La routine s'installe

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EMMA

Le réveil sonna dans toute ma chambre. Ce bruit incessant que je ne supportais pas. Je tournai ma tête en direction de l'écran indiquant qu'il était neuf heures du matin. Puis je la retournai dans l'autre sens, plongeant mon regard sur ma porte.


Dans quelques secondes ma mère ferait son apparition. Elle s'approcherait d'abord de moi, me caresserait tendrement la joue et éteindrait ce réveil. Elle se dirigerait ensuite vers les volets. Ouvrant d'abord mes rideaux roses poudré. 

Cette couleur que je ne supportais pas. Mais qui pourtant ornait tous les meubles de ma chambre. Une armoire rose qui faisait tout le mur. Remplie d'une quantité astronomique de vêtements. Des jupes, des robes, des chemisiers à froufrous, des gants pour être chic, des foulards en soie, tous ces vêtements que je détestais et que j'avais en masse remplissaient mon armoire.

C'était mon bureau qui faisait face à ce meuble. Un bureau rose bien évidemment. Avec une espèce de chaise de l'époque de Louis XIV retapée pour être plus design. Je haïssais cette chaise. Elle était certes confortable mais une fois assise dessus j'avais la sensation d'être enfermée, piégée. C'était l'une des rares qui n'avait pas de roulettes. Me bloquant, m'empêchant de me déplacer. Alors j'allais rarement dessus préférant largement mon bon vieux fauteuil qui roulait tellement vite que je pouvais à chaque fois dépasser mon infirmier ou gouvernant comme aimait l'appeler mon père. 


Sur ce bureau était installé mon précieux matériel de dessin. Ces crayons aux mélanges de H, de B et de chiffres. Mon cahier rempli de feuilles noircies sous les coups de ces mines de plomb. C'était l'une des rares choses à laquelle je tenais dans cette chambre à l'odeur de fleurs fraîches. Juste sur le côté de mon bureau était installée ma bibliothèque. Remplie de cette deuxième chose à laquelle je tenais. Mes livres. De toutes sortes, tous genres. Des livres d'action, d'amour... Des livres de poche et d'autres d'édition limitée. Nombreux étaient signés par l'écrivain. J'aimais les rencontrer et parler quelques instants de l'intrigue de l'histoire avec eux.


Puis au centre de cette chambre, mon lit. Des couvertures roses bien évidemment sentant le parfum frais de la lessive que j'aimais tant. Ce lit sur lequel j'étais couchée et où je ne pouvais pas bouger, bloquée par les sangles...

C'est donc quelques secondes après mon réveil que ma mère fit son apparition. Répétant la routine de chaque matin...

Flamand rose a perdu la mémoireDes histoires addictives. Découvrez maintenant