Do

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Lilith

Ma vie me semblait pourtant parfaite. Bonne élève, une famille soudée et heureuse, des amies sur qui compter et une maison de rêve. Certaines choses ont depuis bien longtemps changées telles que la famille soudée et heureuse ainsi que les amies de confiance. J'habite désormais seule dans une immense villa moderne et avant-gardiste. Une telle bâtisse est beaucoup trop grande pour une étourdie telle que moi qui est capable de se perdre dans sa propre maison (oui ça m'ais déjà arrivée). Ma mère m'a laissé la demeure familiale en héritage avant de mourir je ne sais comment dans un accident de voiture avec mon beau-père. Mon père je ne le connais pas très bien. Je sais juste qu'il vit très loin d'ici, que visiblement il est toujours vivant sinon j'en aurais entendus parler. Il s'est séparé de ma mère lorsque j'avais tous justes cinq ans et qu'il s'est remarié l'année d'après, ma mère a pleuré pendant des jours entiers sur le carton d'invitation qu'il lui avait envoyé. Ma mère m'a toujours dit de faire attention si jamais un jour nous venions à être tout les deux séparées. Mon beau-père était lui un excellent musicien, ayant à son arc mainte cordes telles que la guitare, la harpe, le violon, le piano, le clavecin et le tuba. Il me fit mon instruction musicale et c'est avec plaisir que je pris goût à la musique et que je jouais avec lui.  Tout ici me faisait penser à eux. Les larmes me montaient encore une fois aux yeux en pensant à eux. Mon cœur s'emballe et déjà ma respiration se coupe. Comme d'habitude je commence lentement à m'étrangler tout en pleurant. Ma vue se brouille à cause des larmes et je m'effondre déjà au sol. Je vois défiler devant moi mes derniers moments avec eux, les images de la morgue où l'on m'a demandé d'identifier les corps et enfin le choix de leurs cercueils pour l'enterrement de demain. Je suis dépassée par les événements, je n'en peux plus, je suis fatiguée, et suis très cernée. Je me demande si demain j'aurais la force de marcher, de suivre le pas, de regarder les cercueils s'enfoncer dans la terre. Je repose mon front contre le marbre du salon. Inspire, expire, inspire, expire... Voilà... Je dois toujours me répéter cette phrase dans mes soit disantes crises de nerf. Selon les médecins cela pourrait être une des conséquences de mon choc émotif. Ils pensent tous que cela va me passer. Mais je ne ressens pas cela comme une crise de nerfs au contraire. C'est plus puissant et plus fort que tout çà. Ça m'emporte au dessus des nuages, me transporte et me coupe le souffle. Cette crise me prend énormément d'énergie. Comme tous les soirs depuis ces quatre derniers jours je monte me coucher dans mes appartements le cœur brisé et les yeux rouges.

C'est aujourd'hui.

Je dois me lever. Je le sais. Je suis obligée après tout. Quelque part en moi une voix me hurle de rester et de m'enfouir sous ma couette et de n'en sortir que pour de la glace, des pizzas et des sushis. Mais je sais que c'est impossible. Je donne un coup de pied dans mes couvertures et me lève. J'ouvre la porte de ma chambre et me dirige vers la cuisine pour entamer mon petit déjeuner. Je rentre dans la cuisine pour me préparer mon repas. Je me prépare mon déjeuner, composé de tartines, d'un chocolat chaud avec du sucre glace dessus (ma recette secrète) puis je me retourne vers le bar pour m'installer et déguster mon déjeuner préféré.

Je me stoppe en plein chemin. Limite si je ne suis pas à deux doigts de lâcher ma tasse et mon assiette. Devant moi se tient mon oncle David, le frère de mon père, seule personne de ma famille de ce côté-là. David est un homme célibataire de quarante ans qui vit avec son jeune fils, Killian. Il vit à deux heures de chez moi. Je ne pouvais donc pas le voir autant que je le désirais. Il me gâtait toujours à ses passages chez nous. Il ne tenait pas tant que ça à son frère et s'entendait même plutôt mal avec lui. Mon oncle est le directeur d'une grande agence de production et d'enregistrement pour jeunes talents. Il bosse énormément pour ses « graines de people » comme il me dit toujours. On pourrait penser à son physique que c'est un homme banal et sérieux. Mais pour tout ceux qui le connaissent c'est un homme au grand cœur, qui plaît apparemment aux femmes (je ne veux rien savoir de ce coté la), mais c'est aussi un énorme fêtard que l'on peut souvent voir bien allumé dès le début de soirée ce qui est toujours très drôle. Il est bien plus grand que moi, et a les cheveux poivre et sel, il est aussi le genre d'homme qui s'adapte sans problème à toutes les situations et tout les cas, toujours sur son 31. A ses côtés se trouve un jeune homme que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam, il doit certainement avoir mon âge ou un ou deux de plus que moi. Le style rebelle des films à, l'eau de rose diffusés pendant les vacances scolaires que l'on a déjà toutes regardées au moins une fois dans notre vie. Brun aux yeux bleus grisés, plutôt grand et veste en cuir. Evidemment le parfait stéréotype du rebelle. Je peux deviner d'avance qu'il a soit une moto soit une voiture de sport classe ou bien même les deux. Ils sont tous les deux assis au bar en train de boire une grande tasse tout en me regardant. Mon oncle st bien évidemment en costume tandis que l'autre porte la fameuse veste en cuir, une chemise noire et visiblement un jean noir ainsi que des chaussures de ville noires. Je m'avance vers eux, pose mon assiette et ma tasse, me retourne pour chercher le pot de nutella et un couteau. En passant devant la cafetière, je vois qu'elle est allumée. Pourquoi ne l'ai-je pas vu avant ? Je repars m'asseoir au bar et ce n'est qu'une fois assisse que je me décide à leur parler.

Classicisme romantiqueWhere stories live. Discover now