Femme à l'accueil : Bonjour. Vous avez rendez-vous avec qui monsieur ?
Apparemment, fini le temps où les patients pouvaient arriver à l'improviste et faire part de leurs mauvais cauchemars à leur psychologue préférée...
Fred : Je n'ai pas rendez-vous, mais c'est important.
Il retire ses mains du bureau, la jeune femme apprécie ce geste, mais ne lui permet pas d'entrer pour autant.
Femme à l'accueil : Je suis désolée monsieur, avec les attentas, les problèmes d'aujourd'hui et beaucoup de sujets touchants encore, les psychologues sont overbookés. Vous voulez prendre rendez-vous ?
Fred : C'était pour une sorte de surprise, je suis un ancien "client".
Elle plisse les yeux et le regarde faire le chemin dans le sens inverse.
Fred : Dites à Madame Diret que je suis passé ! Merci.
Les mains de la jeune femme au complet blanc survolent les touches du clavier dans la seconde qui suit.
Chez Alice
Jacques : Excuse-moi, j'ai mis du temps, mon train a eu du retard.
Alice : C'est pas grave papa. Tu...tu vas bien ?
Jacques : On fait aller. Et toi, ma fille ?
Leur conversation n'est basée sur rien, elle est bancale et presque dérangeante. Alice ne répond pas, pour éviter une toute nouvelle blessure au creux de son cœur. Elle appelle Paul, qui lui demande de l'aide pour porter sa valise.
Elle accourt, prend le petit bagage et descend les escaliers avec, suivie de près par son fils, que son départ n'enchante guère.
Dans cette descente, sa vue se trouble, et sa main lâche la valise d'un coup.
La valise dévale les escaliers restants et se retourne, les roues tournant encore, pas du tout remises de cette violente chute.
Paul : Maman...
Sa voix tremble, il ne l'appelle pas, il ne s'adresse pas directement à elle, mais constate à voix haute qu'elle va mal.
Jacques, que le bruit a alerté, arrive un peu plus tard, et retrouve Alice assise sur les escaliers, la tête dans les mains, avec Paul qui lui tient affectivement le bras.
Elle se relève doucement, essuie les dernières larmes qui n'ont pourtant pas terminé leur chemin, et transmet la valise à son père sans lui accorder le moindre regard. Paul la regarde, n'ayant pas bougé. Seule sa volonté de mère donne à Alice le courage d'aller prendre son fils dans ses bras. Consciente qu'elle pourrait le blesser en tentant de le soulever, elle entraîne Paul vers l'entrée et s'accroupit à sa hauteur, le serrant dans ses bras, avec moins de force que lui.
Les au-revoir sont touchants, malgré le beau temps qui illumine leurs visages tristes. Le taxi s'éloigne, et elle referme la porte.
Seule, qu'est-elle capable de faire ?
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Crise Cardiaque
FanfictionSi c'était un homme simple, Alice l'aurait su. Si c'était une femme banale, Fred l'aurait vite deviné. Il a fallu qu'ils se rencontrent pour créer une étincelle. Il a fallu qu'ils travaillent ensemble pour créer, à eux deux, une constellation. L'hi...
