Chapitre 1 : Tu te marieras, ma fille, ou ce sera la Chanterie.

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L'entièreté de l'univers ici utilisé appartient à Bioware, créateur de la franchise Dragon Age. Seul les OC de la famille Trevelyan m'appartiennent.


Le bureau était surchargé de dorures et rappelait sans mal les pompeux atours des Orlésiens. Pourtant, le Bann Frances Trevelyan était tout ce qu'il y a de plus marchéen, ne savourant que peu le luxe outrageux dans lequel pouvaient se vautrer ces autres. Cependant, il avait dû se plier aux exigences de sa très orlésienne épouse pour ne pas que celle-ci, disait-il, lui fasse misère jusqu'à la fin de ses jours. Le bann était un homme très satisfait de son existence, il se contentait de régenter sa famille et de s'occuper des affaires que Tante Lucille – douairière et matriarche de la famille Trevelyan – lui confiait. Il semblait même qu'elle le privilégiait à ce propos, le préférant même à son propre fils. Ce serait mentir de dire que Frances Trevelyan n'en retirait pas sa part de fierté. Marié depuis de nombreuses années à Cordélia de Lyses, fille d'une influente famille orlésienne, il avait ainsi contracté un mariage de convenance. L'amour était absent de leur relation, il considérait d'ailleurs son épouse comme la plus atroce des mégères. Toutefois, ils conservaient tous deux le respect de l'autre, teinté d'une pointe piquante de colère intestine. Il devint ainsi père de nombreux enfants qui chacun le rendait fier – ou presque.

Son fils aîné, Priam, avait développé les qualités requises pour devenir à son tour le chef de famille et de surcroît un excellent commerçant. La première de ses filles, Cassiopée, avait déjà contracté un mariage avantageux avec l'héritier d'une autre famille influente des Marches libres. De même, on attendait avec impatience la naissance future du deuxième petit-enfant. Venait ensuite le deuxième fils, Achilles, parti rejoindre l'ordre des Templiers où il gravissait lentement les échelons de la hiérarchie. Il faisait le bonheur et l'honneur de la famille, celle-ci étant très proche de l'Ordre et de la Chantrie. Ce dernier avait été suivi d'un autre fils, Nicholas, mais lorsqu'on lui posait la question, Frances préférait ne pas avoir à en parler. Débauché, ivrogne et magouilleur, Nicholas était l'affront de la famille. Sa tante le temporisait souvent en disant que dans toute famille, il se devait d'y avoir une honte et que finalement, il valait sans doute mieux qu'il s'agisse du fils cadet plutôt que de l'une des filles. Et des filles, le bann en avait encore deux à la suite ; bien que par moment, Frances se demandât si sa deuxième fille n'eût pas été homme. Eurydice arborait des cheveux coupés courts, blonds comme le blé, et une paire d'yeux couleur pervenche. Elle affirmait un caractère plus que bien trempé, préférant la rudesse des jeux de chevalier que l'art de la dînette.

Le bann pensait que sa lignée s'arrêterait là. Son épouse lui faisait souvent le reproche d'être trop demandeur. Elle détestait être enceinte et elle haïssait ce que son corps devenait à force de toutes ses grossesses. Pourtant, un peu moins d'une année après la petite dernière, une autre petite fille vint au monde : Violine. Un joli poupon qui possédait une touffe de cheveux noirs et des yeux qui rappelaient l'éclat d'une améthyste. Leur couleur étrange fut à l'origine de son prénom. Elle différait grandement du reste des enfants par ses atours physiques avantageux et sa mère la détestait. Elle accusait cette enfant non désirée d'avoir ruiné à jamais son corps. La petite fille grandit dans l'ombre de sa sœur Eurydice, adulée par sa mère. Proches par leur court écart de naissance, elles différaient en tout point. D'un caractère plus calme, tournée vers l'apprentissage, Violine cultivait l'art d'aider son prochain que ce soit par une oreille attentivement tendue ou par la préparation de baume et d'onguent. Néanmoins, elle n'avait rien à envier au reste de la fratrie concernant son caractère plus que bien trempé. Frances tentait vainement de s'en cacher, mais de sa prolifique progéniture, la petite dernière était celle qui pouvait se vanter d'avoir toute son affection.

Dans l'ombre de l'InquisitriceCerita yang bikin terobses. Temukan sekarang