Je l'ai vu.
Je l'ai vu dans ses yeux.
La tristesse.
Je l'ai vu dans ses beaux yeux, cette tristesse.
Celle qui l'accable.
Celle qui l'oppresse.
Celle qui l'écrase.
Celle qui la persécute.
Celle qui la ralentit.
Celle-là même, qui la paralyse.
Il ne mérite pas, qu'elle doute.
Il ne mérite pas, qu'elle baisse les yeux.
Il ne mérite pas, qu'elle se rabaisse.
Il ne mérite pas, qu'elle pense à lui.
Mais ce qu'il ne sait pas ...
C'est que c'est une tigresse de la vie.
Une persévérante. Une combattante.
La vie ne l'épargne pas.
Pas parce qu'elle courbe le dos.
Parce c'est ainsi.
Mais ...
On en a parlé hier, allongées et prélassées sur une serviette de bain ronde.
On en a parlé hier, lorsque nous nous dorions la pilule et profitions de cet exquis instant.
Elle ne sait pas ce que veut bien vouloir signifier,
se laisser abattre.
A présent, je ne vois plus ...
Ni d'accablement, ni d'oppression, ni d'écrasement, ni de persécution, ni de ralentissement ...
Son séjour dans le coma a pris fin.
Elle s'est réveillée.
Elle s'est relevée plus forte.
Plus animale.
Sa respiration s'est rythmée.
Sa côte de bonheur brûlait.
Elle ne regarde pas derrière, le fléau de ses souvenirs.
Elle ne ressent pas le tiraillement d'un déloyal mensonge.
Elle regarde devant.
Elle regarde loin devant, telle une sportive immaculée par la sensation de sa réussite.
Audrey
