Une Nouvelle Chambre A L'hôpital

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     4h30. Mon réveil sonne. Comme tous les matins, je me lève, je vais aux toilettes puis me dirige dans la cuisine. Je bois un thé et mange un morceau de pain de la veille, puis continue ma routine dans la salle de bain. Après une bonne douche, je me regarde longuement dans le miroir. Mes cheveux bouclés se redessinent doucement en séchant. Les énormes cernes sous mes yeux paraissent encore plus grosses que les jours précédents. Elles ne partent pas. Elles font parties de moi et reflètent mon état. Tout comme mon corps, frêle et sans forme, qui traduit mes deux repas par jour, en comptant mon petit dej'.
     Je quitte alors des yeux ce miroir qui me renvoie une image que je n'aime pas, que je ne peux pas me permettre d'avoir. Mes patients ne doivent pas me voir fatiguée, ça ferait mauvaise impression. Je me tartine alors de fond de teint et de correcteur pour cacher la misère, j'attrape le premier élastique que je trouve et je m'attache les cheveux en une espèce de chignon approximatif. Je ne sais pas me coiffer et mes cheveux bouclés sont un véritable calvaire. J'aimerais les avoir lisses comme toutes ces femmes qu'on voit sur internet ou dans les magazines. Mais bon, il faut croire que la vie n'a même pas voulu me faciliter la tâche de ce côté là.
     Une fois sèche et à peu près maquillée je sors de la salle de bain et je vais fouiller dans mon armoire. Comme je passe le plus clair de mon temps en blouse et en pantalon blanc pour le travail, je ne m'achète pas beaucoup de vêtements. Il faut dire aussi que je n'ai aucune idée de ce qui peut m'aller, alors je me sens perdue dans les boutiques. Je me contente, comme tous les jours d'un t-shirt et d'un jean, accompagnés de mon unique paire de chaussures. Une vieille paire de Timberland que j'avais achetée avec mon premier salaire et que je porte encore malgré les taches de boue, d'herbe et autres et des lacets qui sont maintenant plus noirs que jaunes.
     Je sors de mon studio miteux et rejoins ma voiture, mon sac et ma bouteille d'eau en mains. Après mes quarante-cinq minutes de trajet habituels, j'atteins l'immense portail de l'hôpital encore fermé. J'aperçois à travers celui-ci une voiture du samu en train de se garer et l'équipe des urgences qui vient leur apporter son aide et se tenir au courant de l'état du nouveau venu. Je me gare alors à mon tour, traverse le couloir encore sombre à cause du jour à peine levé. Les patients ne vont pas tarder à être réveillés pour les premiers soins. Je longe l'hôpital presque entièrement pour trouver les vestiaires. Des collègues sont déjà là en train de se changer. Elles discutent de choses et d'autres sans faire attention à mon arrivée. Je pose mon sac, ma bouteille et compose le code de mon cadenas. Je sors une tenue propre et l'enfile, range mes affaires et referme mon casier.

      Je sors du vestiaire et traverse le couloir en sens inverse, emprunte l'escalier et monte au troisième étage, pour rejoindre le service dans lequel je travaille depuis mon diplôme. C'est un service transdisciplinaire, dans lequel on accueille des gens avec troubles psychiatriques et handicaps physiques à cause de tentatives de suicides ou autres mutilations.  C'est un service difficile, mais au moins ici je me sens utile. Les gens me parlent, se confient, je les écoute et quand je vois leurs sourires, j'ai vraiment l'impression d'avoir fait quelque chose de bien.
     A mon arrivée, je déverrouille la porte de sécurité qui maintient le service fermé, puis je passe la porte. Je me trouve alors face au chef de service, le Docteur Hohenwald, un homme d'un certain âge, avec les cheveux grisonnants et des yeux minuscules, d'un bleu presque transparent. Il porte de petites lunettes rondes, qui me font beaucoup penser à celles de Harry Potter. C'est un homme qui a beaucoup de prestance, très grand, toujours tiré à quatre épingles de la tête au pied. Sous ses airs d'homme fier et associal, c'est une personne très humaine. Plusieurs fois nous l'avons appelé en pleine  nuit, comme le soir de cette fameuse fugue groupée, où 5 patients voulaient rejoindre la gare routière pour arriver à leurs fins. Il a débarqué rapidement, a pris le mini bus de l'hôpital et est parti lui même à la recherche des patients. Certains le voient comme un héros, alors que d'autres médecins trouvent qu'il s'attache trop à ses patients. Moi, je suis du premier avis.

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⏰ Terakhir diperbarui: May 24, 2018 ⏰

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