Prologue

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— Debout Alice ! Il est déjà 6h30 ! entendis-je crier.

Chaque matin, c'était la même chose. La voix insistante de Chela qui me secouait, me suppliant de me réveiller.

— Laisse-moi dormir. Il est encore tôt, grognai-je en me retournant de l'autre côté du lit.

Si j'étais à sa place, je serais fatiguée de faire tout le temps la même chose. C'est-à-dire, réveiller le matin sa meilleure amie profondément endormie pour qu'elle ne soit pas en retard. Elle veillait tout le temps à ce que je fasse tout de manière correcte. Je devais être ponctuelle, elle voulait que je me comporte bien. Elle me rappelait toujours ce que je devais ou ne devais pas faire. Je la voyais comme Jiminy Cricket version féminine.

— Alice ! s'impatienta-t-elle.

D'un geste brusque, j'envoyai ma couverture au sol. Qu'est-ce qu'elle pouvait être agaçante certaines fois ! Comme d'habitude, elle portait déjà l'uniforme du pensionnat qui lui donnait l'allure d'une petite fille modèle. Les mains aux hanches, elle me regardait sévèrement.

— Hâte-toi !

— C'est ce que je fais non ? trainai-je des pieds jusqu'à la salle de bain qui jouxtait notre chambre.

— Tu dessinais encore, n'est-ce pas ? me lança-t-elle depuis l'autre pièce.

Je ne répondis pas, trop occupée à me laver les dents. Je savais déjà ce qu'elle allait me dire. Je devais plutôt passer mes nuits dans les livres. Il m'arrivait de me questionner si ce n'étaient pas mes parents qui lui demandaient d'être tout le temps sur mon dos. J'avais toujours fait l'effort d'avoir une moyenne convenable, mais ils n'étaient jamais satisfaits. J'étais plus dévouée à la peinture car c'était le seul domaine dans lequel j'excellais. J'aimais beaucoup peindre. J'avais développé mon amour pour cet art à l'âge de 5 ans et je voulais y faire carrière alors que mes parents voulaient que je devienne médecin. Ils étaient persuadés qu'un jour cela allait me passer et je ferais le « bon » choix. Ils n'avaient même pas tenu compte de ma passion et de mon talent. Quand je peignais, je me sentais libre, c'était ce qui me permettait de m'évader et d'être en paix avec moi-même.

Comme je ne pouvais plus m'adonner à la peinture, je dessinais dans des calepins que j'achetais durant les vacances. Rien que pour oublier que j'étais devenue une prisonnière.

— Alice, elle va nous punir cette fois, c'est sûr, se lamenta-t-elle.

Je roulai des yeux en enfilant mon autre soulier. Toutes les filles du Pensionnat Claire-Heureuse faisaient attention à une chose le matin : être prêtes avant 7h. À cette heure on prenait le déjeuner avec la directrice, madame Jacques. Une personne que je n'arrivais pas et sans doute n'arriverais jamais à discerner. C'était la personne la plus calme que je connaissais. Cette femme ne riait jamais, ne se mettait jamais en colère - pas en notre présence -, elle était très stricte concernant la discipline et par dessus tout la ponctualité. Mon amie vouait une grande admiration et un grand respect envers elle. Elle faisait tout pour lui plaire.

— Je ne comprends pas pourquoi tu m'attends toujours, soupirai-je en prenant la direction de la sortie derrière elle.

— Parce qu'on ne doit pas se rendre au déjeuner séparément. C'est écrit dans le règlement.

Ce carnet ou plutôt ce dictionnaire qui avait été rédigé bien avant notre naissance ? Non. Je connaissais quelques règles grâce aux élèves. Malgré mon effort - négligé - nous étions arrivées des minutes après l'heure limite.

— Mesdemoiselles, vous êtes encore en retard, nous dit-elle à notre arrivée sans décoller les yeux de l'horloge.

Chela baissa la tête comme une enfant venant de décevoir ses parents. Elle n'allait rien dire. Comme toujours, c'était à moi de prendre la parole.

— Nous sommes désolées Madame, bafouillai-je.

— Pour l'amour de Dieu mademoiselle, articulez.

— Nous ne recommencerons plus, répétai-je sans même être sûre de ce que je disais.

— Veuillez prendre place avant que tout cela ne refroidisse. Vous devez faire des efforts.

Elle n'avait dit que cela en me fixant droit dans les yeux. Même si les autres ne le disaient pas, je savais que c'était à cause d'elle qu'on ne recevait pas des punitions à chaque retard. Notre directrice favorisait Chela. Si elle me sanctionnait, elle serait obligée de faire autant avec mon amie.

Mon amitié avec Chela étonnait toujours les autres. Une fille très gentille, calme, brillante. L'opposée de moi. Comme quoi, la phrase « qui se ressemble s'assemble » ne s'applique pas dans tous les cas. Nous étions devenues amies depuis le jour où nous partagions la même chambre. Mon ancienne colocataire n'était pas sympathique, on ne s'entendait pas, on se chamaillait très souvent. De plus, elle était d'une insupportabilité sans égale.

Auparavant, je n'étais pas dans ce pensionnat. J'avais été renvoyée de mon ancienne école pour manque de respect envers un professeur. Il avait dit que je n'étais qu'une moins que rien, mes parents ne faisaient que jeter l'argent par la fenêtre en m'envoyant à l'école. Je reconnaissais que je n'étais pas la plus douée de la classe mais il n'avait pas le droit de me dire toutes ces choses. Donc, je l'avais en quelque sorte remis à sa place. Mes parents avaient été scandalisés par les propos que j'avais reçus. Alors, le directeur avait préféré perdre un élève « médiocre » plutôt que donner tort à un professeur « compétent ». De toute façon, mon renvoi était imminent vu mon quota d'avertissement de l'année. Ce n'était pas la première fois qu'on convoquait mes parents.

~ ~ ~

NDA:

Bonjour/bonsoir.

Tout d'abord, je tiens à vous remercier d'avoir cliqué sur cette histoire.

Alors, que pensez-vous de ce prologue ?
Ça vous tente de passer au premier chapitre ?

N'hésitez pas à me donner vos avis en commentaire et à me signaler des fautes ( grammaticales et/ou orthographiques ), des omissions, des mots mal utilisés ou encore des phrases mal tournées.

N.B. Je ne suis pas parfaite, vous pouvez m'aider à porter des améliorations.

Si vous décidez de continuer, j'ai seulement à vous souhaiter une bonne lecture. J'espère que cette histoire saura vous plaire.

Bonne journée/bonne soirée.

~ Une auteure en herbe ~

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