Le soleil commence à peine à percer le brouillard épais de Brooklyn quand le réveil résonne dans la petite chambre que je partage, ou plutôt que je sépare tant bien que mal, avec mon frère.
Je pousse un long soupir, repousse ma couverture élimée et m'assois sur le bord du lit. Mes pieds touchent le parquet glacial. À l'autre bout de la pièce, Steve dort encore d'un sommeil lourd, sa respiration sifflante trahissant ses poumons fragiles.
Je m'active dans la petite cuisine pour préparer le petit-déjeuner. L'odeur du thé chaud et du pain grillé remplit doucement la pièce.
Alors que je pose les tasses sur la table, une voix enrouée résonne derrière moi. Steve sort de la chambre, se frottant les yeux, l'air encore assoupi.
Steve : Tu t'es encore levée avant moi, marmonne-t-il en s'asseyant péniblement sur sa chaise.
Tp : Comme toujours répondis-je amusée en posant une assiette devant lui. Tiens mange, ça va te faire du bien.
Steve esquisse un léger sourire et attrape son morceau de pain. Mon jumeau a beau être têtu comme une mule et fragile comme du verre, il a un cœur plus grand que cette ville tout entière. Je m'assure qu'il prenne des forces avant de filer.
Une fois la vaisselle faite, je me prépare et décide de sortir prendre l'air. La journée m'appartient jusqu'à quinze heures, heure où je prends mon service au bar. D'ici là, Brooklyn est mon terrain de jeu.
Je ne sais jamais vraiment où je vais, je marche simplement et je me rends utile là où on veut bien de moi. J'aide Mme Higgins à porter ses caisses de légumes devant son épicerie, je file une pièce au petit vendeur de journaux au coin de la rue. J'aime cette ville avec sa crasse et son bruit.
Ensuite, je décide de passer voir le vieux Jacob. Tout le monde dans le quartier l'appelle « Capitaine ». C'est un ancien combattant qui a perdu la vue, mais certainement pas son esprit. Rien qu'au bruit de mes pas sur les pavés, il sait déjà que c'est moi qui m'approche de son banc.
Jacob : Toujours ce même pas pressé Tp , me dit-il avec un petit sourire en penchant la tête.
Je m'assois à côté de lui quelques instants pour lui lire les nouvelles du journal du jour, en sautant sciemment les articles trop sombres sur la guerre pour lui garder le moral. Il m'écoute en silence, hochant la tête de temps en temps, ravi d'avoir un peu de compagnie dans sa journée.
Les heures défilent rapidement dans les rues animées de Brooklyn. Entre deux services rendus et quelques discussions avec les commerçants du coin, le soleil commence déjà à décliner, teintant le ciel d'un orange brûlé.
À quinze heures précises, je pousse la porte en bois du bar du quartier. L'odeur familière de houblon, de fumée et de parquet ciré m'accueille aussitôt. Je passe derrière le comptoir, noue mon tablier autour de ma taille et attrape un chiffon propre pour essuyer le bois massif, prête à entamer ma soirée.
Vers dix-sept heures alors que la salle commence à se remplir d'ouvriers et de soldats en quartier libre, la porte s'ouvre brusquement.
Steve entre le visage fermé, les épaules basses, tenant fermement un papier plié dans sa main.
Il me repère au bout du comptoir et vient s'asseoir en silence. Je pose la bouteille sur le comptoir, essuie mes mains nerveusement sur mon tablier et fais le tour sans dire un mot.
Tp : Encore un non pas vrai ? je demande doucement, même si je connais déjà la réponse vu sa tête.
Steve baisse les yeux sur le papier froissé entre ses doigts, la mâchoire serrée par la frustration et le dépit.
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Les Deux Visages d'Hydra ll Tp Rogers x Bucky Barnes ll
FanfictionTp, sœur jumelle de Steve Rogers, grandit dans les rues du Brooklyn des années 1918, façonnée par la pauvreté, la débrouille et un esprit indomptable. Contrairement à Steve, fragile et souvent rejeté, elle développe une force brute et un tempérament...
