Un piège

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Sa main se serrait autour de mon bras, son visage était à quelques centimètres du mien. Ses yeux étaient emplis de haine et les miens laissaient couler les larmes, c'était pathétique. Encore une fois c'était la même chose, c'était pathétique. Je savais que j'aurais dû mettre fin à tout ça il y a bien longtemps, mais je n'y arrivais pas. Jamais longtemps en tout cas, je finissais toujours par revenir vers lui, les yeux naïfs. Je ne savais même plus pourquoi ça avait commencé cette fois-ci, peut-être avais-je envoyé un message à un garçon, ou peut-être que je lui avais juste fait un reproche ; tout ce que je savais c'était que j'étais toujours celle qui finissais par regretter et par pleurer. Rien de tout ça n'était normal, je le savais. J'avais passé mon enfance à voir mon père agir comme ça avec ma mère, l'ignorant au quotidien et dépassant les limites chaque fois qu'elle ne supportait plus la situation et qu'elle commençait à hurler.

« Putain mais lâche-moi ! Tu te rends compte de ce que tu fais là ? » hurlais-je en pleurant.

Les yeux entourés de mascara, la voix complètement éraillée mon dieu que j'avais l'air ridicule. Je me serais sûrement frappée si je m'étais vue moi-même.

« Ta gueule ! T'as vu comment tu me parles depuis tout à l'heure ?! » il hurlait en retour.

Ou alors c'était la fois d'avant, je ne sais plus. Quelque chose dans le genre. Dans ces moments-là, tout ce que je voulais c'était partir, partir loin de lui et de cette emprise bizarre qu'il avait sur moi. Je le poussais, je frappais son torse de mes pieds pour me libérer ; je commençais sérieusement à avoir mal au bras, et sa tête qui cognait la mienne tellement il était près était très désagréable. Mais il s'énervait encore plus, et je le savais, mais je ne savais pas quoi faire d'autre. Je l'aimais. Mais j'avais peur, j'avais mal et surtout j'étais faible.

Je ne peux vous dire à quel moment de notre relation exactement, mais j'ai supporté beaucoup de choses venant de ce garçon, ce garçon dont je suis tombée amoureuse à 15 ans et que j'ai aimé pendant 3 ans. Comme toutes les histoires d'amour, ça a commencé par une idylle, la sensation que j'avais trouvé « l'Amour avec un grand A », mais le plus haut tu voles, le plus dur est la chute. Il a fait une erreur, j'ai pleuré puis pardonné. Jusqu'à ce que ça devienne une habitude, jusqu'à ce que je devienne une faiblesse vivante et que je laisse tout passer. Il commençait à s'énerver, puis à être violent et je pleurais tout mon cœur de peur et de désespoir. Je ne faisais que me demander pourquoi c'était comme ça, mais je ne pouvais rien y faire. Puis il se calmait, il regrettait je le voyais dans ses yeux, il ne voulait pas. Alors je pardonnais. Puis 1 an, 2 ans, et il était devenu trop tard pour ne plus pardonner, trop tard pour mettre une fin à ce poids constant dans ma poitrine dans ma vie de tous les jours. A cette peur lorsque je parlais à un garçon au lycée, car il allait le savoir et m'insulter pour ça ou lorsque je recevais un message, car il était toujours le premier à prendre mon téléphone.

Rien n'était normal. Je le savais, tout comme je savais que je ne pouvais m'en échapper. J'étais dans un piège, un piège où j'avais foncée tête baissée il y a 3 ans et dont je ne désirais plus que sortir. Je m'étais jurée de ne pas finir comme ma mère.

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⏰ Last updated: Mar 18, 2018 ⏰

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