Mes cinq sens étaient occupés, les rires de joie résonnant à mes oreilles, mes doigts effleurant l'herbe séchée à cause du soleil éblouissant qui ne la laissait en paix que la nuit. Mes cheveux bruns, épais tombaient en cascade dans mon dos en une longue natte entortillée de fils d'or. Le satin de ma tenue flottait sur ma peau caramel et je m'abandonnais à toutes ces sensations qui faisaient mon bonheur, quand j'entendis son rire qui m'était si connu, un rire unique que je reconnaîtrais parmi des centaines. Je me retournais et le voyais approcher à pas lents, séducteur comme à son habitude, ses grands yeux verts me transperçaient et je ne pouvais m'empêcher de sourire et de m'approcher à mon tour. Mes boucles rebelles virevoltaient autour de ma tête. Quand je lui faisais face, je plongeais dans ses prunelles terrifiées et le paradis qui m'entourait jusqu'alors laissait place à la terreur, à un monde d'épouvante cependant je ne pouvais faire abstraction du calme qui m'envahissait soudain, un calme indescriptible, un calme paisible qui faisait frétiller chaque parcelle de mon corps.
J'ouvrais doucement les yeux et tentais en vain de sourire et de me dire que les rêves ne veulent rien dire et pourtant mon cœur me disait tout le contraire, il était dans mes rêves depuis des mois. Depuis des mois, je retrouvais ces mêmes yeux verts à chaque fois que je fermais les yeux, je revivais ce moment que j'avais terriblement envie de vivre. Un bruit à la porte me sortais de mes pensées. Je me levais et m'habillais à la hâte d'un tee-shirt trop grand à l'effigie d'un groupe de rock qui pouvait facilement passer pour une robe sur moi. Je me précipitais dans l'entrée pour lui ouvrir et comme tous les matins, il s'invitait dans mon espace piochant dans ma cafetière comme s'il était chez lui. Je le regardais s'affairer dans ma cuisine comme s'il s'agissait de la sienne. Mon superbe voisin et surtout propriétaire ne manquait pas de me rappeler que j'étais en réalité chez lui.
- Tu comptes un jour me rembourser tout le café que tu me taxes dis-je dédaigneuse alors qu'il jetait un regard sournois vers moi par-dessus sa tasse
- J'ai déjà baissé ton loyer alors je pense qu'on s'en tiendra à cela, ma chère Indie.
- Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça persiflais-je tandis qu'il rejetait mes paroles d'un signe de main.
En l'observant dans ma cuisine habillé d'un tee-shirt noir et d'un jean noir, j'essayais en vain de transposer l'homme apparaissant dans mes rêves à celui qui me faisait face. Pourtant la seule et unique ressemblance se trouvait sur le plan physique, toutefois l'un était aussi désirable que l'autre était désobligeant et agaçant.
- Je dois aller travailler alors si tu pouvais descendre cette tasse aussi rapidement que tu descends tes bières, ça m'arrangerait fortement dis-je en rassemblant mes affaires.
- Tu vas vraiment travailler habillé comme ... ça. dit-il en me reluquant ostensiblement.
- Tu peux t'enfoncer ton avis là où je pense parce que j'en ai absolument rien à foutre dis-je agacé en le poussait vers la porte encore ouverte. Tu n'as qu'à garder la tasse parce que vu où tes mains trainent, j'ai bien peur d'attraper une MST rien qu'en la lavant. lui lançais-je avant de claquer la porte.
Je récupérais mes affaires avant de rouvrir la porte et évidemment M.Appolon Cress Emmerdeur, mon propriétaire était encore planté là, un sourire idiot plaqué sur le visage. Je devais bien avouer qu'il portait bien son prénom affublé d'un visage qui pouvait faire tomber les culottes à lui seul.
- Chérie, je sais que tu crèves d'envie que mes mains te fouillent toi dit-il avec un clin d'œil.
- Je préférais encore m'enfoncer un tesson de bouteille dis-je avant de dévaler les trois étages de marche qui menaient jusqu'au parking alors que je l'entendais grommeler à quel point j'étais vulgaire. Je marchais tout droit vers ma petite voiture et démarrais en trombe, pressée d'arriver à mon travail.
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Lune Obscure
ParanormalInodia, jeune lycéenne cherche à tout prix à cacher les bouleversements de sa vie, des sentiments pour son frère, la terreur qu'elle sème autour d'elle, les mystérieux rêves qui l'habitent la nuit. Elle se sent irrémédiablement attirée par la force...
