J'entamais finalement l'année de troisième. Le stress que je ressentais sans arrêt à la rentrée des classes me rattrapait. Cet événement annuel commençait avec la sonnerie incessante de mon réveil.
Comme à toutes les rentrées, je n'avais pas cette même envie que les autres : celle de recommencer une année d'école pour y retrouver tous mes amis. Pourquoi ? Tout simplement parce que je n'ai jamais vraiment eu d'amis, donc je ne peux éprouver ce sentiment de joie, d'empressement et d'excitation.
Mon réveil, que je n'avais toujours pas arrêté, me tira de mes pensées négatives. Je l'éteignis et descendis pour déguster le premier et le plus important repas de la journée. Mais je ne tardai pas à retrouver le rythme infernal du stress et de la tension. Ma mère me lança le "Bonjour ma chérie" habituel et je la serrai dans mes bras. Puis elle fila à son boulot quand je commençai à peine mon petit déjeuner, ce qui fait que je n'ai pas beaucoup de temps le matin pour la voir. Quant à mon père, lui, travaille pendant une durée interminable et quand il n'est pas là, ça ne m'étonne même plus.
Voyant l'heure passer sur l'horloge au mur de la cuisine, je me pressai. Un retard le jour de la rentrée est la dernière chose dont j'ai besoin !
Je finis par sortir de la maison et rejoins mon bus qui était à deux doigts de partir.
Je reprends cette habitude de m'asseoir au tout premier siège de façon à être la première à sortir quand le bus arrive à destination.
Le stress commence à augmenter et les battements de mon cœur aussi. Les ricanements au fond du bus me font mal à la tête et me poussent à me cacher encore plus dans le fond de mon siège.
J'arrive au collège. Ce fameux établissement dans lequel je vais passer ma dernière année. ENFIN ! Je veux vite en finir avec ce lieu où les gens sont individualistes et égoïstes, ces années de provocations, discriminations et rabaissements constants par des gamins qui n'ont pas encore mûrit. Ils grandiront, un jour, mais j'aurais tellement aimé que ça arrive au collège.
Plein de groupes de collégiens passent le portail ensemble et à côté, il y a moi qui passe également ce portail, mais toute seule... De toute façon, il faut bien que j'aille en cours si je veux réussir et sortir de cet enfer. En entrant dans le hall du bâtiment, beaucoup de personnes se pressent les uns contre les autres autour d'un tableau d'affichage pour voir dans quelle classe ils seront et surtout avec qui. Je me fraye une petite place étroite, entre deux coups de coude dans les côtes, devant le tableau d'affichage où sont les fiches des classes. J'espère avoir plus de chance cette année...
La sonnerie retentit, elle sonne le début officiel d'une horrible année. Pourquoi ? Tout simplement parce que les trois dernières étaient déjà un martyre alors pourquoi celle-ci serait différente ?
On peut déjà distinguer les différents groupes de personnes dans ce collège: il y a les intellos qui, dès qu'ils ont découvert leur classe, s'empressent de s'y rendre pour avoir la place de leur choix (sûrement tout devant), puis il y a les "populaires" qui restent encore un peu entre eux à parler avant de tranquillement marcher vers leur salle d'un air suffisant et lassé. Et enfin, il y a moi, le genre de personne qui veut se faire toute petite et simplement passer l'année le plus vite possible tel un fantôme pour éviter les soucis. C'est ça : mon objectif est de ne pas m'attirer d'ennuis et de vivre cette année tranquillement. Je rentre dans ma classe et m'assois tout au fond pour me faire la plus discrète possible, pour être comme invisible, tapis dans l'ombre. J'observe sans raison particulière chaque élève qui entre dans la classe. Pour l'instant, c'est plutôt pas mal. Lorsque je commence a me décontracter, trois filles entrent bruyamment et cherchent à se faire remarquer.
*Oh non, justement celles que je voulais éviter..., pensai-je en lâchant un soupir discret*
Ces filles sont celles que je hais le plus au monde. Ce sont surtout elles qui sont la cause de tous mes tourments. Ce genre de nana qui n'a pas d'autre chose à faire que de malmener d'autres élèves pour s'attirer les regards et gagner en popularité, quelle soit bonne ou mauvaise d'ailleurs elle s'en fout.
_ Bah alors chacha, on est encore dans la même classe ? Oh ?! Mais, dit donc, je vois aucune de tes copines. Ah mince désolé, c'est vrai tu n'en a pas, ricane-t-elle en mâchant sont chewing-gum.
Elle se met à rire et forcément, ses deux petites disciples font de même. Typique. Puis elles commencent à ressortir les mêmes abominables insultes et moqueries que l'année dernière. Je commence à m'y habituer et n'y prête pas attention, c'est sûrement le mieux à faire si je veux survivre. Heureusement, la professeur arrive dans la classe et renvoie ces trois langues de vipère à leur place. Le cour peut enfin commencer et je me renferme dans ma bulle.
*
La cloche retentit et je peux enfin sortir de cette salle qui pue les pétasses à plein nez ! Je me dirige vers le casier qui m'a été attribué. Mais au moment où j'allais l'ouvrir, les langues de vipères reviennent à la charge et me prennent mes clés. Autour, le reste des collégiens passe et discute entre eux sans vraiment remarquer ce qu'il se prépare. C'est vrai que certains n'ont pas l'air d'avoir conscience de ce qu'il peut se passer au collège si tu n'as pas d'amis pour te soutenir et te défendre. Si je fais la moindre erreur ou le moindre geste déplacé, toute l'attention sera portée sur moi et ça c'est hors de question. Je respire profondément.
*Respire et réfléchis, me dis-je*
_ Allez Monica, rends-moi mes clés, t'as quel âge sérieux.
_ Ah Charlotte ! Tu es là ? Je ne t'avais même pas remarquée, me nargua-t-elle d'une voix provocatrice.
_ Ah donc tu en es toujours là ?
_Quoi ? Je ne vois pas de quoi tu parles? S'esclaffe-t-elle d'un rire sournois.
_ Mes yeux roulèrent au ciel, aller rends-moi les clés maintenant.
_Tu parles de ces clés? Désolée mais elles sont à moi maintenant.
Elle me regarda de haut en bas avec cet air suffisant qu'elle a toujours eu. J'en ai plus qu'assez de sa présence, elle m'oppresse et m'énerve plus qu'autre chose. Je leur tourne le dos et commence à partir en me disant que je prendrai le double des clés chez moi ce soir, quand l'une des disciples de Monica me rattrape et me prend les bras violemment tandis que l'autre avançait vers moi lentement mais très sûrement. Je savais ce qu'elle allait faire : elle allait baisser mon pantalon devant tout le monde. Bien sûr que je ne veux pas et que je ne me laisserai pas faire. Mais comment...comment faire lorsqu'on se retrouve toute seule sans aide extérieure contre trois pouffiasses qui ont deux ans d'âge mental ?
Alors que je m'apprêtais a subir mon sort...
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Du haut de mes 15 ans (Terminé)
Novela JuvenilCharlotte est une jeune fille adoptée depuis ses 4 ans et elle en a 15 à présent. Elle rentre en troisième mais cette année ne sera pas différente des trois autres qu'elle a passé dans son collège. A cause du fait qu'elle n'ai pas d'amies, Charlotte...
