Prologue- Le commencement

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La télé était depuis ce matin, constamment allumée sur les chaines d'infos. Papa et maman couraient dans toute la maison, préparant des valises à la hâte. Papa criait beaucoup, il avait l'air très énervé lorsqu'il passait devant la télé, maman pleurait en me regardant patienter devant le petit écran.
Je ne comprenais pas trop ce qu'il se passait, les infos diffusaient les mêmes images en boucle.
Des gens défilaient dans la rue, criant des insultes et lançant des pavés sur toutes les devantures de magasins. Le mot alerte était écrit en grosses lettres rouge lorsque des vidéos d'explosion étaient diffusées.
Maman coupa la télévision.
- Ma chérie, on va partir pour notre voyage, tu viens dans la voiture ? Dit-elle, tentant de cacher ses larmes.

Je savais bien que ce n'étais pas un simple voyage, papa nous attendait au volant de la voiture devant la maison.
Je m'assis à l'arrière et attachais ma ceinture, pendant que mes deux parents me regardaient, un air d'anxiété sur le visage. Papa avait le front plein de sueur, la peur qu'il ressentait faisait ressortir les rides de son front.
Le moteur vrombissait lorsqu'il accélérait, slalomant dans les rues, tentant de sortir de la ville.
- Papa ? Il me lança un regard en coin, tout en essayant de garder un oeil sur la route.
Qu'est ce qui se passe ? Pourquoi on est parti ?
Il se pencha vers maman, et lui chuchota quelques mots. Elle affichait un air de désaccord, mais soupira avant de me dire.
- Nous allons rejoindre les autres familles, les militaires ont dit à la télé qu'ils allaient créer des grands groupes pour nous protéger tu te rappelle ?
- Mais pourquoi les militaires, ils utilisaient leurs armes sur les gens ?
Mon père posa une main sur la jambe de ma mère comme pour l'inciter à se taire, puis me jeta un regard dans le rétroviseur intérieur.
- Ma puce, aujourd'hui il s'est passé quelque chose. Des personnes sont tombées malades, et elles sont devenues méchantes avec les autres. Il marqua une pose, afin que je puisse comprendre.
Les gens se sont donc fâché, et ils ont tout cassé dans la rue. Nous avons donc partir, pour que les méchants ne viennent pas nous faire de mal, tu comprends ?
Je n'avais pas vraiment compris, mais je voyais bien qu'il ne fallait pas plus en demander, je posais ma tête contre la fenêtre et fermais doucement les yeux.

Mes yeux se rouvrirent lorsque je sentis la voiture s'arrêter, la nuit venait de tomber. Nous étions sur une grande route, à l'entrée d'une ville. Il y avait devant nous des grands camions vert. Des personnes en descendaient, et l'une d'elle vint à notre rencontre.
- Bonjour monsieur, vous êtes à la frontière du périmètre de sécurité. Je vais vous demander de descendre de votre véhicule.
Papa hocha la tête, il lança un regard à maman avant de sortir. Ils marchaient tous les deux en direction d'un des camions, maman et moi les observions depuis la voiture. Après 10 bonnes minutes de discutions, ils se tournèrent vers nous, faisant signe de venir.
- Bonjour Madame, dit le petit homme à l'adresse de maman. Il se tourna à nouveau vers papa.
Nous allons bien sur procéder à un test avant de vous laisser passer, afin de contrôler si vous êtes bien sains.
Il fit quelques pas vers le camion, et demanda à l'un de ses collègue de lui passer ce qu'il appelait le scanner. L'autre homme lui tendit une sorte de pistolet sur lequel se trouvait un écran.
Il s'approcha de moi, avec sa drôle de machine.
- Ne t'inquiète pas petite, ça ne fait pas mal, tu as juste à ouvrir grand les yeux. Me dit-il avec un large sourire. J'ouvris les yeux aussi grand qu'il m'était possible, il pointa son scanner droit vers mon œil droit, et en fit jaillir une lumière verte. Un petit bip sonore se fit entendre, l'homme afficha un sourire encore plus grand que le précédent et me fit signe que tout allait bien d'un geste de la main.
Il passa ensuite papa au scanner, le même bip sonore résonna. C'était au tour de maman, elle ouvrit grand son œil d'une couleur azur envoûtante. Mais cette fois si, le scanner n'émit pas le même bruit.
- Ne vous inquiétez pas, il tombe parfois en panne, nous précisa l'homme. Il réessaya, donnant le même résultat.
Mais cette fois-ci, le sourire qu'affichait tout à l'heure le soldat avait disparu. Un air paniqué lui parcourait le visage.

- Les gars ! Elle est infectée ! Criait-il à s'en arracher la voix, s'en est une !
4 à 5 personnes habillées dans le même uniforme rappliquèrent. Mais ils restaient en retrait en voyant maman. Papa avança, afin de s'interposer entre le militaire et maman. Mais l'homme avait lâché son scanner, le remplaçant par un pistolet.
- Du calme, dit papa tout en mettant les mains en évidences face à l'autre homme. Pas de geste brusque.
- Vous avez mentis ! Vous êtes un menteur !
- La machine doit sûrement être défectueuse, c'est un mal entendu.
Papa fit un pas dans sa direction, et à cette instant le temps était comme figé.
Plusieurs coup de feu furent crachés par le canon de l'arme. J'étais paniqué, mais maman n'avait pas l'air effrayée. Elle plongeait en moi son regard hypnotisant, le bleu de ses yeux était pur et rassurant. Papa s'en était tiré avec une blessure à la jambe.

10 ans après je revoyais encore son regard. C'était le dernier souvenir que j'avais eu d'elle.
Sa mort l'avait empêché de voir à quel point le monde avait basculé.

Ce jour la, La purge venait de commencer.

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Merci de votre lecture, j'espère que ça vous a plus, la suite ne devrait pas tarder !
N'hésitez pas à commenter afin que je m'améliore, merci et bonne lecture !

La PurgeWhere stories live. Discover now