Prologue : Perte d'inspiration

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Naruto regardait fixement la toile, ses pinceaux à la main, comme si les idées allaient affluer d'un instant à l'autre. Mais rien. À la place, un grand espace blanc. D'habitude, Naruto se servait de ce qu'il ressentait pour peindre ses tableaux, mais là, rien, tout simplement. Le vide. Le néant. Ce n'était pas qu'il ne ressentait plus rien du tout, mais ses sentiments n'étaient pas assez forts. Depuis quelques temps, il était en manque de sensations.

Il ne se passait rien d'extravagant dans sa vie, les jours s'écoulaient lentement, et il peignait dans son jardin lorsque le soleil brillait dehors, ou bien dans son petit atelier les jours de pluie. Il avait bien essayé un retour aux sources et était rentré chez ses parents pendant deux semaines pour pâques, mais tout ce qu'il avait réussi à dessiner était des lapins et des œufs pour les enfants du voisinage. Konoha étant un petit village, tout le monde se connaissait bien.

Naruto y était né et y avait grandi. Bien qu'il ait toujours été de nature timide, il s'était rapidement fait de bons amis, et était resté avec eux pendant leur scolarité. Évidemment, au moment d'entrer à l'université, ils s'étaient tous séparés, Naruto étant parti étudier l'art dans une ville voisine. Les autres étaient soit restés à Konoha soit partis ailleurs pour élargir leurs horizons.

Il se souvenait que Kiba voulait devenir vétérinaire, et Naruto se demandait maintenant si son meilleur ami avait réalisé son rêve d'enfant. Tout comme Sakura voulait devenir infirmière, Ino et Hinata avaient suivies aussi. À l'époque, Naruto n'avait absolument aucune idée de ce qu'il voulait faire. Il savait juste qu'il aimait dessiner. Alors son professeur d'art l'avait recommandé à l'université de Suna, et il y avait rencontré Gaara, Sasori et Deidara, des gens vraiment charmants.

Sortant de ses pensées, il rangea son matériel, car visiblement, il ne l'utiliserait pas maintenant. Il se sentit légèrement nostalgique en repensant à la première toile qu'il avait peinte. Un cadeau pour la fête des mères. Dans le temps, il lui suffisait d'un rien pour peindre quelque chose, que ce soit bon ou mauvais. Car il avait aussi eu des hauts et des bas à l'université. Dorénavant, il ne souhaitait qu'une chose : que son inspiration revienne, peu lui importait comment !

Il se décida finalement à aller faire une petite ballade dans un parc pas très loin de chez-lui, embarqua un calepin à dessins, des crayons et des gommes, et alla simplement peindre le paysage, comme à ses débuts.

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Sasuke gardait ses doigts en suspension dans l'air, au dessus de son clavier d'ordinateur. Il fixait avec insistance la page blanche ouverte en face de lui, comme si les mots allaient s'écrire d'eux-même, ce qui, au bout de quelques longues minutes, ne se produisit pas. Il fallait s'y attendre. Après tout, à force d'écrire à peu près toujours la même chose, on finit forcément par s'en lasser, et la qualité du travail diminue grandement.

À la fin, le lecteur finit toujours par s'en apercevoir, et arrête également d'acheter vos livres. Mais Sasuke ne voulait pas que ça se produise. Il avait envie d'écrire pour lui avant tout, car une histoire qui ne plaît pas à celui qui l'écrit n'a aucune chance de plaire à autrui, mais également pour son public, qu'il avait acquit au fil des années, et qui appréciait le lire. Enfin, il supposait, puisque des gens finissaient toujours par acheter ses livres.

Mais là, non seulement il n'arrivait plus à écrire des textes suffisamment intrigants, mais il n'arrivait plus à écrire du tout ! Sa page restait indéniablement immaculée. Soupirant de dépit, il ferma son ordinateur et se dirigea vers sa cuisine pour se servir un café noir. Il sortit son portable de sa poche et vérifia ses emails. Trois nouveaux messages de Kakashi Hatake, son éditeur. Ils traitaient tous de la même information : Comment avançait son nouveau bouquin, et pour quand il pensait pouvoir le finir. Seulement, Sasuke n'en savait rien du tout. 

Il avait eu un début d'histoire en tête, mais il s'était évaporé aussi rapidement qu'il était arrivé. Et maintenant, il était réduit à un misérable prologue de moins de mille mots. Il se dit que s'il se forçait à continuer à l'écrire, les idées afflueraient d'elles-mêmes, c'est comme ça qu'il avait commencé, mais il ne savait pas où ça le mènerai, et il en avait un peu peur. Ne pas connaître la fin de sa propre histoire pouvait se révéler difficile et effrayant... Il le savait mieux que personne.

Il avait déjà eu du mal à en commencer certaines, et les faire corriger puis publier s'était avéré bien plus compliqué qu'il ne se l'était imaginé au départ. Mais au final, il avait réussi à se faire un nom parmi les écrivains les plus célèbres, notamment Jiraya, l'écrivain de romans érotiques le plus célèbre du pays; pas trop la tasse de thé de Sasuke, qui préférait l'action et les mystères aux romans d'amour niais.

Il rangea finalement son portable dans la poche arrière de son jeans, finit son café en vitesse, et prit les clés de sa voiture avant de se décider à faire un petit tour dans les environs de son quartier, juste pour y décrire les activités des passants, comme lorsqu'il s'était mis à l'écriture alors qu'il était encore tout jeune.

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⏰ Last updated: Apr 13, 2017 ⏰

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