Ça y est les portes sont ouverte, notre attente a finalement porté ses fruits. Avec ces deux heures de retard j'ai crus mourir d'angoisse. Car, oui, c'est mon premier voyage en avion et j'angoisse énormément. Je suis littéralement pétrifié, faut dire que j'ai fait fort pour cette été : faire sa première colonie de vacances et son premier vol en même temps, faut du courage. De l'inconscience plutôt. Nos moniteurs nous font signe pour nous rassembler, nous sommes vingt-quatre en tout, enfin vingt-sept si nous comptons les trois moniteurs. Une fois rassembler, ils nous expliquent brièvement ce qui va se passer et nous demande de rester groupé. En avançant, je sens les larmes me monter aux yeux, j'ai peur.
«Non ! Non ! Non ! C'est pas le moment de pleurer. Ressaisis-toi !»
J'arrive miraculeusement à me calmer. Nous rentrons dans l'avion et le pilote nous salue. Je réponds distraitement trop préoccupée à chercher ma place. J'espère que je suis à côté de quelqu'un de la colo ! Finalement je trouve ma place : 21B.
Je suis entre deux inconnus. L'un est assez jeune, la trentaine, avec les cheveux rasés bruns de la même couleur que ses yeux. Il a le teint mât qui ressort grâce à sa chemise rouge sang. Lorsqu'il me voit, il se décale pour me laisser aller jusqu'à mon siège. Il est à ma droite et est donc côté couloir. Être assise et ne plus pouvoir repartir me fait réaliser ma situation. Je suis pétrifié et à chacun de mes gestes je tremble. Pour penser à autre chose, j'observe mon second compagnon de vol. Il est à ma gauche et tout à côté du hublot. C'est un homme d'une cinquantaine d'années, il a quelques cheveux blancs qui parsèment son crâne et une barbe blanche assez courte. Ses lunettes sont sur son nez et il tient un journal dans sa main. Il est vêtu d'un polo bleu clair au-dessus d'une chemise à carreaux bleue elle aussi, qui est assorti à ses yeux. Je m'arrache à mon observation pour regarder à travers le hublot. L'avion n'a pas encore décollé que déjà les larmes coulent sur mes joues. Je me mets droite sur mon siège et essaye que personne ne remarque cette instant de faiblesse. Les deux hommes sont plongés dans leurs lectures et ne remarquent rien. Ouf.
Mais une fille de la colo assise dans la rangée devant à moi, se retourne et voit mon état peu glorieux... Je lui avais un peu parler de ma peur de l'avion quand on attendait et elle avait essayé de me rassurer.
- Eh ça va ? Tu sais c'est rien l'avion, c'est le second moyen le plus sûr du monde. Le risque de crash est proche de zéro. Tu es courageuse et forte alors t'inquiètes ça va aller.
Bip. Bip.
C'est le signal de départ. Elle se retourne, c'est obligatoire pour des raisons de sécurité. Je la remercie quand même, elle est vraiment gentille. M'avoir rassuré alors que l'on ne se connaît même pas depuis vingt-quatre heures c'est vraiment une personne en or. Grâce à elle mes larmes se calment et je peux me concentrer sur les consignes de sécurité montrées à travers de petites télés au-dessus des sièges. J'y prête une grande attention et je dois bien être la seule. J'attache ma ceinture, mets mon téléphone en mode avion et me colle à mon dossier comme indiqué. Puis ils font le tour des situations les plus graves et je déglutis, ah oui quand même... Une fois ce rappel terminé l'avion roule pour se mettre en place sur la piste de décollage. Mon amie se retourne vers moi et m'explique comment respirer pour me calmer. Elle me dit également que si je ressens une pression dans la poitrine ou que j'ai les oreilles bouchées c'est normal. Puis l'avion roule et accélère afin de décoller. Je ne quitte pas le hublot des yeux, trop angoissée et applique les conseils de mon amie. De petites inspirations et de grandes expirations. Puis enfin nous décollons, je vois à travers le hublot l'aile penché et je sens cette pression dans la poitrine. Par contre je n'ai pas les oreilles bouchées mais j'ai mal à la tête. Mon amie se tourne à plusieurs reprises vers moi pour s'assurer que je vais bien et je lui souris pour la rassurer. Elle fini par mettre ses écouteurs et s'endormir. Me laissant seule et subjuguée par la vue de Paris illuminée de nuit. Maintenant que l'avion s'est stabilisé j'ai moins mal à la tête. Ma petite crise avant le décollage était passée. Je me sens apaisée et réalise que je me suis fait peur à moi-même. Je me renfonce dans mon siège et mets à mon tour mes écouteurs. J'appuie sur ma playlist et c'est le titre "Audio" de Sia, Diplo, Labyrinth et LSD qui commence. C'est mon morceau préféré du moment, je pourrais l'écouter des heures. Entendre de la musique m'apaise, c'est pour ça que j'ai toujours une paire d'écouteurs sur moi. Les hôtesses de l'air passent et nous distribue un programme et le menu de ce soir. Je n'y fait pas attention, trop occupé à prendre des milliers de photos de la vue depuis le hublot. Mon angoisse s'est presque envolée et me permet de mieux observer l'avion. Ce que je n'avais pas pu faire étant trop stressée.
Tout à coup mon voisin de droite lève son bras, c'est le gars à la chemise rouge. Il essaye d'allumer quelques choses, mais les boutons étant légèrement décalés ceux-ci sont au-dessus de mon siège. Il n'ose pas s'appuyer sur mon siège pour pouvoir y accéder, alors je tends le bras pour allumer la lumière.
- No no no !
Ah c'était pas celui-là. Il s'appuie finalement sur mon siège et tourne la clim vers lui. Ayant compris je m'excuse.
- Oh sorry. I didn't understand.
- No thank you. It's ok.
Nous rigolons par l'absurdité de la situation puis il se rassoit dans son siège pour dormir. Je me sens un peu bête de m'être trompé comme ça, mais bon ça arrive. Il est gentil. Ça doit être un ingénieur venu en France pour le travail et qui repars chez lui. Tout en pensant à ça je me retourne pour voir mon autre voisin, qui dort. Hmm...lui ça doit être un grand-père qui rend visite à sa famille ou un docteur très connu appelé en urgence pour règler un problème en Suède. Je penche plutôt pour la seconde hypothèse.
Ayant fini mon débat je me remets dos à mon siège, ma musique qui défile toujours, là c'est "Ta marinière" d'Hoshi. J'essaie quand même de dormir sachant pertinemment que je n'y arriverai pas. Mais l'espoir fait vivre, non ? Je passe la majorité du vol à écouter de la musique et regarder le paysage défiler à travers le hublot. Mais miraculeusement trois quarts d'heure plus tard je somnole pour me faire réveiller par la clim. Brrrr... J'ai ultra froid ! C'est à cause du Mr. Dedroite qui a mis la clim trop forte. Vêtue d'un short, d'un débardeur et d'un petit gilet la tâche de se réchauffer n'est pas gagnée. Cette clim m'empêcha de m'endormir tout le long du voyage... Je commence à glisser lentement vers le sommeil lorsque je sens les deux sièges à côté de moi bouger. Les lumières de l'avion gagnent en intensité afin de réveiller les voyageurs avant l'atterrissage. Lorque je me redresse sur mon siège, je surprends les deux hommes s'échanger quelques coups d'œil, comme si ils se connaissaient. C'est bizarre. Bon pas le temps de s'y attarder, je rassemble mes affaires et les range dans mon sac à dos. Je rattache ma ceinture comme demandé et me prépare à atterrir. Je me mets à restresser quand même. Lorsque je sens l'avion penché en avant, je me cramponne à mon siège et fixe le hublot. Les deux hommes s'avancent et se jette un dernier regard avant de se remettre dos à leurs dossiers. L'avion penche plusieurs fois et ne se stabilise pas bien, me faisant bouger. Je fini par me caler vers la gauche, et l'avion se stabilise enfin, les inconnus s'échangent un nouveau regard.
L'avion arrive sur la piste et après une série d'interminables secousses, à atterri sans problèmes. Lorsqu'on nous indique que l'on peut se détacher et descendre, nos moniteurs se lèvent et nous explique que l'on va laisser les autres passagers descendre et que nous descendront les derniers. L'homme avec la chemise rouge se lève, récupère sa mallette et pars. Je me décale alors pour laisser passé l'homme avec le polo mais il a le nez dans son journal. Je me racle la gorge pour le faire réagir, il fini par lever les yeux, me regarde et me fait son premier sourire du vol. Il se lève sa mallette dans une main et son journal dans l'autre. Une fois partie je regagne ma place et discute avec mon amie en attendant que l'avion se vide. Je lui raconte mes impressions et la remercie à nouveau pour son aide précieuse. Enfin nous sortons et récupérons nos bagages qui étaient en soute. Je repense à ce premier voyage en avion et me fit la réflexion qu'il était intéressant.
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Entre Ange et Démon
No FicciónCeci est juste un unique chapitre basé sur une idée, une expérience que j'ai eus durant mon premier voyage en avion cet été. Il n'y aura pas de suite.
