Dimanche, 19:59
Il pleut.
La main posé sur ma joue, une tasse de café sur le rebord de la fenêtre, je contemplai les rues noyées sous le rideau de pluie.
Une douce odeur de terre mouillée me parvint jusqu'aux narines.
J'adore la pluie.
J'adore le doux bruit qu'elle produit quand elle tombe par terre.
Et j'aime quand le ciel est gris.
Ça me donne envie de m'emmitoufler encore plus dans mon châle.
Je soupirai et portai la tasse à mes lèvres. Je respirai la bonne odeur du café.
Je savais bien que si je m'autorisais ce petit plaisir, je ne dormirais pas de cette nuit.
Mais bon, je suis déjà atteinte d'insomnie. Ça ne changerait rien, une malheureuse tasse de café.
Je pris une gorgée un peu trop vite, et je me brûlai la langue.
Je soupirai et reposai la tasse sur le rebord de la fenêtre.
Bientôt, je me lassai de ma contemplation d'un Londres trempé, et je quittai mon observatoire.
Une lueur blafarde dansait sur les murs d'un blanc immaculé du minuscule appartement tandis que je traînais les jambes pour allumer les lumières du salon.
Je regardai le coucou accroché au mur, et fus plongée vers des souvenirs, que je chassai vite.
Je ne laisserais plus le passé revenir me hanter, et me rappeler combien j'étais meilleure autrefois.
Pourtant, c'est ce que je fais, malgré mon cerveau qui me criait de ne plus y penser, et de me relever de ma lourde chute.
Mais cette chute m'a laissée avec des plaies que je n'ai pas encore trouvé le moyen de panser.
Et chaque jour, elles font encore mal, malgré le temps qui s'est écoulé...
Pourquoi gardais-je encore ce fichu coucou ?
Je ne savais pas.
Je n'ai jamais eu le courage de l'enlever. Et peut-être je ne le ferais jamais.
Mais cela voulait dire que je ne lâchais pas mon passé, et que j'y tenais encore fermement.
Je contemplai l'objet, les bras ballants.
Et finis par le laisser où il était.
J'allumai la télévision, afin de briser le silence pesant qui régnait dans mon petit quatre-vingt mètres carrés, tandis que j'allai vers ma chambre pour apporter mes affaires scolaires, et revins m'installer sur le canapé.
Ainsi, je serais moins seule pour faire mes devoirs.
Je mis un documentaire quelconque, et me mis à rédiger ma thèse pour mon cours de littérature.
J'aurais vraiment dû commencer hier.
Mais que faire ? Je n'en avais même pas l'énergie après mon rhume d'une semaine.
D'un air absent, je remplis les quatre pages demandées par le professeur, bercée par le son assez bas de la télé.
Je me rappelait mon café, que j'avais laissé refroidir au bord de la fenêtre sans aucune raison apparente, et quittai ma place chaude pour aller le chercher.
J'avais besoin d'être lucide. Il fallait que je sois lucide.
Fait surprenant, j'arrivais à me délester quelque peu du fardeau de la peine lorsque j'étudiais.
C'était la seule chose qui pouvait attirer mon attention toute entière, mais à part ça, rien.
Et c'est dur. Je ne sais pas combien de temps cela va durer...
Je posai une main sur mon front, et constatai qu'il était brûlant.
Ma température venait de chuter ce matin, pourtant.
Je n'aurai pas dû garder la fenêtre ouverte.
Je me dirigeai vers la salle de bains, et pris le thermomètre dans l'armoire à pharmacie.
38.6 degrés...
Il ne me manquait plus que ça...
Je revins au salon après avoir apporté ma couverture de la chambre, et m'allongeai sur le canapé, regardant d'un oeil la télé, qui ne piqua point mon intérêt.
Je fermai les yeux, mon stylo toujours entre les doigts.
Je fus prise d'une énorme bouffée de fatigue, au point de ne plus avoir le pouvoir bouger la tête.
Alors je restai ainsi, jusqu'à ce que je sois prise d'un sommeil fiévreux.
Lundi, 07:06
_ Hélène...
Cette voix...
Elle n'était qu'un murmure au loin, pourtant, je la connaîtrai entre mille.
Froide, pourtant mélodieuse à mes oreilles.
Tout comme je l'aimais.
_ Hélène...
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Only You
RomanceHélène Huntingdon, étudiante âgée de 19 ans, se retrouve confrontée à un tragique événement. La mort de son petit-ami. Depuis 5 mois, elle lutte avec acharnement pour ne pas sombrer dan le désespoir et la dépression, mais rien n'y fait. Car en re...
