Chapitre 1 : Min YoonGi
Mes yeux s'ouvrirent en grand dès la première sonnerie stridente de mon réveille-matin. Sept heures, l'heure pour moi de me lever. Je m'assoie en tailleur dans mon lit et laisse mon esprit vagabonder. Je n'ai pas grand-chose à faire aujourd'hui... Seulement quelques photos à retoucher et ensuite, je pourrais m'occuper de la maquette de ce mois-ci.
J'adorai mon métier ; je suis photographe pour un des plus grands journaux de Daegu. Cette ville regorge de beauté, de secrets... et mon travail, c'est de les dégoter et de les immortaliser.
Je me lève de mon lit, un sourire naturel sur mes fines lèvres. Je passe ma langue sur ces dernière et une grimace m'échappe : elles sont gercées. Avec ce froid de début d'hiver, c'est normal me direz-vous, mais je déteste ça.
Je me dirige vers la salle de bain de mon petit appartement et, une fois dans la douche, je laisse l'eau chaude couler sur ma peau mise à nue. Je frissonne puis étends l'eau : pas besoin de m'éterniser.
Je m'habille rapidement, enfilant le premier tee-shirt de ma pile (qui s'avèrent en être un tout simple, blanc), un pantalon en jean troué, puis j'attrape ma large veste en cuir et mon écharpe grise. Je chausse mes doc's noires et je jette un coup d'œil furtif dans le miroir qui orne la porte de mon placard. Je fronce les sourcils. Il manque quelque chose pour rendre ce look parfait...
Je me dépêche d'aller dans ma salle de bain, attache un de mes ras de cou autour de mon cou fin et retourne me regarder dans la glace. Parfait : le fin bandeau de cuir noir fait ressortir la pâleur extrême de mon teint et le petit diamant accroché à celui-ci lance de magnifiques reflets verts, qui rappellent la couleur menthe de mes cheveux teintés.
Je pris mon East pack et le mis délicatement sur mes épaules. Il serait préférable de ne pas casser mon appareil et tout mon matériel.
Je descendis les deux étages de mon immeuble à pieds et sortis dans le froid hivernal. J'observai Daegu de nuit avec mes petits yeux noirs émerveillés. Je dois connaitre ce paysage par cœur... Voilà déjà vingt-quatre ans que je le vois tous les matins mais je pense que je ne m'en lasserais jamais vraiment. Le soleil se levant, le ciel prenait une douce teinte orangé et les immeubles de la ville encore endormie contrastaient parfaitement ce décor presque féerique. Je me retins de sortir mon appareil et de photographier encore une fois ce paysage.
A la place, je me mis en marche, rejoignant mon café en moins de dix minutes. Enfin... pas tout à fait « mon » café, mais j'y allais tous les matins depuis cinq ans déjà, alors bon, c'est tout comme.
Etant rapidement arrivé devant le café, je pousse délicatement la porte, veillant à bien entendre le bruit de la petite clochette.
Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais le fait que cette cloche annonce mon arrivée tous les matins, me procure une sensation plaisante, comme si elle ne sonnait que pour moi. Je ne suis pas dupe, je sais bien qu'elle tinte dès que quelqu'un l'effleure, mais j'ai la certitude que pour chaque personne, elle émet un son différent.
Pour moi en tous cas, elle sonne brièvement, laissant le léger tintement se perdre dans l'odeur de café qui règne à l'intérieur de ces lieux.
La femme d'âge mûr qui tient la caisse, derrière le comptoir, depuis des années (la femme du patron je crois bien), me salue d'un petit signe de la main et son mari, derrière le comptoir également, me salue d'un chaleureux sourire. Je vais m'asseoir au fond de la salle, à mon habituelle table reculée, quand soudain, mon regard est attiré par un morceau de papier, qui a soigneusement était plié en quatre et posé sur ma table.
Il a forcément était mis la par choix, de sorte à ce que je ne puisse pas le louper : il est beaucoup trop bien plié et mit en évidence pour qu'il s'agisse d'un accident ou d'un hasard.
Je le prends en main et le regarde, interloqué. Que faire ? L'ouvrir ? Et s'il ne m'était pas destiné ? Je commençais à paniquer alors je me ressaisis rapidement : bien sûr qu'il était pour moi, je m'assaillais à cette table depuis le premier jour, mais alors... Qui ?
« Bon ! Et si tu arrêtais un peu de te poser autant de question et que tu l'ouvrais ce papier tête de flanc ?! » Me dis-je à moi-même.
Je dépliai doucement la fine feuille de papier et mes yeux se posèrent sur la délicate et gracieuse écriture qui l'ornait :
« Bonjour, je suis Park JiMin.
Cela fait trois ans que je travaille dans ce café et j'aimerais beaucoup faire votre connaissance en dehors de mes heures de travail...
Pourrions-nous nous retrouver dans un endroit plus... intime, que ce café pour ceci ?
Demain soir, au Parc Durgu, à dix-huit heures, si vous êtes intéressé par ma demande ou simplement si vous voulez savoir qui je suis. Alors à demain j'espère ! »
Quand j'eus fini ma lecture quelque peu surnaturelle, je relevai les yeux du morceau de papier blanc. Le patron leva les sourcils, m'interrogeant ainsi du regard, mais je haussai les épaules pour toute réponse, lui montrant que je n'en savais guère plus que lui.
Je baissai à nouveau les yeux et m'interrogea intérieurement. « JiMin... C'est un prénom mixte ça ! Quelle poisse... »
Soudain, une voix douce et joviale me sortit de mes pensées. Je relevai les yeux vers le serveur et il m'adressa un sourire angélique. « Wow... il est nouveau lui ? » Ah mais... Non, pas du tout ! C'est mon serveur habituel, mais il s'est teins les cheveux en un orange pétard. Ça lui va plutôt bien.
Je dois faire une tête quelque peu étrange, car le jeune homme éclate d'un rire franc et enfantin.
« -Bonjour ! Je vous sers comme d'habitude ? »
Je hochai la tête, perdu dans mes pensées...
Cet employé me servait depuis combien de temps déjà, deux, trois ans ? Etait-ce lui l'auteur de cet étrange mot ? Aucune idée... Je préférai garder le silence et attendre demain soir pour le découvrir. En tous cas, si c'était lui... je ne serai pas déçu.
Il me lança un petit sourire en coin, et avec sa chemise blanche, sa cravate noir et son slim noir, je ne pus m'empêché de le trouver sexy.
Il devait être plus jeune que moi, d'après le son de sa voix.
Son visage était enfantin et il avait une paire de joue à croquer, mais le reste de son corps était musclé, et affreusement bandant. Je me mordis la lèvre inférieur jusqu'au sang pour détourner mon attention de lui.
Quand il se retourna pour aller chercher mon café au comptoir, mes yeux d'ordinaires pas trop baladeurs, s'attardèrent sur la courbe au bas de son dos. Elles étaient fermes, et rebondies à souhait. Ses cuisses quant à elles étaient musclées et l'on pouvait facilement deviner qu'il faisait beaucoup de sport.
Je détournai vite les yeux, de peur que lui (ou quelqu'un d'autre d'ailleurs) ne surprenne mon regard, et également d'être aussi rouge qu'une pivoine à son retour.
