Un dernier cri

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     Une douce brise balayait le paysage en ce jour. Quelques faibles rayons du soleil atteignaient les feuillages des arbres et se percutaient délicatement contre le vitrage. Un monde si paisible entourait une jolie petite maison bordée d'un jardin florissant. En son sein, une famille ordinaire vaquait à leurs occupations. Le mari regardait le journal télévisé tandis que l'épouse cuisinait un ragoût d'agneau. L'odeur délicieuse de la viande emplissait les pièces. Une jeune fille d'une vingtaine d'année, à l'étage, dans sa chambre, semblait préoccupée par un travail à rendre pour la fin de la semaine. De nombreux livres étaient empilés par ci par là à travers l'entièreté de son bureau, certains-mêmes recouvraient le sol. Celle-ci, sentant le parfum du ragoût, perdit sa concentration et descendit les escaliers en trombe pour venir se poser sur la table à manger. Son ventre grognait après de la nourriture et, gentiment, elle hâtait sa mère.

      La brunette s'enquit de rejoindre son père dans le salon pour lui annoncer que le repas allait être servi. Aussi vite dit, elle retourna auprès de l'émanation de la douce odeur de l'agneau baignant dans le bouillon. Comme chaque midi, la cuisinière déposa les assiettes remplies de bons mets sur la table. La jeune demoiselle accompagnée de son père dont l'âge avait vieilli les traits se disposèrent autour de la table avant de se jeter sur la nourriture sous le regard attendri de l'épouse.

     Cette journée semblait des plus ordinaires. L'après-midi, chacun des membres de la famille veillait à accomplir leurs différentes tâches : la mère fit le ménage, le père, quant à lui, s'acharnait sur un dossier important alors que l'étudiante continuait tranquillement son devoir.

     La pénombre vint petit à petit remplacer les rayons du Soleil qui, à présent, se couchait lentement. Un ciel orangé prit place. A nouveau, la famille était réunie autour de la table pour savourer le souper. Dans le fond résonnait le journal télévisé, tandis que la famille remplissait l'espace de leurs conversations et de leurs rires.

     Cependant, ce jour si paisible allait vivre un basculement inattendu. Le père sembla s'intéresser un instant à ce qui était dit aux informations. Une terrible grimace vint déformer son visage. La mère et la fille se regardèrent brièvement avant de détourner leurs attentions vers la télévision. La vision paraissait surréaliste, tirée d'un film de science-fiction.

     Une guerre déchirait le monde. Les morts comptaient déjà par milliers. Des scènes atroces s'enchainaient aux informations. La voix du présentateur se cassait, elle tremblait. Des larmes coulèrent le long de ses joues. La douleur emplissait ses membres meurtris par l'angoisse. Comment était-ce possible ? Tout semblait aller si bien. Certes, le monde vivait des moments difficiles : la pollution, le racisme, les discriminations, les tyrans, pour n'en citer que quelques-uns. Mais, aujourd'hui, cela dépassait tout entendement, cela touchait le monde entier.

     Très rapidement, du vacarme et des cris retentissaient à travers les rues dans les alentours de la maison. La famille sortit constater les faits. Des gens hurlaient, paniqués et désorientés. Un grondement se fit entendre depuis le ciel. Les tendres yeux de la brunette se levèrent pour apercevoir des avions de guerre survolaient la ville. Son cœur se serra, la peur lui glaça le sang. Tout s'enchainait dans son cerveau, à tel point qu'elle s'écroula lourdement au sol face à cette terrible vérité : le monde courrait à sa perte.

     Son regard s'embuait de larmes, des sanglots sonores quittèrent ses délicates lèvres. Lorsque, soudain, une sirène effrayante retentit. Un son aigu, grinçant, terriblement bruyant. Elle déposa en vain ses mains contre ses oreilles pour faire taire cet horrible bruit. Les minutes défilaient, ses parents tentaient de la résonner. La peur la paralysait. Ses genoux lâchaient et elle s'écroula lourdement, venant ainsi se cogner violemment contre le béton. Mais, dans un dernier effort, elle tourna son regard vers le ciel. Ce qu'elle vit la terrorisa, une lutte aérienne déchirait le ciel. Des avions s'échouèrent violemment dans la ville engendrant des explosions, des incendies et d'innombrables morts. Un douloureux haut-le-cœur vint lui serrer la gorge, elle déversa son repas sur le tarmac. Des hommes, des femmes et mêmes des enfants hurlaient, pleuraient. Certains courraient en tout sens, d'autres étaient paralysés sous le choc.

     Les secondes défilées, les yeux de l'étudiante ne quittaient par l'horreur de l'instant. Un homme en feu hurlait tout son soul tout en courant, il finit par s'écrouler sur le sol en tentant de se débattre vainement contre les flammes.

     Désemparée et choquée, la jeune fille hurla à en perdre ses cordes vocales. Un dernier cri face à son funeste destin. Un sentiment d'injustice et de désarroi lui serra le cœur. De douloureux sanglots firent tressauter ses tendres membres. Ses parents, toujours à ses côtés, la rejoignirent dans le chagrin. Un dernier rugissement de moteur, puis plus rien. La mort s'empara de l'âme de la jeune fille et de ses parents.

     En ce jour ordinaire, le monde fut surpris par une effroyable violence. Une odeur désagréable de cendres et de sang frais remplit l'air. En seulement quelques heures, le monde bascula dans les ténèbres. Les corps s'empilaient, les familles détruites se comptaient par milliers, les villes étaient saccagées par les troupes militaires, par les explosions et par une violence sans nom.

     Jamais, le monde ne ressortira indemne suite à de telles atrocités.



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