Alex essayait de diriger sa voiture dans les embouteillages en cette fin de journée. On était déjà vendredi soir et il regrettait d'avoir choisis ce jour pour partir en voyage.
Entre deux slaloms, il jeta un coup d'œil dans le rétroviseur. Lydia, qui elle, paraissait totalement calme et sereine, regardait avec curiosité par la fenêtre. Roxane, aussi, observait sa cousine. Comme son père Alex, elle était mal à l'aise et s'inquiétait surtout pour elle-même et les changements dans son existence que l'arrivée de Lydia allaient provoquer.
Pour le moment, l'agitation en ville ne dérangeait pas la jeune fille assise a l'arrière, bien au contraire. Les bruits et les odeurs en ces alentours la rassurer. Elle aimait bien voir les gens défiler par la fenêtre, elle essayait de découvrir les liens parentés de ces personnes qui se pressaient devant les bars et café. Elle aimait leur inventer une vie, imaginer leur sentiments...
- Lydia, tout va bien?
La voix de Roxane brisa sa rêverie, elle essaya de maintenir un petit sourire un coin de bouche puis se retourna vers sa cousine :
- Oui, tout va bien. Cette ville a l'air agréable.
- Pas terrible a vrai dire, tu verras, on se rend compte qu'il ne s'y passe pas grand chose. Quand tu as fais le tour des cinémas, et quelques bars fréquentables, tu n'as plus qu'à t'y ennuyer.
Lydia aimait bien sa cousine car elle avait toujours été agréable et très attentionnée avec elle, particulièrement depuis 6 mois lorsque cet événement tragique arriva . Lydia avait conscience que ce n'était pas si facile d'accepter le partage de chambre, ses parents, ses amis ... Et puis on ne devient pas une sœur modèle à 17 ans ! Or, Roxane n'avait pas montré le moindre signe d'inquiétude ou de contrariété et rien que pour cela, Lydia lui en était extrêmement reconnaissante. La main de Roxane était posée sur l'accoudoir central, Lydia la serra assez fort, et sa cousine se retourna vers elle, vaguement inquiète. Elle lui sourit de façon la plus convaincante possible.
Ils arrivèrent chez la famille Thanders vers 21h33.
-Chérie, nous sommes rentrés ! s'écria Alex en direction de la cuisine.
Une dame d'une trentaine d'années en sortit avec un large sourire. Elle était très grande et fine. Ses cheveux brun qui contrastaient avec sa peau mate, étaient tirés vers l'arrière et retenus avec non-chalance et cependant un certain style à l'aide d'un stylo passé dans sa natte. En voyant le groupe arrivé, elle retira ce qui lui servait de barrette et le reposa tout naturellement à sa place, à côté du téléphone. Lydia eut droit la première à ses embrassades :
-Bienvenue, a partir d'aujourd'hui fais comme chez toi. J'espère que tu te plairas parmi nous.
Après une certaine hésitation, Lydia lui rendit son sourire :
-J'en suis sûre , merci encore pour tout Juliette .
- Rahhh, dit Alex l'air faussement contrarié, je t'en prie ! Arrête de nous remercier, c'est nous qui sommes contents de t'accueillir.
Et sans laisser à personne le temps de faire le moindre commentaire, il ajouta :
- Allez Roxane, va montrer ta chambre à Lydia.
Elle se tourna vers sa cousine en cherchant son approbation :
- Oui allons-y ! fit vigoureusement la jeune fille, faisant un effort pour paraître enjouée.
La chambre était au second étage, c'était en fait celle de Roxane qui avait été réaménagée pour accueillir un lit, une armoire et un bureau de plus. Elle était meublée de façon symétrique : les deux jeunes filles avaient le même mobilier disposé de la même façon, jusqu'à la même paire de pantoufles qui trônait chacune devant un lit. Roxane s'approcha du lit coté fenêtre et dit :
-Voilà le lit qui t'ai destinée, mais si tu préfères, tu peux prendre l'autre.
-Non, répondit Lydia en posant son sac à terre, celui-là est très bien. Et pour confirmer ce choix, elle fit jouer les ressorts avec sa main, d'un air satisfait.
-Dans ce cas je te laisser t'installer tranquillement, dit Roxane, un peu embarrassée, si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas, je suis là.
Soulagée, elle sortit de la chambre. Lydia savait ce qu'elle ressentait. Elle fesait cette sensation à tous ceux qui lui adressaient la parole depuis cet événement tragique. Ils étaient mal à l'aise et n'avaient qu'une envie, fuir. Lydia ne leur en voulait pas, elle n'avait ni le temps ni le courage. Elle souhaitait être transparente et déranger le moins possible. Non par gentillesse ou courtoisie mais juste parce qu'elle n'en pouvait plus de leurs manières gênées ou artificielles, elle voulait seulement passer inaperçue, ne pas se faire remarquer, se faire oublier, les faire oublier : elle et sa détresse.
Elle promena son regard dans sa nouvelle chambre, sobre mais plutôt confortable, puis se dirigea vers le miroir afin de pouvoir s'observer de plus près. Lydia était petite, plus petite que la plupart des filles de 17 ans. Mais elle était si fine, d'une constitution si fragile avec ses os saillants, pointus, effilés qu'elle semblait presque menue. Ses cheveux blond virant a la lumière, mi-longs et légèrement bouclés encadraient son visage, et sa peau très pâle contrastait avec ses yeux bleu océan, cernés de vert, grands, profonds et qui, en ces jours éprouvants, semblaient s'être enfoncés et agrandis davantage. L'ensemble de son allure dégageait un charme un peu désuet, irrésistible, évident mais si on le lui avait dit, Lydia ne l'aurait pas cru.
Pour le moment, elle décida qu'elle était.. pas très présentable et qu'après une bonne douche, elle pourrait rejoindre ce qui était à présent sa seule famille, pour le dîner.
Elle respira profondément pour rassembler ses forces et se dirigea vers la salle de bains.
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passé troublant
Novela JuvenilLydia étant une adolescente sérieuse, a subit un terrible traumatisme qui devient plus dur chaque jours qui passe. Sa survie passerait-elle par l'amour? Par un amour auquel personne ne pourrait y croire?
