Chapitre 1 : Sous Terre

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Je n'arrive pas à y croire, ça fait exactement 100 jours que je n'ai pas mis les pieds dehors, cent jours que je n'ai pas ressenti le soleil me brûlant la peau, et cent jours que nous désespérons. On se pose tant de questions, pourquoi les autorités nous retiennent prisonniers sous terre? Que se passe-t-il?

Nous savons seulement qu'à partir du moment où le nouveau président a été élu, nous avons tous été amenés dans des sous-sols éparpillés sous la ville, et dans tout le pays.

Depuis que nous sommes arrivés ici, nous avons dû faire face à la violence, certaines personnes devenant folles à force de rester enfermées, ont été tuées, sous nos yeux!

Le pire dans tout ça, c'est que c'est nous qui avons dû enterrer ses pauvres personnes, et qu'on continue de le faire chaque jour, il n'y a pas un jour ou nous ne voyons pas une personne morte avec la cervelle hors de la tête, c'est répugnant mais pourtant si nous ne le faisons pas c'est nous qui allons en subir les conséquences. Cet acte cruel se répète environs trois fois par jours. Nous avons essayé d'arrêter ce fléau en créant des groupes de soutien, d'établir une petite routine, et même une sorte de monnaie d'échange, mais tout ça ne fait juste que retarder le processus. Dans ce monde si obscur, j'ai tout de même ma part de bonheur, j'ai une chance que peu d'entre nous a eu, je n'ai pas été séparée de ma famille. Ma mère, mon père, ma sœur sont présent mais aussi mon copain. C'est grâce à lui que ces sombres jours me paraissent un peu plus lumineux, c'est aussi grâce à lui que je n'ai pas fini fusillée comme les autres. Il a toujours su me protéger, me rassurer et heureusement j'ai toujours pu en faire autant pour lui. On a beaucoup de chance quand on sait que beaucoup ont été séparé de leur proche, c'est d'ailleurs son cas à Aristide . Il a perdu sa famille, mais on ne perd pas espoir, on sait qu'un jour on va les retrouver.

On a tout d'abord espérer que sa famille était là, quelque part, mais après plusieurs semaines de recherche, où l'on a examiné le moindre recoin, nous ne les avons pas trouvés. Ce fut une déception énorme, mais il sait qu'il peut compter sur nous. La recherche de sa famille n'a peut-être pas été une victoire, mais ça nous a tout de même permis d'explorer les lieux, et de pouvoir voir où nous avons été enfermés. Nous ne manquons de rien, une fois par semaine, les forces de l'ordre viennent et nous ravitaillent.

Beaucoup pendant ces ravitaillements ont essayé de s'enfuir, et chacune de ces personnes ont subi la torture avant la mort, et le tout sous nos yeux, nous étions obligé de regarder ces pauvres personnes se faire torturer avant d'être tuées. C'est pour moi, des scènes d'horreur qui viennent me hanter la nuit. Au début c'était que les adultes qui essayer de s'échapper, puis un jour, un fou furieux a décidé d'envoyer sa fille, car selon lui, ils ne s'en prendraient pas à une enfant, ça serait inconcevable. Et pourtant, la pauvre petite Ella avec ses petites couettes blonde et sa tête d'ange à certes éviter la torture, mais ils l'ont enlevés et jamais ramener. Nous ne savons pas ce qu'elle a subi, mais surtout, nous ne voulons pas savoir ce qui s’est passé.

D'ailleurs, c'est justement aujourd'hui le jour de ravitaillement.

Chaque jeudi, lors du ravitaillement depuis la disparition de la petite Ella, nous avons pris l'habitude de cacher tous les enfants de peur que l'un d'entre eux subisse le même sort. Au loin je vois Aristide qui est justement avec mes parents en train de cacher Amanda, ma petite sœur. Moi, je suis à l’écart, car j'ai peur de tout ça, j'en ai marre de cette routine sans issue, de cette vie sans vie.

Dans cinq minutes précisément ils vont ouvrir les portes, mais on ne verra rien, ils sont bien trop prudent. Ils mettent une sorte d'immense bâche noire qui forme un tunnel, et au bout, une même bâche cache l'extérieur. Nous n'avons donc même pas le plaisir de voir l'extérieur.

Dans moins d'une minute Aristide va venir et me serrer dans ses bras, il sait combien j'ai du mal à supporter cette épreuve.

Il arrive...doucement...me prend dans ses bras me serre fort, et me chuchote à l'oreille:

- Ne t'en fais pas, bientôt on sera dehors tu verras et tout ça ne sera plus qu'un mauvais rêve, je te le promets ma petite Isabelle.

Peut-être, lui répondis-je des larmes plein les yeux.

Et c'est à ce moment-là qu'ils choisissent d'ouvrir les portes avec deux minutes d'avance. C'est bizarre, ça n'arrive jamais, je les vois rentrer, d'énormes tuyaux à la main et la, tout le monde s'effondre c'est le trou noir, le vide.   

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