~PROLOGUE~

104 2 6
                                        

        Le vent sur son visage effaçait ses larmes. Il courrait, plus rapidement que ses jambes fines le lui permettaient. Ou s'enfuyait plutôt. La terre sèche du Cameroun sous ses pieds blancs lui rappela ce que ses parents lui avaient dit, un jour :  << Nous t'aimons, mon fils. Sache-le. Mais même si nous faisons tout pour te protéger, il est fort possible qu'un jour nous ne soyons plus là. Quand ça arrivera, il faudra que tu t'enfuies, sans t'arrêter jusqu'à ce que tu ne puisses plus voir la pointe du toit de la plus haute maison. Là seulement tu pourras te reposer, et chercher une bonne personne qui t'acceptera comme tu es. Tu m'as bien compris, Ethan ? >> Et c'est ce qu'il faisait. En revenant à son village camerounais avec de l'eau pour les habitants, il apprit que ses parents avaient disparu. Les villageois ont alors commencé à sortir leurs fourches, perches, lances et autres, pour le forcer à partir. N'giaoulé, l'homme le plus fort du village, avait réussi à lui donner un coup dans les côtes. Maintenant, le sang sec faisait une tâche sombre sur sa peau blanche. Il s'autorisa une pause en arrivant à un bosquet, à presque huit kilomètres des premières cases. Il but un peu de l'eau qu'il avait voulu ramener et s'en versa dans les mains, pour se nettoyer le visage. Ses cheveux blancs encadraient ses joues blanches et ses yeux noirs, illuminés d'une lumière rouge. Albinos. Voilà ce qu'il était. Voilà le problème des villageois. Albinos. Un inconnu, un danger.

Ethan est né au Canada, à Montréal. Ses parents avaient prévu de rentrer chez eux quelques mois après sa naissance, pour qu'il puisse vivre dans son pays d'origine, le Cameroun. Là-bas, ses parents étaient très respectés, car c'était grâce à eux que le village survivait. Ils étaient médecins et avaient soignés les habitants d'une grande maladie. Le père, aussi, avait détourné une source d'eau, pour la rapprocher de quelques kilomètres des habitations. Et la mère, elle, avait pu donner des cours aux enfants, dans une école improvisée. Là-bas ils étaient vénérés, et plusieurs fois on leur avait proposé le titre de chef du village. Mais ils avaient toujours refusé, prétextant que ce n'était pas pour eux. Cependant, leurs voix étaient toujours entendues aux conseils du village et étaient porteuses d'une grande influence. C'est grâce à cela qu'Ethan avait pu rester en vie jusqu'à ses neuf ans, sous la surveillance de ses parents.

Maintenant, cela faisait trois jours que le petit méprisé de son village était parti. Les camerounais veillaient tard, autour d'un feu, libérant leur joie, comme s'ils avaient vécu sous la torture pendant ces neuf dernières années. Plus aucun signe de vie n'émanait de la petite case isolée. Et pourtant, il y avait bien quelqu'un dedans. Dans la nuit, une ombre s'éloignait du village...

                                                                               °°°°°°

Écrit avec l'aide de @Lockpin_
Bonjour, merci d'avoir lu ce début d'histoire
N'hésitez pas à commenter, et à m'avertir des fautes ou incohérences !
Bref, bonne lecture pour la suite...😊

ALBINOS Where stories live. Discover now