^ Prologue ^

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*Est-ce que quelqu'un pense à moi, là, tout de suite ?*

Je me pose souvent cette question.

Assise dans l'herbe froide et douce je ferme petit à petit les yeux. Un léger vent vient soulever mes longs cheveux cuivrés, les poils de ma nuque se hérissent, un frisson me secoue. Je ré ouvre les yeux. Je devrais rentrer; bien que personne ne m'attende finalement...

Je loue un studio, éloigné du centre ville, avec l'héritage de mes parents. Je l'ai reçu il y a un an, à mes 18 ans, et je suis partie. Loin de ces familles d'accueils et de ces orphelinats. Espérant trouver ma voie. Voulant me construire un avenir ou peut être simplement me construire une vie.

Je lève la tête, les étoiles scintillent comme à leur habitude. Toujours prêtes à illuminer la nuit, ce sombre voile mélancolique et apaisant.

Je décide enfin de me lever.  Aller tu peux le faire, demain sera un jour plus heureux, ... moins douloureux pour toi, me dis-je peu sereine.

A cette heure-ci, plus un bruit ne vient déranger cette forêt endormi. Il fait très sombre, j'aime cette harmonie. J'inspire une grande goulée d'air frais et commence mon trajet. Évidemment, je ne reste pas sur le sentier et m'éloigne entre les grands arbres. Je ne suis pas pressée de rentrer, loin de là, et puis je connais cette forêt par cœur. J'y passe la plupart de mon temps, à lire, à chanter, et à écrire même parfois. Dans mon orphelinat on me disais que j'avais du talent pour écrire, "comme ta mère" disait-on... Non, il ne faut pas que je pense à ça maintenant. Je suis fière, fière de mon progrès. Pas une seule larme pour eux cette année. Si ils me voyaient, seraient-ils fières aussi ?

Tant de questions sans réponses.

Tant de...

*CRACK*

Je sorti instantanément de ma bulle pour retrouver la réalité. C'était sûrement un écureuil ou un oiseau rentrant au nid. Un oiseau, à cette heure-ci ? Qu'elle idée stupide. Foutu conscience... J'accélère le pas. Pourquoi je complique toujours les choses ? J'aurais pu simplement prendre le sentier, pour me glisser au plus vite dans mes draps.

Je continu d'avancer prudemment et à l'affut avec une frayeur ancrée en moi...

*CRAACK*

Cette fois je me retourne, c'était tous prêt.  ~~respire, souffle ~~

Je tourne ma tête dans toute les directions mais sans succès. Je ne discerne aucun mouvement dans cette pénombre.  ~~respire, souffle~~

Ok ok, tu es dans une forêt tout est normal. Je reprends mon périple tremblante en essayant de reprendre mes moyens. J'ai l'impression que la forêt se fait de plus en plus pressante. J'étouffe.  ~~respire, souffle~~

Je sens une présence autour de moi. Ne te retourne pas, continu tout droit, me crie ma conscience. Je lutte au plus profond de mon être. Mais la tension est trop forte. Je m'arrêtes, plus aucun bruit, seul mon souffle bruyant. Je me retourne lentement, au comble du stresse.

C'est à ce moment que mon cœur lâcha.

Deux points, tel des yeux luisants à la lumière de la lune, me transperçaient. Sans plus réfléchir je me mis à courir. Je ne pensais plus. Mon cerveau ne percevait que le son des pas rapides de mon assaillant inconnu. Se rapprochant... Je ne savais pas ou m'emmènerai  cette course folle. Je ne savais même pas si ce n'était pas mon cerveau et ma fatigue qui me jouaient des tours. Jusqu'à ce qu'il m'attrape...

Je sentis une forte pression sur mon flanc droit qui me fît basculer et trébucher. Je me retrouvais par terre totalement étourdie, essayant de ne plus bouger d'un poil. La forêt avait retrouvé son silence pour un court instant.

La seconde d'après, une bête mystérieuse jaillit d'un buisson tel un éclair. Je ne comprenais rien. Que ce passait-il autour de moi ? Qu'elles étaient ces choses ?

Toujours tapis dans mon coin totalement effrayée, j'essayais d'apercevoir la scène. De terrifiants grognements résonnaient entre les arbres. On croirait entendre des chiens enragés ou, ... non impossible. Des loups ? Dans la région ?

Un cri transcendant s'éleva. L'une des deux bêtes étaient battu ou à terre du moins. Je retenais mon souffle, espérant ne pas être repérée. La tension était remonté d'un cran. Je ne pouvais apercevoir que le corps inanimé d'une bête. L'autre avait disparu...

Je sentis d'un coup une immense douleur dans mon avant bras. Mon corps fût projeté en arrière. J'étais violemment tirée, soumise à ce monstre puissant. La douleur était tellement intense que je ne pouvais crier. Je sentais le sang chaud coulé le long de mon membre. Des larmes perlaient abondamment au creux de mes yeux. D'innombrables tâches noires fleurissaient dans mon champ de vision.

Je voyais la fin venir.

Mon corps était tel un barque en pleine tempête, impuissante.

Mon cerveau, voulais s'échapper de cette situation mais c'était trop tard.

Il n'y avait plus rien à faire. Plus rien à espérer.


L'appel de la lune   Tome. 1Stories to obsess over. Discover now