Prologue PART.1

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Prologue PARTIE 1:

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Prologue PARTIE 1:

Dans chaque larme s'attarde un espoir -Simone DE BEAUVOIR

-Flashback-

18 octobre 2008

Je te hais. Je te hais pour tout ce que tu m'as fait. Je te hais pour tous les coups que tu m'as infligés, pour toutes les remarques désobligeantes que tu m'as lancées, pour tous les hommes que tu as ramenés à la maison devant le regard de papa. Je te hais maman, je te hais car je n'ai jamais réussi à cesser de t'aimer.

Il y a encore quatre ans, je pensais qu'on était une famille heureuse. J'avais l'espoir que tu allais changer. Je n'étais qu'une enfant, alors l'espoir était tout ce qu'il me restait. Puis, ce jour, tout a basculé. Tu nous a clairement montré qu'on était insignifiant pour toi. Tu nous as montré que l'amour n'existait pas, tu nous a prouvé que l'alcool était un puissant remède pour oublier.

Je me demande parfois si tu as déjà regretté quelque chose, ou si seule ta petite personne t'importait réellement.

Je ne sais pas ce qui a provoqué ce brusque et radical changement, celui qui t'a transformé, qui a transformé ma vie, et celui qui a transformé mon âme. Papa le sait, lui, mais ne veut pas me dire. Je crois qu'il ne réalise pas encore le fait que tu nous as définitivement abandonné, il pensait que tu retournerais dans le droit chemin un jour, et qu'on réussirait à avancer main dans la main, unis. Tout comme moi, il avait l'espoir. Mais je crois que le pire est de savoir qu'aucun de nous deux ne réussira à recoller les morceaux.

J'ai la certitude que ça un rapport avec la famille d'à côté. Tu sais, celle qui a déménagé il y a quatre ans, le jour où tu as commencé à sérieusement dégénérer. Je me rappelle encore du hurlement des sirènes des ambulances qui s'étaient garées au pas de chez nous, je perçois encore les gyrophares des voitures de police. Cette sacré nuit me hante toujours.

Je voyais souvent le père du garçon fourré à la maison. Ce garçon que je détestais, on se battait à chaque fois que l'on se voyait, mais tu ne l'as jamais su, de toute façon mes problèmes ne t'importaient peu. Mais d'une part, ce garçon rendait ma vie un peu plus stable. Malgré nos nombreuses disputes, je savais à quoi m'attendre avec lui. Quel pathétisme..!

Maintenant, je veux que tu souffres, comme tu nous as fait souffrir. Où que tu sois, dans les cieux ou en Enfer, ne prononce jamais nos noms, vipère.

Le garçon et sa famille avaient ruiné ma vie en ruinant celle de ma génitrice. Peut-être que celle-ci avait aussi détruit leur famille, je n'en savais rien, mais c'était fort probable, ce monstre était capable de tout. Une chose est sûre, je me vengerai.

Car il se peut qu'elle m'aurait peut-être un peu aimé s'il ne s'était pas passé ce cataclysme.

Un jour, je découvrirai toute la vérité, ce qu'il s'est exactement passé ce jour là, je le promets.

Je devrai sans doute faire preuve de cruauté, mais après tout, telle mère, telle fille.

« Va rejoindre le Diable.» pensais-je en contemplant la triste et solitaire tombe. «  Mais ne m'entraîne pas avec toi. » La pluie glacée et le vent violent me fouettaient le visage. Trempés, mes cheveux tombaient en cascade sur le pull noir qu'on m'avait forcé à enfiler. Je n'ai jamais voulu venir ici. Le prêtre m'a dit que l'on devait sauver l'honneur de ma famille. J'ai alors pensé à mon père, mais une vague de réticence m'a envahit : il n'a jamais tenté la moindre chose pour me protéger de ma mère. Le prêtre a ajouté qu'on pouvait enterrer l'affaire au plus profond de notre conscience afin que personne ne sache réellement ce qui s'est passé. Il m'a aussi dit que je devais bien me présenter, bien me comporter afin d'effacer l'irréversible erreur de ma mère. Honnêtement, sa gentillesse me répugnait.

Mais qu'est ce que je m'en foutais moi, où qu'elle soit maintenant, elle devait payer elle-même de ses fautes.

Seulement quelques personnes étaient présentes à son enterrement. Ma mère avait le don de faire fuir toute personne qui osait s'approcher d'elle. Encore un de ses défauts dont j'ai hérité.

« Encore une chose dont je devrai la remercier... » pensais-je amèrement.

Le temps était terrible, la terre boueuse et le ciel orageux. Mon regard avait lui-même des éclats colériques.

Aucune larme n'a coulé. Le suicide de ma mère ne m'avait point affecté. J'étais vide, désertée de tout sentiment. J'avais fermé mon cœur il y a bien longtemps. Perdue dans mes pensées, je ne réalisais pas l'ampleur de cette folie, je me préoccupais plutôt du mot qu'elle nous avait laissé. Je ne l'ai pas encore lu. Caché dans ma poche, je le froisse et le re-froisse, peut-être qu'il sera la réponse à tous mes tourments. Ou au contraire, peut-être qu'il détruira tout ce que j'avais construit.

Une chose est sûre, elle était déjà morte dans mon cœur il y a bien longtemps.

First TimeHistorias para obsesionarse. Descúbrelo ahora