« La douleur et la souffrance sont des croix personnelles. On est toujours seuls à les porter »
Dominique Lévy-Chédeville
— Je t'aime....
Un poignard se fraye un passage dans mes côtes et me défonce le cœur. Oui, je t'aime. Des larmes imaginaires enflamment mes joues. Je suis vidée de mon eau, même mes yeux sont secs. Mais j'ai mal. Partout. Ton image tord mes viscères, le son de ta voix m'explose la boite crânienne. Le souvenir de tes baisers me paralyse. J'ai perdu la notion du temps, seule la douleur reste.
Où es-tu ?
Mes paupières lourdes s'entrouvrent sur mon plafond blanc. Il est parcouru de fissures, reflet de mon âme. Vide, brisée. Ma tête roule sur le côté. Je vois les murs, décorés par mes soins il y a longtemps, si longtemps... Des souvenirs fanés par le temps, des moments passés. Du bonheur épuisé. Tu es caché quelque part parmi eux, usé et vieillit.
Je retourne à mon plafond. Je préfère parcourir ses zébrures qu'essayer de nous souvenir. Mais c'est plus fort que moi, c'est plus fort que tout, et rien ne peut plus retenir toutes ces images. Nous revoilà au bord du Rhin, à se régaler d'une bonne choucroute, puis profitant de l'après-midi ensoleillé allongés dans l'herbe, main dans la main. Ma gorge se resserre, je m'étrangle. Et à présent nous sommes à Paris pour fêter notre anniversaire, à visiter la ville des amoureux. Et soudain nous voici chez toi, dans ton lit, moi dans tes bras. Tu me caresses les cheveux, doucement, tendrement. Ta main se fait plus lourde, plus lente. Tu t'endors et moi avec...
Pourquoi es-tu parti ?
Mes volets sont fermés. La pièce est plongée dans le chaos. Mais rien ne peut arriver à la cheville des ténèbres de mon cœur. L'obscurité ne tue pas. L'obscurité ne fait pas de mal. L'obscurité est semblable à la feuille blanche : notre esprit imagine, puisque le regard ne peut se poser nulle part. J'aimerais de la lumière, mais je ne la supporte plus. Mon monde est détruit, la lumière n'y a pas sa place. Alors je reste là.
J'aurais préféré être à ta place, vraiment. Peut-être est-ce pour ça que tu as réagit ? Pour ne pas te retrouver à regarder un plafond et le comparer à ce qu'il reste de toi ? Qu'importe la douleur physique, face à ce que je vis... Je t'ai aimé à m'en crever l'âme, à m'en bouffer les yeux. Je serais morte pour toi. Tu me diras, il y a peut-être un moyen pour que je te rejoigne. Mais je n'y crois pas, tu me connais. Je n'y ai jamais cru. Pour moi, tu as disparu, pour toujours. Un jour, tu étais là, à tenter de me chatouiller pour m'énerver, le suivant tu avais disparu, me laissant seule et désemparée.
Je revis tout.
Ton nom résonne dans mon crâne. Il tourne en boucle, me rend dingue. Alors que tes yeux m'emprisonnent. Je suis folle. On s'inquiète pour moi, on me fait voir un psy. Je ferme les yeux quand j'y vais. Le soleil m'aveugle. Je réponds à ses questions. Nous savons tous les deux ce que j'ai. Nous savons tous les deux que ce n'est pas nos rencontres qui vont me sortir de ma mauvaise passe. Il sait que ça ne sert à rien de me mettre dans un hôpital psychiatrique. Je resterais amorphe. Par contre il croit dur comme fer que je me relèverais, un jour. Je lui réponds par un sourire amer à chaque fois.
Je suis un légume.
Une pointe de culpabilité ronge ce qu'il reste de mon âme égarée. Je fais du mal à mes parents. A ma famille. A mes amis. Ils me rendent visite tous les jours. Me parlent. Se désolent de mon état.
— Regardes toi, ressaisis-toi ! Tu as toute la vie devant toi !
— Par pitié, essaye de faire quelque chose, je ne supporte plus de te voir comme ça.
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Renaissance [Terminée]
RomancePerdue dans sa douleur, Roxane ne voit rien. Personne. Seule la souffrance s'impose, la ronge, la dévore, la noie. Pourtant, une escapade, une plage, l'eau salée lui redonnera un peu de force. Et qui sait qui se cache derrière ces yeux bleu-vert, c...
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