Les paradis artificiels

451 12 2
                                        

Une petite pilule, une petite ligne, une bouffée, une injection, une inspiration, une pensée, un souffle, un tourbillon, une ébullition. Un cœur en vrac d'avoir trop vécu, un corps en décomposition avancée qui attendait sa mort il y a bien longtemps. Un pauvre esprit seulement animé par des substances qui lui rappellent ce qu'il a pu ressentir, un jour, une nuit ou du moins, Au moins un instant dans son existence. Mais ça redescend, ce bonheur, ce bien-être, cette impression qu'on peut tout surmonter, ça redescend comme la fin d'une chanson, comme la fin d'une vie. Et là ça te prend à la gorge, ça te rappelle que rien n'est vrai, rien n'est construit, que tout finit toujours par s'effondrer, que plus tu vas haut plus tu tombes de haut, alors pourquoi monter? Pourquoi ne pas juste rester à terre en espérant qu'une personne de plus, une de plus qui elle, serait debout tirée par on ne sait quelles ficelles qu'on a jamais connu, nous marche dessus nous achève enfin. Nous achève enfin parce que même si on est à terre on garde cette fierté de ne pas tout stopper nous même. On grappille les moindres miettes de vie qu'on peut trouver dans les poubelles en se disant dans un soulagement que ce sera les dernières, qu'après ça tout s'arrêtera. Il n'y a rien après la mort, en tous cas je l'espère, ce serait le combat de trop, l'effort de trop, mon âme flotterai inerte, mes yeux dans le vague comme morts pour une deuxième fois dans des paradis, des paradis que j'avais pourtant tant connu lorsque l'on me considérait comme vivante.

Mon bordel de vieStories to obsess over. Discover now