Prologue

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« Hé, papy », dit le petit garçon de sa voix à demie ensommeillée.

L'intéressé, sur le point d'éteindre la petite lampe de chevet, tourna la tête vers le garçonnet, constatant avec étonnement qu'il ne dormait pas encore. D'un bref sourire, il l'invita à continuer.

« J'ai un ami qui m'a dit avoir vu de la fumée, en passant près de la montagne, tu sais pas très loin de la ville, je me souviens plus du nom... déclara-t-il en fronçant les sourcils.

Le Mont Dies Irae, peut-être ? tenta le vieil homme, de sa voix chevrotante.

Oui, c'est ça ! Donc mon ami y a vu de la fumée, mais je croyais que personne ne vivait dans ce coin ? l'interrogea-t-il en étouffant un bâillement.

Tu as raison. Le vent y est tellement épouvantable, par moments, que ça en fait un endroit dangereux, certainement pas adapté pour y élire domicile... » répondit-il en laissant sa phrase en suspens, car les yeux du petit étaient désormais clos.

Le grand père observa le visage paisible de son petit-fils durant quelques secondes. Ayant obtenu la réponse qu'il désirait, il avait sans doute laissé la fatigue prendre le dessus. D'un geste hésitant, le vieil homme éteignit la lumière et, avant de quitter la chambre, bredouilla :

« Peut-être des voyageurs inconscients qui ont planté leur tente pour la nuit... Mais une maison, ça, c'est impossible. »

Parvenu dans le salon, alors qu'il s'apprêtait à fermer les volets de bois dont la peinture commençait à s'écailler, le vieillard plissa des yeux que l'âge avait endolori. La nuit bleue et chaude d'été ne cachait pas totalement le Mont Dies Irae, du moins le vieil homme parvenait à en voir les contours : un énorme pic lugubre qui semblait garder un œil sur la ville. Il accommoda au maximum, comme s'il désirait ardemment percevoir une fumée, une lumière ou un quelconque autre signe de vie. Mais rien ne satisfit son désir. Le Mont Dies Irae demeurait imperturbable. Le vieil homme, qui semblait finalement aussi incertain que son petit-fils, rabattit doucement les volets et lâcha d'une voix quasi-imperceptible :

« Non... Personne ne vit là-bas. »

Pourtant, la vérité contredisait cette conclusion. Malgré une volonté d'acier, la vision du frêle vieillard n'aurait pu distinguer le point lumineux qui se nichait au creux du Mont Dies Irae. D'ailleurs, il n'y en avait pas qu'un, mais une petite dizaine qui formaient, ensemble, un parfait hameau à l'abri des regards.

Le hameau se réveille sans...Histórias para pegar e não largar. Descubra agora