On était des casse-cous. On aimait se balader un peu partout, découvrir des endroits tranquilles paumés au milieu de nulle part, discuter et rigoler. Elle était mignonne. C'était facile pour moi de me perdre dans ses yeux et sa bouille d'ado rebelle, pour me laisser aller à des moments magiques comme ça, en pleine nature, en urbex, sur un toit...
Elle voyait bien ma facilité à être avec elle, et ça lui plaisait. Elle aussi se laissait aller sourire plus naturellement, ce qui me faisait fondre.
Je me suis peu à peu rendue compte que j'étais amoureuse.
Je me suis demandé comment j'allais m'y prendre pour lui dire, surtout que je ne connaissais absolument pas ses orientations romantique et sexuelle. J'ai finalement décidé d'y aller aussi naturellement que pour le reste.
J'avais proposé de nous balader en forêt, et elle avait répondu avec joie, comme d'habitude. Mon cœur avait manqué un gros battement devant mon portable, et il m'avait fallu du temps pour me rappeler comment on respirait. Idiot, je sais, mais c'est ce jour-là que j'allais me déclarer, en plus de faire mon premier coming-out. Je fonçais droit dans l'inconnu, incapable de prédire aucune réaction.
On s'était rejointes à l'orée de la forêt, sous les feuilles des arbres d'où émanait une belle lueur verte et dorée. Ses cheveux étaient magnifiques sous cette lumière.
On a commencé à marcher en discutant de tout et de rien, en s'envoyant des piques, en rigolant. Et si je gâchais notre amitié en me déclarant ? Trop tard, j'avais déjà pris ma décision, je ne devais pas revenir en arrière.
Après avoir marché et fait à peu près n'importe quoi pendant une bonne heure, on a décidé de se poser et on a quitté notre petit chemin tout tracé pour s'enfoncer dans l'inconnu de la forêt.
On s'est posées sur un tas de pierres et on s'est tues, regardant dans la même direction. De là où elle était, je ne pouvais pas la voir, alors j'ai décidé d'y aller.
Il y a eu un nouveau silence, avant que je ne l'entende bouger pour s'asseoir à côté de moi. Sans prévenir, elle me serra dans ses bras, tête contre mon torse de sorte à ce que je ne vois pas son visage. Le silence se réinstalla.
- Tu es ma meilleure amie, mais désolée, j'aime les garçons...
Il y eut un nouveau silence, et je sentis un larme rouler sur ma joue.
Plus tard dans la ballade qui était devenue sacrément tendue, elle m'a dit qu'elle allait bientôt déménager. Elle ne m'a pas dit que c'était le lendemain.
Elle ne m'a plus recontactée. Pourtant, je l'aimais vraiment.
