. C'est aussi pour cela que j'avais autant soutenu mes parents à partir.

«-Rien maman, ne t'inquiète pas... C'est juste que... je suis vraiment contente pour vous. C'est trop émouvant tout ce qu'il se passe !»
Et je lui sauta dans les bras

Tout le monde était enfin installé dans la voiture. On allait rouler jusqu'au port pour embarquer dans un de ses gros bateaux qui traversent l'océan pacifique. Mon père, qui était au volant me regarda dans le rétroviseur.
«-Prête?
-Prête!»
Et il démarra la voiture.

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