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Chapitre 1

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Je m'appelle Leïla, j'ai dix-huit ans et je vis dans un tout petit village en France. Franchement, il ne s'y passe jamais grand-chose. Tout le monde se connaît, les voisins parlent de tout et de rien, et si quelqu'un achète une nouvelle voiture, tout le village est au courant avant la fin de la journée.

Je suis plutôt du genre discrète. Au lycée, je ne suis pas celle qui parle le plus fort ou qui veut être remarquée. J'aime bien observer les gens avant de leur faire confiance. Au début, ça donne souvent l'impression que je suis froide, mais en réalité je suis juste réservée. Par contre, quand quelqu'un devient mon ami, je fais tout pour lui. Je déteste voir les gens que j'aime souffrir, et je serais capable de faire beaucoup de choses pour eux.

J'habite avec ma mère et ma petite sœur dans une maison un peu spéciale. En bas, c'est chez nous. Juste au-dessus vivent mes grands-parents. On se voit tous les jours, plusieurs fois même. Si ma mère n'est pas là, je monte chez ma grand-mère, et si mon grand-père est dans le jardin, je vais souvent discuter avec lui quelques minutes. C'est devenu une habitude depuis que je suis petite.

On n'a jamais roulé sur l'or. Ma mère travaille beaucoup et je sais que ce n'est pas toujours facile. Pourtant, je ne me suis jamais sentie malheureuse. Je n'ai pas les derniers vêtements à la mode ni le téléphone qui vient de sortir, mais je m'en fiche un peu. J'ai toujours eu un toit au-dessus de la tête, de quoi manger et une famille qui m'aime. Beaucoup de gens n'ont même pas ça.

Tous les matins, c'est la même routine. Mon réveil sonne, je l'éteins trois fois avant de me décider à sortir de mon lit, puis je vais ouvrir les volets. En bas, je vois presque toujours mon grand-père déjà dehors. Il adore s'occuper de son jardin. Je crois qu'il connaît le nom de chaque fleur.

Je m'habille, je me maquille, je me coiffe. Toujours dans cette ordre là, je ne sais pas pourquoi je n'arrive pas à faire autrement. Enfin bref, les mêmes habitudes tout les matins.

Avant de sortir, je redescends voir ma mère.

— T'as tout ? me demande-t-elle.

— Oui, normalement.

— Bon, passe une bonne journée, bisous.

— Toi aussi, à ce soir.

Je mets mes écouteurs, je ferme la porte derrière moi et je marche jusqu'à l'arrêt de bus. Le trajet est toujours le même. Les mêmes rues, les mêmes maisons, les mêmes personnes qui promènent leur chien à la même heure.

À ce moment-là, je pensais juste vivre une vie complètement normale.

Et honnêtement, je n'avais aucune raison de croire le contraire.


CorleoneDes histoires addictives. Découvrez maintenant