Sortis de Montreuil-sur-Mer, s'enfonçant dans un bois, Madeleine marchait en direction de la fameuse auberge, qu'on lui avait dite habitée par un couple d'aubergistes. Il avançait, voyant peu à peu le paysage changer autour de lui. Les grands arbres majestueux, l'herbe verte, le sol verdoyant, laissait place à une terre aride, comme brûlée par la chaleur du soleil flamboyant. Madeleine, aveuglé, percevait avec peine, au loin, le batiment qu'il recherchait. S'approchant, il tournait sa tête, de tout les cotés, observant la faible végétation brunie. Son regard s'arrêta sur l'auberge. Elle avait l'air assez âgée, le toit de chaume était abîmé, mais les murs en étonnement bon état. Les vitres brillaient, et sous chacune d'elles était suspendue une fleur de couleur vive, éclatante, contrastant avec l'aridité du terrain alentour. Quelques temps après, il était arrivé à son seuil.
Mr Madeleine frappa a l'auberge. Il entendit alors une voix grave et forte, provenant de l'autre coté. De petits pas se firent entendre, puis la porte s'entrouvrit délicatement, une petite main la tenant. Elle s'ouvrit sur une frêle silhouette. Une petite fille se tenait devant Madeleine, le visage délicat et légèrement pale. Il s'accroupit, étant alors a sa hauteur. Il souri et lui demanda d'une voix affectueuse :
"Tu sais ou je peux trouver Mr et Mme Thénardier?"
La jeune fille, qui ne devait pas dépasser les 7 ans, disparue derrière la porte. Il attendit donc comme cela, quelques instants. C'est alors qu'apparut devant lui, un homme petit et chétif, enveloppé d'une odeur de tabac froid, affichant un grand sourire sur son visage creusé.
"Oui, puis-je vous aider mon bon monsieur?"
-Et bien, oui. Je m'en viens quérir la demoiselle Cosette."
Le sourire du Thénardier le quitta aussitôt. Il révéla une expression sombre.
"Cosette? Cosette? gronda-t'il, pourquoi donc ce garnement vous intéresse-t'il ? Elle est néfaste, mauvaise, elle vous traînerait dans les pattes!
Madeleine le regarda avec une mine triste, toujours le sourire aux lèvres et les yeux brillants, avec une certaine mélancolie.
"Monsieur, je comprends tout cela. Mais malgré tout ce que vous pourriez me dire sur cette Cosette, je me dois de récupérer cette jeune fille.
- Comme vous le voudrez. Entrez"
Comme Cosette plus tôt, le Thénardier disparut derrière la porte, suivi de Madeleine qui lui emboîtait le pas.
Les deux hommes s'enfonçait dans le domicile. Le nouveau venu découvrait alors son intérieur. Malgré ce qu'il put penser, les vitres ne laissaient entrer qu'une faible lueur. Il faisait sombre, la pièce était obscure. Le Thénardier semblait être comme son auberge, agréable a l'extérieur mais terne et sinistre a l'intérieur. Autour de lui, des murs délabrés, un sol abîmé, des babioles traînant un peu partout, et une petite fille se démenant dans tous les sens, maniant des objets bien plus lourds que ses pauvres bras pouvaient en supporter. Et enfin, assis dans un fauteuil, la Thénardier, menaçant la fillette de son doigt disproportionné. Cette femme (si l'on put l'appeler ainsi) avait surtout la carrure d'un homme fort, robuste, énorme. Elle regarda Madeleine avec un air méfiant. Son mari lui expliqua alors ce qu'il venait faire chez eux.
"Vous voulez Cosette et c'la? Vous voulez cette gosse? Et bien, allez-y donc! Mais ne croyez pas vous en sortir ainsi, il nous faut une compensation voyez vous?"
Le Thénardier observa sa femme avec malice et ajouta :
"J'allais justement y venir. Monsieur, vous comprenez bien, que, nous ne pouvons décemment pas vous laisser cette fille sans un... Retour?"
-Je paierai, si ce n'est que cela.
-Parfait, répondit le couple en cœur.
Apres un court moment de négociation, les Thénardiers, satisfaits, poussèrent Cosette dans les bras de Madeleine, et les raccompagna a la porte. Malgré l'incompréhension de Cosette, qui ne posa aucune question, tous deux se prirent la main, et partirent en direction de Montreuil-sur-Mer.
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Autre rencontre entre Cosette et Madeleine
Historia CortaCeci est une alternative de la rencontre entre Cosette et Madeleine, du roman Les Misérables de Victor Hugo
