Il marchait avec entrain dans les couloirs vides. Il était heureux, après tout il traversait une partie du site dont il ne connaissait pas les odeurs, guidé par quatre agents. Il écoutait les grésillements de leurs radios, ne comprenait pas les ordres retransmis mais cela ne le dérangeait pas, il entendait enfin des voix et il était entouré d'humains ne le craignant pas, ou du moins n'essayant pas de le tuer. Le groupe tourna à l'angle d'un couloir et s'avança vers une grande double porte. Les deux agents devant lui s'arrêtèrent et celui à sa droite passa sa carte d'accès dans le lecteur adjacent à la porte. Tous deux s'écartèrent, encadrant l'ouverture. Son regard passa des hommes à l'intérieur de cette pièce inconnue, hésitant.
"- Vas-y, l'encouragea l'un des agents à ses côtés, tu ne risques rien là-dedans."
Il se tourna vers lui puis vers la salle. Il inspira une grande bouffée d'air conditionné puis la souffla par ses naseaux avant de passer la porte. La salle dans laquelle il entra était très grande, bien plus que n'importe quelle salle de test qu'il avait visité auparavant. Il s'approcha d'une grande table en métal avec de chaque côté deux "tables" plus fines et moins hautes. Cette pièce en était remplie. Il baissa la tête et sentit le dessus de l'objet. L'odeur du pain, de l'eau et de divers autres aliments vinrent lui chatouiller les naseaux. Il se baissa vers l'une des petites tables entourant l'objet et reconnu immédiatement l'odeur des agents. Il devait bien se l'avouer, il ne comprenait rien à ce qu'il se passait. Pourquoi l'avait-on emmené dans cet endroit alors que c'était un lieu de vie pour les humains ? Il risquait de contaminer la pièce et, de ce fait, de tuer des membres du personnel. Cette pensée l'attrista et il se mit à pleurer, produisant les mêmes couinements qu'un chien, la tête basse.
Cependant, ses pleurs s'arrêtèrent après quelques secondes lorsqu'il entendit le bruit caractéristique d'une porte que l'on referme. Il se tourna et se propulsa jusqu'à l'entrée au moment même où les battants claquèrent. Il avait à peine eu le temps de voir les regards désolés des agents, derrière les visières de leurs casques. Il se dressa sur ses postérieurs, prenant appui sur sa queue pour avoir un meilleur équilibre, et de ses antérieurs gratta les battants. Il pleurait, appelait ces quatre hommes.
"Qu'est-ce qu'il se passe, criait-il, pourquoi m'enfermez-vous? Je vous en supplie sortez-moi de là !"
Il continua ainsi pendant une vingtaine de minutes avant de se laisser retomber sur ses antérieurs, couinant encore légèrement. Il n'y comprenait rien. Qu'elle était cette expérience ? Quoiqu'il en soit, il devait trouver un moyen de sortir. Il releva la tête et recula pour avoir une vue d'ensemble de la pièce. Lorsque sa croupe toucha le mur du fond, il se redressa sur ses postérieurs et observa. Son regard se posa en premier lieu sur l'entré qu'il avait emprunté. Ses longues griffes avaient laissé de nombreuses entailles et rayures dans le métal de la porte. En étudiant le pourtour de l'issue, il remarqua un étrange morceau de fer foncé sur le mur, à gauche des battants. Il s'en approcha et posa délicatement son museau dessus. Étrange ce métal, il n'était pas froid. Malgré le risque que cette chose soit dangereuse, il ne put résister à l'envie d'appuyer, ce qu'il fit.
Il sursauta si fort qu'il recula d'un bond jusqu'aux tables qu'il avait inspecté plus tôt, le bruit des portes s'ouvrant et se refermant instantanément l'ayant pris au dépourvu. Il se rapprocha du bouton, sur ses gardes, en ne quittant plus l'entrée des yeux. Il répéta la même opération que précédemment et, lorsque les battants bougèrent, il se redressa. Ce morceau de "métal" servait donc à ouvrir les portes. Il se réjouissait d'avoir compris comment fonctionnait un objet qu'avait créé les humains. Il produisit un gloussement pour le moins ... étrange et fit vibrer ses écailles, créant de ce fait un air apaisant, s'apparentant au son d'un bâton de pluie.
Il se détourna de l'entrée et observa de nouveaux sa "prison" . Il remarqua une deuxième porte en tout points identique à celle qu'il venait d'inspecter, avec le même bouton à gauche de l'issue. Il remonta l'allée centrale et appuya dessus. Même réaction, évidemment. Il ne s'attarda pas plus là-dessus et inspecta le reste de la pièce. Son regard fut attiré par un grand arbre vert à aiguilles, semblable à un sapin. Cela l'étonnait car il n'avait pas senti son odeur en entrant. Cet arbre était couvert de boules colorées et de bandes à franges unicolores, l'entourant tel des boas étouffant leur proies. Il marcha jusqu'à cet "arbre", si on pouvait encore l'appeler par ce nom, en prenant garde à ne pas déranger ou renverser de table. Une fois au pied du sapin, il le sentit mais ne reconnue pas l'odeur caractéristique de la sève et des aiguilles. Il devait l'avouer, il comprenait de moins en moins. Que faisait cette chose ressemblant à un arbre, mais sans l'odeur, dans cette pièce ? Il ne voyait pas à quoi cela pouvait bien servir et quelle était l'utilité de ces objets accrochés aux branches. Il s'allongea, désemparé. Tout ceci n'avait aucun sens, tout comme cette expérience.
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Addendum 12-24-20██
General FictionSuite à un débat, entre SCP-███ et les membres du personnel présents à ce moment, concernant les capacités de réflexion des instances de SCP-939, le conseil des O5 à décidé d'autoriser l'expérience 939-4-1 visant à trancher si oui ou non "ces lézard...
