Nda : cette fiction a été écrite alors que je devais avoir 15 ans. J'y abordais la question de la transidentité avec beaucoup de maladresse du fait de ma méconnaissance. Je laisse cependant cette fiction en ligne car je ne pense pas qu'elle soit offensante pour autant et aussi parce que j'ai un attachement tout particulier à celle-ci. Sur ce bonne lecture.
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Hétéro ou Yuri ? Voici la question que me suis posée durant toute l'écriture de ce one-shot. Vous l'aurez compris il sera abordé la question du transgendérisme. Pas de façon dramatique.
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Je regarde mon réveil posé sur ma table de chevet. Trois heures et demie du matin. Je me lève, cette nuit non plus je ne dormirais pas apparemment. Je sors un tee-shirt et un jean. Ça devrait faire l'affaire. Je passe un coup de brosse dans mes longs cheveux noirs aux mèches roses, histoire d'avoir l'air présentable, enfile un hoodie et ma veste en jean noir. Je choppe mes écouteurs et claque la porte. Il n'y a personne chez moi et tant pis pour les voisins.
Je sors de mon immeuble. Dehors l'air est frais, on se les caille, on est encore en mars. Je mets ma capuche histoire d'avoir moins froid. De la buée sors de ma bouche à chaque expiration. Je pense aux gosses qui s'amusent, le matin avant d'aller à l'école, en expirant des grandes bouffées de buée pour imiter la fumée des cigarettes. Tiens en parlant de ça, je m'en grillerais bien une. Je sors mon paquet de tabac et je m'en roule une. Je cherche désespérément mon briquet dans mes poches avant de le trouver dans une poche de mon jean. Fait chier. J'allume ma clope et tire dessus. Je profite de l'air et du calme nocturne en recrachant des bouffées de fumée. Il n'y a personne dehors, il faut dire qu'en semaine à cette heure en plein hiver les gens n'aiment pas vraiment sortir.
J'écrase ma clope par terre et mets mes écouteurs. Un son violent en sort mais bizarrement je trouve qu'il accompagne parfaitement le calme et la fraicheur de la nuit. Je commence à marcher, là où mes pieds me guident. La chanson parle d'une rupture, d'un amour déchirant. La voix du chanteur fait palpiter mon cœur. Et pourtant je ne connais pas ce sentiment qu'il décrit si habilement.
Je continue de marcher. Je croise une bande de mecs bourrés. Même avec ma musique je les entends brailler. Ils m'énervent. Déranger le calme royal de la nuit avec leurs cris stridents, c'est insupportable. Un des gars me regarde avec insistance. Il me dégoûte. Je sens son regard qui devient vraiment trop insistant. Je lui fais un doigt. Je l'entends me traiter de salope. Je m'en fous. Je l'emmerde de toute manière.
Il doit maintenant être aux alentours de 4h du matin. J'enlève mes écouteurs. J'entends des oiseaux chanter. J'aperçois un clochard en train de dormir contre un mur, le cadavre d'une bouteille de villageoise couché juste à côté de lui. La vie est cruelle avec certains. Il ouvre un œil et me regarde. Je m'approche de lui et le salue. Je m'assois à côté de lui. Il reste silencieux. Je lui propose une clope, il ne décline pas. Ses mains tremblent il n'arrivera pas à la rouler. Je le fais pour lui. Première bouffée de tabac. Le silence demeure. Deuxième taffe. Il commence à me parler. Il me demande pourquoi quelqu'un comme moi viendrait proposer une clope à un pauvre clodo comme lui. Il me dit que si c'est de la pitié, je peux encore me casser. Je lui réponds de but en blanc que j'ai fait ça parce que j'en avais envie. Je ne ressens pas le besoin de me donner bonne conscience. C'est inutile selon moi. Je fais ce que j'ai envie de faire. Il me raconte un peu son histoire. C'était un petit employé de bureau avec quelques dettes sur le dos, rien de bien méchant. Et puis un jour il a rencontré une femme magnifique, l'amour de sa vie selon lui. Mais un jour les choses ont commencé à se gâter, sa boite a coulé, il était au chômage et sa femme l'a quitté. Ses dettes se sont empirées. Les huissiers ont saisi son appart miteux et il a commencé à devenir dépendant à l'alcool. Je vois ses yeux qui commencent à se fermer. Je lui souhaite une bonne nuit et m'en vais. Je me lève et recommence à marcher, je tourne une dernière fois la tête vers lui, il s'est endormi.
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Insomnie
Short StoryUne insomnie, un coup d'un soir, où on oublie tout. on oublie qui on est, ce que l'on fait habituellement, on oublie les paraîtres et les mensonges. Juste un moment hors du temps où on répond à l'appel de la nuit.
