28 octobre 2016, 01:50.
Après plusieurs tentatives, je me lance enfin dans l'écriture de ce récit qui n'est autre que ma vie. Il est difficile de parler d'un trouble alimentaire sans savoir par où commencer, alors je vais m'exprimer comme cela me viendra et adviendra que pourra.
Je n'écris pas ce journal dans le but de donner un exemple, bien au contraire. Je souhaite montrer l'envers du décor de cette maladie ainsi que de laisser une trace pour mon futur moi.
Cette fâcheuse obsession pour le poids, le corps dit «idéal» et tout ce blabla médiatique a commencé il y a presque trois ans. Je finissais mon année de seconde (que j'ai redoublé suite à une dépression et donc chute de note et absences répétées) lorsque je suis tombée sur ces comptes twitter spécial régime. Tous le monde postaient leur repas, leur routine sport et je trouvais ça génial de trouver une communauté unie pour le même but, changer, mincir. Je me rappelle avoir créé un compte, et avoir posté une photo de mon premier repas qui était une tranche de jambon, deux surimi et un petit pot de sauce cocktail. C'était assez draconien comme changement d'alimentation et cela a eu ses répercussions puisque une semaine passé, j'avais abandonné ce "régime" pour engloutir des tonnes de cochonneries. Ce régime yoyo a duré deux ans, avec mes phases «je ne mange plus rien» et mes phases «au pire je suis grosse, un gâteau ne changera rien». Seulement mon poids lui, ne suivait pas le rythme et n'a cessé d'augmenter. En deux ans j'étais passer de 58 kilos pour 1m67 à 72 kilos en avril dernier. C'est la que mon declique a eu lieu.
En avril 2016 donc, je suis partie en voyage scolaire en Irlande et j'ai mangé sans me poser de questions, j'étais là que pour une semaine alors je n'allais pas me priver de nourriture qui me faisait tant envie, hershey's, reese's, nerds et même un paquet de donut à moi toute seule (c'est clairement donné la base difficile de résister avec les prix bas). Seulement en rentrant, ma balance m'a dit :
- Hey, stop ?! À quoi tu joues ma vieille. Tu veux finir par me briser ? ARRÊTE DE MANGER!!
Alors je l'ai écoutée ?
J'ai télécharger une application pour faire du sport, fizzup qui au passage est très bien. Puis une application pour compter les calories. J'avais déjà eu recours à ce genre d'application dans le passé, mais je ne l'utilisais pas constamment ce qui ne me servait plus vraiment au final. Donc j'ai commencé par régler les calories sur 800. Puis je suis vite passée à 500, 300, et 150 actuellement, même si pour tout avouer je suis à 50 calories aujourd'hui sauf que j'ai juste eu la flemme de changer les apports. J'ai enlevé les matières grasses, les yaourts, fromages et féculents très facilement de mon alimentation. Au début des vacances d'été, je me nourrissais que de mikado et de bonbon. Je ne rigole pas, je mangeais 4/5 sticks de mikado puisque un stick fait 11 calories et des bonbons sans vraiment culpabiliser puisque je ne mangeais pas le paquet entier donc ce n'était pas énorme pour moi.
Ensuite je suis partie en vacance, en camping. Et la c'était compliqué puisque si habituellement on ne mange jamais en famille, mes frères mangeant ensemble, mon père à part et ma mère et moi ne mangeons pas ce qui fait que là les repas étaient réunis. On devait manger ensemble. Et c'était une chance pour moi, parce que la plupart du temps c'était barbecue et n'étant pas une fan de merguez, je pouvais tranquillement manger toute la salade de tomate/concombre (sans vinaigrette puisqu'on avait oublié d'en acheter, tant mieux). Il n'y a qu'une fois ou j'ai dû manger des brochettes de poulet, c'était une petite crise mais rien de grave ça restait du poulet. J'ai résisté face aux crêpes, pizza, glace et barre chocolatées. J'ai qu'en meme acceptée une boule de glace coco sur la plage (mon parfum favoris) puisque nous faisions du vélo depuis 2h alors dans ma tête c'était acceptable. J'avais des moments où je craquais sur des fingers, ou des bonbons, toujours cette addiction au sucre. J'avais tout de même mes boissons «zéro» et des mister freeze peu calorique. Après ce petit calvaire, nous avions passé une semaine chez ma tante, toujours pas de balance alors que cela faisait 2 semaines déjà que je craquais, et que je ne pouvais pas me peser. Première crise, on m'a obligé à manger des moules et je me suis faite vomir. Le soir, brochette de poulet et frites et salade. Je n'en ai mangé qu'une, sans frite et refusé au moins 10 fois une deuxième. Je me nourrissais exclusivement de pomme, un fruit qui m'a complètement séduit puisqu'il calle particulièrement bien le bidon. Je m'autorisais des bonbons, mais plus de yaourt, plus de viande du tout après ça, plus de glace ou de gâteau. À part les langues de chat, 14cal le biscuit cela allait bien avec mon thé et mon café dont j'avais remplacé le sucre par de l'édulcorant. Un soir, ils avaient refait moule frite et même si j'avais découvert que j'aimais cela, j'ai prétexté toujours détester et à la place on m'a fait un plat entier de chèvre chaud avec de la mâche. J'ai finis la mâche, mangé une tranche de chèvre chaud et fait le Ninja toute la soirée pour jeter in chèvre chaud au toilette, un dans la poubelle, un cachée dans mon jean. Une horreur, et c'est là que j'ai compris que cette maladie allait moins beaucoup trop loin.
J'ai commencé à m'acheter beaucoup de tictac et de chewing-gum pour ne pas craquer, j'ai été obligé à manger une tarte au mure avant de partir, deuxième crise de boulimie et celle de trop. En rentrant de ces vacances, j'avais perdu presque 2 kilos. J'étais fière parce que c'était un mois difficile avec beaucoup de tentation. À la rentrée, c'était la révolution. On m'a tous sauté dessus pour me dire à quel point j'avais maigris, que c'était "hallucinant", "pas normal" et d'autres critiques ou compliments. En effet, j'avais perdu près de 17 kilos en 4 mois je crois, cela commence à remonter alors je ne sais plus vraiment. J'étais heureuse, je me sentais mincir et j'adorais cette sensation.
Seulement là, c'est devenue l'enfer.
L'école avait reprit, mon père étant absent tout le mois de septembre me retrouvant libre de fumer quand j'en avais envie, parce que oui je suis fumeuse, mais mon père n'est pas au courant. Lorsque j'avais faim c'était salade tomate et concombre, ou une pomme, ou une clope. C'était simple et efficace, en plus de ça on a fait les travaux chez moi ce qui me faisait beaucoup bouger, porter etc.
5 kilos de perdu en septembre, mais aussi des carences d'arrivées :
- Le froid constant qui m'oblige à prendre des douches brûlantes, à dormir en sweat et double couverture.
- Mes dents qui se cassent, dont une sur le devant qui menace de se casser à moitié.
- Mes règles que je n'ai plus depuis 4 mois.
- Ma peau qui pèle sur le visage, alors que je n'ai jamais pelé de ma vie.
- Mes cuisses qui se retrouvent pleines de tâches violettes, comme des bleus.
- Les extrémités du corps violet, froid.
- L'insomnie, deja que je l'étais de base, aujourd'hui c'est pire.
- Les crampes, la fatigue constante, le mal de tête, les vertiges..
La liste est longue.
Nous arrivons fin octobre et mon poids est de 46,5 kilos. Cela devrait m'inquiéter, me dire «stop, tu es mince. Arrete de maigrir.» mais cela met impossible. La machine est en route et malgré le fait que je sois au consciente depuis vraiment très peu de ma maladie, que j'arrive à reconnaître le fait que je sois malade, je suis incapable de changer mes habitudes alimentaires.
Je ne fais plus de sport, parce que je suis épuisée. Je m'isole, mes jeans qui étaient de base en 40, sont vite passé à un 38 dont je n'ai pu porter qu'un mois parce que le 36 menace deja d'être trop grand. C'est frustrant de devoir expliquer à sa mère un tel changement de poids, ainsi que cette fatigue et cette tête de mort vivant, cette non appétit sans qu'elle ne soupçonne rien.
Ils me pensent végétariennes, et sont contre bien évidemment. À longueur de journée (encore ce soir) j'ai entendu le fameux "non, je ne fais pas comme elle, je mange, moi."
J'ai même répondu une fois, "c'est bien, tu veux une médaille ?" à mon père.
Il pense que je mange mal, qu'avant je mangeais bien (nuance, je mangeais comme une boulimique non vomitique, des quantités énormes), que je ressemble à un «porte manteau» avec mes os sur la peau.
Je m'en fiche de son avis, j'aime mon corps, mon ventre plat, mon écart entre les cuisses, mon cou tout mince, mes clavicules apparentes.
Au final, manger c'est un plaisir de quelques secondes, et une culpabilité très longue. La maigreur, elle, c'est une satisfaction sur du long terme.
Alors oui, ce n'est pas la meilleure des méthodes pour maigrir, être malade n'est pas un plaisir. Être hantée constamment par des pensées de type culinaire à longueur de journée n'est pas plaisant et toute les carences offertes en prime, on s'en passeraient bien.
Mais on ne choisit pas réellement d'être malade, on choisit de maigrir, oui. Seulement lorsque la maladie vient s'interposer entre vous et votre régime, vous n'y voyez que du feu et sombrez.
Et c'est ce que j'ai fais, j'ai sombré.
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Je corrigerais les fautes d'orthographe demain, il est pratiquement 3h du matin, j'ai sûrement oublié des détails seulement je suis épuisée.
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Instable. (Ana)
Teen Fiction« tu peux pleurer, t'as le droit. » Journal d'une anorexique.
