You've got one last chance to reverse this curse
Pas mal de jours se sont écoulés depuis le problème avec William. Nous sommes maintenant début décembre, et il commence à faire plutôt froid. Mais moi ça ne me dérange pas. J'aime bien porter mon manteau, j'aime bien mettre des jeans, j'aime bien avoir des bottes à mes pieds. Ce sentiment de liberté lorsque le matin j'ouvre la porte, mon casque sur les oreilles, et que la fraicheur s'empare de mon corps, pendant que le soleil laisse apparaître quelques rayons de lumière, donnant au ciel cette couleur smalt, c'est indescriptible mais je l'adore. Je marche, en direction de mon arrêt, toujours en train de fredonner. Cependant, ce matin je ne vais pas au lycée, car je dois aller chercher mon nouveau téléphone. Vous rappelez-vous ? Mon vieil iPod tout cassé ? Eh bien maintenant c'est terminé ! Finalement, les économies que j'ai accumulées pour l'achat de ma future guitare vont être destinées à l'acquisition d'un iPhone 5c ! Le blanc, c'est mon préféré. Finis les problèmes de téléchargements, finies les musiques qui s'effacent toutes seules, fini tout ça ! J'ai décidé de commencer ce deuxième trimestre de bon pied, histoire de tourner définitivement la page sur tout ce qu'il s'est passé. J'ai décidé d'écouter mes vrais amis, de recoller les morceaux perdus, pour me créer une vraie et agréable vie de véritable lycéenne. Jamais je n'aurais pensé que ça aurait été aussi difficile ! Le seul point d'ombre au tableau, c'est Sarah. J'avoue que je n'ai pas vraiment été gentille avec elle, car il est vrai que ce n'était pas vraiment de sa faute. Mais j'ai très envie que tout redevienne comme avant, Sarah et Anna, les inséparables. Le problème, c'est que j'ai quand même ma fierté, et je ne veux pas avoir l'air faible ou quoi que ce soit... Mais bon, dans des cas extrêmes comme ça, je dois savoir mettre ma dignité de côté, les amis sont bien plus important. Il est donc 7h27, et j'attends depuis maintenant une dizaine de minutes le bus qui doit me mener à Mérignac, lieu du rendez-vous avec le vendeur de mon futur trésor. Je branche pour la dernière fois mon casque à mon iPod, et Satellites de Sleeping With Sirens. Puis en même temps je contemple le ciel, les étoiles, les phares des voitures. Enfin le bus arrive, mais lorsqu'il se rapproche, je peux voir écrit en grosses lettres orangées 'complet'. Non. Non ! Pas aujourd'hui ! Je fais signe au chauffeur de quand même s'arrêter, et le bus ralentit.
« Il n'y a plus de place, Mademoiselle, c'est pas compliqué de lire ! me lança le conducteur tandis que les portes s'ouvraient.
-Mais s'il vous plait, laissez-moi monter, je peux rester debout, ou m'asseoir dans les escaliers ! fis-je, un peu affolée.
Il me dévisagea, puis se retourna regarder l'arrière de son bus. Il détourna brusquement le regard à nouveau vers moi, et me fit signe de monter.
Alors je me positionnai debout, une main sur la rambarde froide, l'autre tenant mon sac fermement. Je regarde du coin de l'œil le garçon assis à côté de moi. Il a de grands yeux, une frimousse unique ; il me fait penser à William. Oh mon dieu, il est tellement difficile à oublier, mais à la fois impardonnable. Pendant ces derniers jours, j'avoue que je ne savais plus du tout quoi penser... Désormais au lycée je l'ignore totalement. Je ne réponds plus à ses regards, à ses appels, je décline tout directement. Je pense que c'est mieux ainsi, je ne veux plus de lui dans ma vie.
C'est fou comme le temps passe vite lorsque l'on est perdu dans ses pensées ! Je suis déjà arrivée à mon arrêt. Je descends du bus, suivie par une fille un peu plus jeune que moi. Et je m'assieds sur le banc en dessous de l'abribus. Il fait de plus en plus froid en ce moment, j'ai l'impression. J'ai bien fait de mettre mon nouveau pantalon ! Il est vert kaki, des poches sur les côtés, en bas des ourlets retroussés, il est parfaitement taillé. J'attends l'arrivée de la fille qui doit me vendre son téléphone. Il est près de neuf heures, elle ne devrait pas tarder. J'observe les gens passer, l'un à vélo, l'autre à pied... Enfin, une jeune femme s'approche de moi, elle a l'air timide, mais bon. Je me lève, et elle me tend la main.
« Salut, c'est toi Anna ? me dit-elle
-Oui, vous êtes Elise ? répondis-je
-Exact ! »
Elle me tendit la boite, et en quelques minutes, je venais de troquer trois mois de ferventes économies contre ce nouvel objet. Aussitôt acquis, je m'empresse d'insérer la carte Sim dans le téléphone. Heureusement, tous mes contacts sont intacts. Amandine, Arnaud, Sarah. Je reste bloquée sur sa photo. Un sentiment de mélancolie s'empare de moi. Que faire ? Je ne sais pas. Trop tard, j'ai déjà appuyé sur appeler. Elle décroche.
« Anna ? fit-elle.
Elle n'a pas supprimé mon numéro...
-Sarah... répondis-je désolée.
-Tu as un problème ? me demanda-t-elle affolée.
C'est à ce moment précis que j'ai compris que j'avais mal agi lorsque je l'ai laissée tomber. Elle, jamais elle ne m'avait laissée tomber.
-Je te demande pardon, Sarah. Cet acte de ma part, c'était purement égoïste, je le sais, je n'aurais pas dû te faire ça. C'est William, et non toi.
Ma tirade fût suivie d'un long silence. Je n'entendais aucun bruit, excepté le bruit du silence, ce bruit blanc qu'on peut écouter lorsque l'on est au téléphone.
-C'est pas trop tôt ! » me lança-t-elle finalement, en riant.
Enfin, le tableau était désormais net. Plus aucun soupçon d'ombre, plus de problème. L'étape que je redoutais le plus était finalement celle qui s'était le mieux passée, exactement comme je l'aurais espéré. J'ai maintenant toutes les cartes en ma possession, elles sont là, dans mes mains, et je n'ai plus qu'à les laisser jouer. Je suis désormais prête à tout recommencer.
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Banale
Teen FictionJe suis une fille normale. Une fille banale. Mais pas le genre de fille qui attire les gars, je suis plutôt la pote qui donne des conseils, mais qui n'est jamais draguée. Mais bon, on ne peut pas vraiment dire que je suis féminine, je suis une lazy...
