Je regarde le paysage défiler dans la vitre de l'autobus qui me transporte en direction de Val-Bélair. L'air est si froid que je peux moi-même voir l'air que je dégage lorsque je respire. Mon reflet me fait face dans la fenêtre par laquelle je regarde la neige. Un petit visage simple, presque enfantin, de jolis grands yeux bruns pleins d'innocence et de malice, des lèvres pulpeuses et de longs cils noirs. Un vrai visage de poupée.
L'autobus s'arrête soudainement et je regarde l'adresse affichée sur le panneau électronique placé à l'avant; Val-Bélair. Je suis enfin arrivée! Je prends mon sac à dos, me lève puis je descend mais je ne pouvais pas prévoir ce qui allait se passer par la suite car j'avais l'esprit ailleurs. Dès que je pose mon pied sur la fine couche de glace qui recouvre le trottoir, mon pied part par en avant et je me retrouve assise sur les fesses, sur l'eau gelée. Aïe, ça fait mal! Je me relève comme si de rien n'était, c'est pas déjà le temps de me ridiculiser à peine arrivée.
Je regarde distrètement autour de moi, essayant de me situer quelque part dans cette petite municipalité. Pas moyen de lire ce qui est écrit sur les pancartes de rues, mais ma myopie m'en empêche. Je sors alors mon cellulaire et j'utilise Google Maps pour savoir où je suis par rapport à la maison de la personne qui va m'héberger. Je tape l'adresse de mon receveur et je marche jusqu'à sa maison. Merde! C'est à 32 minutes de marche, je vais mourir à cette température.
Je commence ma marche en longeant le boulevard Pie-XI, en constante utilisation. Mains dans les poches et visage plongé dans mon manteau, je marche à petits pas faisant bien attention de ne pas retomber en glissant sur les miroirs naturels. Je suis complètement frigorifiée, je n'en peux plus de marcher et on dirait que le restaurant à ma droite ne demande que ma présence. Je suis déjà parano après seulement 10 minutes ici.
Je me dirrige vers le restaurant en question nommé "Patate plus" et je rentre. Oh mon dieu! Je me ressens revivre dans ce petit resto où la chaleur et l'odeur de la poutine est abondante! Je vais au comptoir et regarde l'énorme menu affiché; poutine, pain à la viande, hot dog, hamburger et j'en passe. Je me commande un hot dog, je paie puis je vais m'assoir à une table en attendant que ma commande soit prête. Je regarde l'extérieur gelé, au travers des grandes fenêtres. Un groupe de jeunes fument sans s'arrêter des cigarettes, des joints et ils vapotent. Le gros nuage de fumé m'attire soudainement, m'incitant à aller fumer un joint avec eux, mais je résiste. Je préfère mon hot dog qu'à un tueur de cerveau. Je suis tellement plongée dans mes pensées les plus intimes(qui ne parlent pas de sexe), que je n'entend pas la serveuse au comptoir qui crit comme une malade le numéro de ma commande. Tirer de ma transe par un gentil homme qui m'ammène ma commande parce qu'il savait que c'était à moi, je reviens à la réalité.
Je mange mon hot dog rapidement, j'étais tellement affamé que j'aurais pu manger comme un ogre! Mon repas de 15h terminé, je vais jeter les papiers qui avaient recouvert mon bon fast food et je sors dehors. Les fumeurs ont disparu mais l'épaisse fumée planant dans le ciel témoigne toujours de leurs passages. Je comprend maintenant pourquoi la couche d'ozone se dégrade aussi rapidement, c'est de la faute des fumeurs et de leurs gros nuages!
Je ris à voix haute à ma propre blague, m'attirant ainsi le regard d'un vieillard qui passait tranquillement.
-Quoi? Ça vous gêne les sociopathe? dis-je fort pour qu'il m'entende.
Il reste muet, se retourne et reprend sa marche. Pfff, que des tordus à Val-B. Je reprends moi aussi ma marche, en quête de la maison de mon ami. Je marche pendant une bonne vingtaine de minutes avant d'arriver devant un jumelé bleu sur une petite rue que je pourrais traiter d'abandonnée. Je souffle un coup, je tiens mon sac bien fort et j'avance jusqu'à ce que je me retrouve nez à nez avec la porte. Je cogne, sûr de moi à la porte, et un homme, sans dents, oui je vous jure qu'il n'avait aucune dents, m'ouvre la porte, une cigarette à la main.
-Qu'est-ce que tu veux? dit-il
Je cherche mes mots, je ne m'attendais pas du tout à un accueil digne de... de ça. Je me reprend rapidement pour ne pas me ridiculiser avec mon visage plein de béhatitude.
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Forever alone? Right
Teen FictionSeule, terriblement seule. Je plonge sans m'arrêter dans mes péchés. La dépréssion ou la bipolarité? J'en ai aucune idées mais ils sont mes meilleurs amis... À moins que...
