Prologue.

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- Harry ? - m'appela une voix, quelques mètres à peine plus loin.

Des pas avancèrent dans ma direction laissant apparaître Soledad, ma patronne, la propriétaire de la librairie dans laquelle je travaillais à cette époque. Soledad était une femme d'une trentaine voire d'une quarantaine d'années. Pour dire vrai je ne peux absolument pas garantir l'âge qu'elle avait. Je suppose que, par respect, je n'ai jamais vraiment osé le lui demander, ce n'est pas la chose à laquelle j'ai pensé en premier lorsque j'avais postulé pour cet emploi. Soledad était assez grande, fine, et était toujours très élégante et même très gracieuse. Le visage de ma patronne était ovale et possédait quelques rides parsemées par-ci, par-là, marquant son âge. Ses yeux étaient en forme d'amande, de couleur grise et toujours pétillants. Ses lèvres, pas très épaisses, avaient leurs commissures constamment élevées Quant à ses cheveux frisés et blonds, ils lui arrivaient aux épaules, et des reflets roux appuyaient sur leur volume. J'arrêtais ce que je faisais pour me concentrer sur ce que s'apprêtait à me dire mon employeuse.+

- Est-ce que tu pourrais venir travailler, exceptionnellement, demain matin ? - demanda-t-elle.

Je pus remarquer que Soledad était quelque peu gênée par cette demande puisque en effet, le mercredi était mon seul jour de congé, sans compter le dimanche bien évidemment.

- Ça aurait été avec plaisir Soledad mais aujourd'hui c'est mon dernier jour à la librairie.

- Aujourd'hui ? - dit-elle, avec surprise.

- Oui.

- J'avais complètement oublié Harry. Je n'ai rien prévu pour ton départ. Je suis désolée.

- Ce n'est rien Soledad, je t'assure. Ce n'est vraiment pas la peine de t'embêter avec ça.

- J'aurais, malgré tout, aimer faire quelque chose pour toi. Tu as trouvé un nouveau job ?

- Oui, je pars travailler dans le milieu de la mode, ça sera pour un magazine.

- Oh, je vois. Qu'est-ce que tu vas faire ?

- Je ne sais pas encore, normalement, si tout se passe comme prévu, je devrais prendre en photos des mannequins. Soit pour le magazine, soit pour des marques spéciales.

- La photographie, c'est ce que tu as toujours voulu faire n'est-ce pas ?

- C'est exact.

- Une dernière chose, est-ce que tu pourrais t'occuper de la librairie le temps que j'aille faire une petite course ?

- Bien évidemment Soledad.

- Merci beaucoup, à toute à l'heure.

En guise de réponse, je lui offris un sourire. Sans plus attendre, elle enfila son manteau et franchit la porte. Derrière le comptoir de la boutique je pouvais l'apercevoir en train de monter dans sa voiture, un Range Rover noir. L'attention que je portais sur ma patronne qui s'en allait changea de direction, elle se portait désormais sur un jeune homme qui venait tout juste d'entrer dans le commerce. Le jeune garçon entra et frotta ses pieds sur le tapis. Il était assez petit et plutôt athlétique. L'individu était élégant, bien bâti. Un apollon si je puis dire. Pour rentrer plus précisément dans les détails physiques, son visage était ovale, coloré et lisse, contrairement à celui de Soledad. Il devait sûrement avoir mon âge, peut-être un peu plus. Ses yeux étaient bleus ; je ne saurais dire s'ils étaient foncés ou clairs, je n'arrivais pas les discerner correctement de l'endroit où j'étais. Son nez était de taille moyenne, quelque peu retroussé sur le bout. C'était plutôt mignon d'ailleurs. C'est étrange de dire ça sur un petit détail comme celui-ci. Ses lèvres étaient plutôt fines mais pas trop, elles paraissaient s'étirer pour former un sourire. Quant à ses cheveux ils étaient bruns foncés et ne semblaient pas être coiffés. Le jeune homme devait sûrement les laisser naturels, pour faire un peu ce qu'ils voulaient, ça le rendait vraiment sexy.

Monsieur Canon avança donc dans la librairie, il se dirigea directement vers l'allée des livres plutôt anciens, pas mal, ses goûts littéraires n'ont pas l'air trop mal. Tandis que Monsieur Canon était à la recherche d'un livre, je me dirigeai vers la réserve de la boutique. Nous avions reçu une nouvelle livraison de livres et il fallait que j'en range quelques uns dans les bibliothèques. Je pris le premier carton que j'aperçus, il contenait une quinzaine d'exemplaires de : « Guinesh », c'était le nouveau livre en vogue du moment et je ne comprenais pas vraiment pourquoi d'ailleurs. Je ne savais pas vraiment de quoi il parlait mais à plusieurs reprises des clients étaient entrés dans la librairie nous demandant si nous l'avions ou non. Soledad a donc décidé de le commander, je crois qu'elle en a acheté une bonne cinquantaine. Il me semble que c'est un peu trop pour ce livre, mais, après tout, c'est son commerce, elle fait ce qu'elle souhaite. Je pris cinq exemplaires du bouquin pour les ranger dans les bibliothèques ainsi qu'un en plus à poser sur la table des nouveautés. En mettant les livres dans le rayon, je regardais autour de moi, cherchant le brun. Il était peut-être parti n'ayant sûrement pas trouvé le livre qu'il désirait. Je repris rapidement mes occupations, replaçant au passage certains livres qui avaient été mal rangé. Je saisis un livre dont la couverture me plaisait plutôt bien , « Shelter ». Je commençai à lire attentivement le résumé du bouquin. A peine quelque secondes plus tard, des toussotements se firent entendre derrière moi me faisant lâcher un hoquet de surprise. Je manquai également de faire tomber mon livre mais réussis à le rattraper avant qu'il ne s'écrase sur le sol. Je me retournai vers la personne à l'origine des toussotements. Monsieur Canon.

- Excusez-moi, je ne voulais pas vous faire peur.

Je ne répondis rien sur le moment, me contentant seulement de repasser sa voix dans ma tête. Même sa voix était sexy, à première vue il ne semblait avoir aucun défaut. Sa voix était un mélange parfait entre une voix suave et rauque. Nouvelle chose qui le rendait définitivement séduisant.

- Euh... oui, non. Enfin ce n'est rien. – répondis-je, légèrement confus.

J'inspirais puis expirais, de manière plutôt discrète, avant de reprendre.

- En quoi puis-je vous aider ? - le questionnai-je.

- Et bien, j'ai trouvé le livre de mon choix.

- Bien, passons à la caisse. - répondis-je en souriant.

Je pris la direction de la caisse tandis que Monsieur Canon me suivait. Une fois arrivés, il me tendit le bouquin qu'il avait dans les mains. « Notre cœur ». A la vue de ce livre, qui était l'un de mes préférés, je souris.

- Très bon choix. - répliquai-je.

Il fixait son téléphone, à l'entente de ma voix il releva la tête puis se contenta d'un léger sourire, directement après il reposa ses yeux sur son mobile. Son téléphone sonna, il répondit instantanément, sûrement un coup de fil important. Avant même que je lui annonce le prix, et malgré le fait qu'il soit au téléphone, Monsieur Canon me tendit un billet que je saisis, surpris de la vitesse avec laquelle il l'a sorti. Je n'avais même pas eu le temps de lui rendre sa monnaie que le jeune homme saisit son bouquin avant de sortir très rapidement du magasin, m'adressant seulement quelques mots au passage.

- Une urgence. Gardez la monnaie.

Pendant quelques secondes mon regard resta rivé sur la porte du la boutique, regardant mon magnifique étranger s'éloigner à vue d'œil.

Il était dix huit heures lorsque je terminais mon dernier jour de travail à la librairie. Soledad n'était pas rentrée depuis son départ, ça ne m'inquiétait pas plus que ça d'ailleurs. Elle avait souvent l'habitude de faire ça, elle partait faire une course et ça pouvait facilement terminer en virée shopping pour toute l'après-midi. Si j'avais raison elle m'avait sûrement envoyé un message pour me prévenir. Je glissais donc ma main droite dans la poche de mon jean de manière à sortir mon téléphone. J'avais bel et bien reçu un message et comme je l'avais prévu il était de Soledad et son après-midi s'était déroulé comme je l'avais deviné quelques secondes plus tôt. Pour la dernière fois, je pris donc les clés de la boutique, sortit et ferma les portes avant de baisser la grille métallique qui protégeait en quelque sorte le magasin. Une fois fait, je glissais les clés dans la boîte aux lettres de la boutique pour que Soledad puisse les récupérer le lendemain matin lorsqu'elle viendra ouvrir la librairie.

Monsieur Canon. [Terminée]Stories to obsess over. Discover now