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Alyx n'était pas du genre à apprécier les journées comme aujourd'hui, où il faisait beau temps à un tel point que les rayons de soleil ardents réussissaient à faire brûler d'envie tous les adolescents de se rassembler autour d'un ballon de plastique sur le sable chaud de la plage la plus populaire des environs. Ce n'était définitivement pas pour lui, déjà détestait-il le genre de personnes superficielles qui pouvait s'y retrouver. Tous à se préoccuper de relations amoureuse peu fructueuses et tellement lassantes, de disputes stupides entre copains ou bien de la pression que pouvait leur infliger leurs supérieurs et du désir de liberté et d'autonomie qui s'en suivait. Rien qu'à ne penser à la façon dont pouvait vivre les jeunes de son âge, Alyx revenait à s'en questionner quant à la future génération à venir, composée de tels individus, ce qui suffisait amplement à lui faire perdre le peu d'espoir qui lui restait en l'humanité.

C'est justement en s'adonnant à ce genre de pensées que le jeune garçon à la chevelure noir charbon se dirigeait désormais dans un petit café de la région, un sac en bandoulière sur son épaule. Posant sa main sur la poignée métallique froide, il ouvrit la porte de sa destination. Aussitôt entré, une douce odeur de croissants chocolaté et de café fraîchement torréfié s'empara de ses narines ce qui déclencha un gargouillement discret de l'estomac du jeune garçon. Se dirigeant déjà vers le comptoir à commande, il fit part du thé glacé qu'il souhaitait consommer avant d'aller s'asseoir à la table la plus éloignée de l'entrée. Alyx prit alors la peine de déposer son sac sur la banquette de couleur grisâtre, pour ensuite s'asseoir à son tour. Il ébouriffa alors ses cheveux épais d'une main, puis se mit à farfouiller dans son cartable pour en sortir un cahier noir à la reliure usée, un crayon de plomb et finalement, après avoir tâtonné à maintes reprises tous les recoins de son bagage, sa fameuse gomme à effacer.

Alyx aimait le dessin, en fait cela le passionnait.

Faire danser son crayon à sa guise sur le papier d'un blanc écru, laisser les différents traits s'exprimer d'eux-mêmes afin de créer diverses formes qui elles, à leur tour, formaient des visages d'une singularité étonnante, des paysages saisissants et de nombreuses créatures hétérotrophes. L'odeur subtile du papier désormais brûlant sous l'effet du travail acharné du crayon de plomb ainsi que le doux parfum du thé glacé qui venait de lui être parvenu par l'intermédiaire de l'aimable caissière parvinrent à faire soupirer le jeune homme. Un soupir léger, comme ceux effectués par les étudiants dont l'organisme est libéré de toute pression et d'anxiété à la suite d'un examen plus facile qu'ils ne l'auraient cru.

Le jeune homme était aux anges. Dur pour lui de tenter d'expliquer à qui que ce soit ce sentiment de pure euphorie qui s'emparait de son être lorsqu'il était en mesure de pouvoir concrétiser son imagination sur une simple feuille de papier aux rayures délavées. Comme la réaction chimique produite à la suite de la chute d'une pastille dragéifiée dans un soda, une explosion dont Alyx lui-même ne saurait expliquer la nature exacte s'empara de son cœur follement emballé. Un sourire discret s'empreint alors sur les lèvres de ce dernier, tandis que la gomme et le crayon continuèrent leur valse effrénée sur la piste de danse qu'était devenue une simple page de son cahier à croquis.

Dans l'espoir de reprendre ne serait-ce qu'un peu d'énergie, le garçon sirota, par l'intermédiaire de sa paille de plastique légèrement mâchouillée, son thé citronné pour aussitôt poursuivre ses activités. Alyx était entièrement dans son élément et nul ne semblait en mesure de pouvoir l'arrêter. Le perfectionnement en lui fit en sorte que trois heures passèrent avant qu'il ne réalise qu'il était temps pour lui de rentrer, concluant ainsi son agréable moment de créativité.

O X Y G E NTempat cerita menjadi hidup. Temukan sekarang