La plus belle des nuits

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   Les deux amoureux s'étaient retrouvés dans le parc, le soir, en cachette. Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient retrouvés seuls, avec pour seule compagnie la nuit.

-Aline? Quelque chose ne va pas ?
-Non. Rien ne va. Enfin, façon de parler. C'est ma mère.
-Encore?!
-Toujours. Je veux pas en parler, pas maintenant, d'accord ?
-D'accord.

   Il me prit le visage entre les mains et me caressa les joues avec douceur. Puis il m'enlaça, me serrant fort contre son torse. C'était de cela dont j'avais besoin, de réconfort. Et il savait m'en donner.
   Il faisait frais, malgré l'été déjà bien présent. C'était un soir d'août. Le ciel était noir, seules quelques étoiles brillaient çà et là. On était assis sur un banc, dans le parc de Sceaux. Nous nous étions fixés rendez-vous ici, juste avant le couché du soleil. Et comme je ne voulais pas rentrer et que mon chéri ne souhaitait en aucun cas me laisser seule, on était tout les deux restés. Nous nous étions cachés quand les gardiens sont passés, les laissant nous enfermer ici, seuls.

-Viens, me dit-il quelques temps après.
-Où ça ?
-Tu vas voir.

   Je le laissais m'entraîner vers l'endroit qu'il voulait me montrer. On emprunta un petit chemin entre les arbres. Tout était silencieux autour de nous et seuls le bruit de nos pas retentissaient dans la nuit.    Quelque chose me frôla la jambe et je sursautais.

-T'en fais pas, ce n'est qu'une plante, me rassura-t-il.
   Néanmoins, je me rapprochais et me collais à lui.
-On est presque arrivé, me murmura-t-il.
-Où ? Je suis complètement perdue.
-Regarde.

   Nous debouchâmes soudain sur la fontaine du lac. Elle était éteinte, mais nous avions quand même une vue magnifique. Le ciel se reflétait dans l'eau, avec ses étoiles et sa lune, qui venait tout juste de sortir de derrière les nuages.
   Il me tourna vers lui et me sourit.

-Alors? C'est pas romantique cette promenade du soir?

   Je lui souriais en retour.

-Si.

   Il passa une main dans mes cheveux, avec l'autre il m'attira à lui par la taille. Il posa ses lèvres sur les miennes le m'embrassa avec ardeur. Sa langue caressait la mienne avec douceur et insistance, comme pour me prouver que je lui appartenais, à lui et à personne d'autre. Nous restâmes comme ça longtemps, mais quand il me relâcha, cela me sembla tout de même peu. J'aurais voulu rester comme ça une éternité, sans avoir d'autres soucis que lui, ses lèvres, ces mains parfois un peu trop baladeuses...

-Tu sembles triste, remarqua-t-il.

   Je ne lui répondit pas. Il dû me comprendre tout de même car il sourit et m'affirma:

-Si on abuse trop, ça perdra tout son charme.
-C'est pas vrai!

   Je fit mine de bouder. Il rit franchement de moi.

-Aller, viens. Il faut qu'on trouve un endroit bien chaud pour passer la nuit.

   La nuit. Le peu de temps où tout est noir, mystérieux et pourtant si beau... Mais tout a une fin, n'est-ce pas ? Et à un moment, lorsque arrivera le matin, nous devrons de nouveau nous séparer, rentrer chez nous et affronter la colère de nos parents...

-Ne gâche pas cette belle nuit par des pensées trop sombres, me chuchota-t-il.

   C'est fou ce qu'il me connait bien. Nous sommes revenus à l'abri des arbres. On se confectionna un nid bien douillet pour la nuit. Il s'allongea sur le lit de feuilles et me fit tomber près de lui. C'était doux et chaud.

-Tu sens bon. C'est quel parfum? demandais je.
-C'est mon parfum naturel.
-Non...c'est fou...il me rend dingue.
-Je te rend dingue, corrigea-t-il.

   Il se releva sur un coude, me regarda.

-Et tu sais ce que tu sens?... Tu permets...?

     Il est sérieux? Je ne sentais strictement rien.

-Vas-y, lui permettai-je avec sarcasme.   

    Il se rapprocha de moi sous prétexte de mieux me goûter à mon parfum.

-Je sens...quelque chose de doux, d'extrêment doux...un peu sucré...et...et tu sens...

     Me chuchotant ses impressions, il se rapprocha peu à peu de moi, jusqu'à ce que nos lèvres se touchèrent presque. Et s'arrêta. Il eut un sourire malicieux et finit sa phrase:

-Les spaghettis bolognaise.

   Je pouffais.

-C'est parce que tu n'as pas diné!
-Non, sérieux, tu sens les spaghettis!

   Il se pencha sur moi, qui continuait de ricaner. Il inspira mon cou, descendit plus bas et s'arrêta au dessus de mon ventre, un sourire triomphant sur les lèvres.

-Voilà donc où tu as caché mes spaghettis!!!

   Ses lèvres souriaient mais ses yeux...ses yeux était sérieux, exprimant une question muette.
"Tu es prête? Tu le veux vraiment?"
"Oui"
-Oui, formulais-je ma réponse à voix haute.

   Puis tout disparu, laissant seulement place à lui.

Une soirée d'étéDes histoires addictives. Découvrez maintenant