Mémoires

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Persécution.

Oppression.


Mots dont les humains sont avares et qui pourtant caractérisent parfaitement le monde hostile dans lequel nous vivons.

Aujourd'hui j'écris mon livre.

Pourquoi le fais-je alors que je pourrai en finir maintenant me direz vous ?

Peut être parce que, secrètement j'espère que quelqu'un, un jour,ouvrira ce livre et découvrira mon histoire.

Cette espérance, vous la connaissez tous, ces choses inavouables que votresubconscient vous dicte et qu'il vous oblige à faire, contre votregré, voilà ce qu'est cette espérance.

Comme le fait de donner votre plus beau poème à la personne que vous aimez sans vous préoccuper des répercussions que cela peut engendrer.

L'envie d'écrire est plus forte que le rejet que j'ai pour cette feuille et ce stylo.

Je regarde autour de moi : posés sur les vieilles étagères de bois rongées par les ans, des dizaines de livres, mémoires de meslointains ancêtres.

Pratique héréditaire depuis peu jugée « vieillotte », donc plus perpétrée.

L'antique stéréo, trônant sur une table poussiéreuse, fredonne une douce musique qui me donne envie de m'abandonner à mes songeries, me glissant sur le canapé éventré pour pouvoir partir vers un monde sans retour.

Mais,refluant ma vague de nonchalance en prenant mon stylo, je commence à écrire, l'air déterminé.


C'est à ce moment là que Jacob Laustry commença à écrire ses mémoires, jetant un dernier coup d'œil au tabouret rose pale et à la corde se balançant juste au dessus.





Chapitre 1


J'étais alors âgé de treize ans lorsque tout a commencé.

L'incident s'est déroulé lors d'une de mes insomnies régulières.

Alors que j'étais entrain de fixer le plafond comme si j'y cherchais la plus belle chose au monde, j'entendis plusieurs bruits, chacun violent à en faire sursauter les sourds.

Deux voix inconnues discutaient dans le salon.

Sortant de ma contemplation rêveuse, je m'extirpais de mon lit pour atterrir sur le parquet crissant.

Un grand « Crac » se fit entendre, si bien que les personnesqui conversaient dans le séjour se turent et partirent avec fracas.

Tout en me questionnant sur l'étrange intrusion de ces deux messieurs(car oui, c'était des hommes), je marchais d'un pas peu assuré en direction du salon.

Je me souviens de notre maison comme au premier jour : les luxueux lustres en cuivre, les beaux fauteuils de cuir, le grand buffet en ébène et l'odeur de tabac froid laissée par l'addiction de l'ancien propriétaire pour ces tubes bourrés d'horreurs malsaines que l'on appelle « cigares ».

Après nombreuses successions de « Cracs », je pénétrais timidement dans le salon.

C'est là que je les vis.

J'ai tout d'abord été frappé par l'effroi de voir deux corps meurtris baignant dans une mare de sang, tels des feuilles sur un étang.

Leurs habits parsemés de trous d'où suintait l'onctueux liquide vermeil ressemblait à des chemises de nuit.

Rouages déréglésStories to obsess over. Discover now